• V comme Vol

    Il existe un grand nombre de verbes qui sont tantôt transitifs, tantôt intransitifs. Et le verbe « voler » que j’ai choisi pour ce billet me permet justement de vous en faire une démonstration parfaite :

    Ainsi, quand un certain Julian Altman a quitté la loge du célèbre violoniste Bronislaw Hubermann, avec sous son manteau d’hiver le violon de ce dernier, nous avons à faire au verbe voler dans sa forme transitive, puisqu’il (Altman donc) était bel et bien accompagné d’un (complément d’) objet ! Qui de surcroit s’est avéré être un stradivarius, donc  de très grande valeur !

    Par contre, si pendant la première Guerre mondiale, Maurice Ravel a voulu rejoindre l’aviation militaire, parce que son plus cher désir était de piloter un avion afin de défendre sa France bien-aimée, il s’agit alors du verbe voler dans sa forme intransitive, puisque non accompagné d’un complément d’objet ! D’ailleurs, ce rêve ne s’est malheureusement réalisé qu’à moitié, car tenant compte de la petite taille et de la frêle constitution de Ravel, les autorités militaires l’ont enrôlé en tant qu’ambulancier - ce qui lui a tout de même permis de voler au secours de ses camarades blessés au front !

    Laissez-moi alors vous présenter un certain nombre d’autres exemples de ce qui se vole et ce qui vole en musique :

    V comme Vol

    Illustration kilmann

    à commencer par le vol d’instruments de musique, dont la revente par des voleurs peu scrupuleux est aujourd’hui grandement facilitée par la popularité des sites de vente aux enchères. Ces vols sont même tellement nombreux qu’il existe des sites internet spécialisés, permettant aussi bien aux victimes de signaler la disparition de leur instrument à l’aide de fiches signalétiques préétablies, avec photos à l’appui ; qu’aux luthiers, marchands d’instruments, brocanteurs, antiquaires et autres professionnels d’identifier tel ou tel instrument proposé à la vente.

    Parmi les instruments volés, et pour ne parler que des instruments dits « classiques », on trouve de quoi « monter » un orchestre symphonique dans sa quasi-intégralité, à savoir des alto, basson, clarinette, cor baroque, flûte à bec, flûte piccolo, flûte traversière, trompette et violon. Même le violoncelle n’y échappe pas, ni d’ailleurs la contrebasse et, malgré sa talle pourtant imposante, le  piano :

    Ainsi, une flûte piccolo de grande valeur a été mise aux enchères sur internet. Or, cet instrument, repéré par un musicien de Hambourg sur le site Ebay, figurait également dans la liste des instruments volés, publiée par l’Association des Orchestres Allemands (Deutsche Orchestervereinigung). Il était donc très facilement identifiable, et le bureau des affaires criminelles de Berlin, saisi de l’affaire, a très rapidement pu restituer l’instrument à son propriétaire. (Source: musik.verdi.de)

    Le musicien anglais William Waterhouse a récupéré en 1999 le basson qui lui avait été volé pendant une tournée en Allemagne, 43 ans auparavant. L’instrument Heckel a été découvert dans une école de New York, ou il a servi aux élèves pour s’exercer pendant 40 ans. Une femme qui répare les instruments de l’école avait communiqué le numéro de série à un ami, permettant à ce dernier d’identifier l’objet volé. Selon William Waterhouse, l’instrument sonne toujours aussi bien que jadis, malgré les nombreuses bosses et rayures ! (Source : BBC MUSIC, juin 1999)

    Par contre, s’il y a un instrument qui incontestablement « vole » la vedette à tous les autres, c’est bel et bien le violon.

    Quel est donc l’attrait particulier de cet instrument, qui éveille tant de convoitises chez les amateurs, voleurs et receleurs?

    S’agit-il de vols commandités par des amateurs d’objets d’art aussi fortunés que peu scrupuleux ? Les circonstances dans lesquels certains vols ont été effectués excluent cette possibilité et mènent clairement vers l’hypothèse du vol d’occasion. Car bien souvent, c’est tout simplement l’occasion qui fait le larron, et ce qui plus est, la relativement petite taille de l’objet en question permet même très aisément de le dissimuler sous un manteau d’hiver. Etui compris.

    Peut-on alors envisager des raisons vénales ? Mais la plupart de ces instruments sont quasiment invendables ! Je dis quasiment, car une vente secrète et lucrative à un amateur discret n’est jamais totalement à exclure.

    Serait-ce alors pour une raison bien plus terre à terre, due à sa forme particulière, qui fait immédiatement penser à un corps de femme, et qui éveille la libido qui sommeille en tout homme, aussi voleur qu’il soit ; une envie aussi soudaine qu’incontrôlable de tout simplement s’approprier cet objet « du désir » ?

    Ou alors, s’agirait-il de la simple volonté de faire du mal à quelqu’un ? Ne dit-on pas que le violon vole l’âme de celui qui le joue, et que par conséquent, celui qui vole un violon, vole également l’âme du propriétaire ?

    Je n’ai pas la réponse à toutes ces questions, mais quelque soit la raison, voici les aventures et mésaventures les plus marquants de quelques  instruments, des histoires dignes de romans policiers, qui regorgent de disparitions mystérieuses, de réapparitions miraculeuses, de cambriolages, de chasses à l’homme, d’arrestations spectaculaires, d’évasions – et même de meurtres :

    V comme Vol 

    En 1997, des policiers russes ont retrouvé et arrêté les quatre voleurs d'un violon appartenant à une collection privée. Mais l'instrument, d'une valeur de 272'000 francs suisse, n'a pas été récupéré. Ce violon, réalisé par le luthier français Jean-Baptiste Vuillaume, avait été dérobé en juillet 1994 et finalement vendu à un homme d'affaires qui quelque temps après a été assassiné. Sa veuve a ensuite émigré en Australie. Les policiers moscovites pensent qu'elle pourrait bien avoir emmené l'instrument avec elle. (Source: Le Matin, 6 janvier 1997)

    Un violoniste américain de Muncie dans l’Indiana a découvert avec stupéfaction que le violon qui lui avait été volé dans sa voiture il y a 24 ans en arrière, un Gaetano Gadda de 1948, était en vente sur Ebay, pour une mise à prix de 46’000 dollars. Le vendeur n’était guère au fait qu’il s’agissait d’un instrument volé et a spontanément accepté de le restituer à son propriétaire d’origine. Il l’avait acheté à un inconnu en 1988 pour seulement 200 dollars, sans savoir que l’objet avait été dérobé quatre ans plus tôt. Et ce n’est qu’en 1998 qu’il a découvert la valeur de ce violon dans un livre! Il a alors décidé de débourser quelques milliers de dollars pour faire assurer la merveille et la faire restaurer avant de la faire estimer à nouveau. Mais étant dans le besoin, il a finalement décidé de mettre l’instrument en vente sur eBay. (Source: Marc Zisman/Quobuz/Curiosités, septembre 2008)

    Quand la violoniste britannique Monica Huggett a enregistré en 1988-89, pour Virgin Veritas, « Les quatre saisons » d’Antonio Vivaldi, elle a rencontré un petit problème: quelqu'un lui a volé son violon au milieu des séances d'enregistrement. « Tout cela était un peu traumatisant, car je devais finir les séances avec un autre instrument, qui a une sonorité légèrement différente - j'ai commencé avec une copie moderne de Ross d'un violon d'Amati, et je devais terminer avec une copie de Ross d'un stradivarius, qui est légèrement plus grand! » (Source : Classic CD, décembre 1994)

    Anthony Eugène Notarstefano, originaire de Long Beach, en Californie, un escroc de petite envergure, s’est retrouvé avec un très embarrassant butin. En mars 2007, il s’est fait arrêter par la brigade de répression du banditisme, rue de Rome, dans le VIIIe arrondissement de Paris, alors qu’il démarchait plusieurs magasins de musique, proposant de céder pour 50’000 € pièce deux superbes violons : un Jean-Baptiste Vuillaume de 1855 et surtout un Carlo Tononi, luthier de légende du XVIIIe siècle. Si la valeur du premier instrument est estimée à environ 40’000 €, le second en revanche vaut en réalité près de 200’000 €. Surpris, un commerçant a découvert sur Internet que les deux instruments ont été dérobés quelques mois plus tôt dans la villa hollywoodienne de Mark Kashper, second violon de l’Orchestre Philharmonique de Los Angeles.

    Notarstefano a assuré avoir acheté les instruments à une vague connaissance. Séparé de sa femme, il s’est envolé vers Amsterdam, avec son chien et l’intention de refaire sa vie en Europe. La suite, c’est une condamnation en France à douze mois de prison, qu’il a purgés.

    Mais Notarstefano est très demandé par la justice fédérale américaine, pour recel et exportation illégale de biens. Déjà condamné pour cambriolage et fraude à la carte bancaire, son retour à Los Angeles serait synonyme de prison à perpétuité, en vertu de la législation locale sur la récidive. L’Américain a donc multiplié les recours, mais son extradition semble acquise. En février, il a tenté de se suicider à la prison de Fresnes et a été transféré à Villejuif. « Il était déterminé à mourir plutôt que de repartir aux Etats-Unis. Il n’avait rien à perdre », a expliqué François Bès, de l’Observatoire international des prisons. C’est au moment du déjeuner que l’Américain s’est discrètement enfui de l’hôpital en passant par les toits, depuis un patio. En jogging bleu et tee-shirt blanc. « Il ne faisait pas l’objet d’une surveillance très lourde, comme à l’unité des malades difficiles, indique le directeur. Nous ne sommes pas une prison. » Anthony Notarstefano est désormais sur les tablettes de la brigade de recherches des fugitifs. (Source: www.mondial-infos.fr)

    Là où d'habitude ont lieu des défilés de mode, la police parisienne a exposé en 1995 près de cent instruments à cordes - dans l'espoir de retrouver les anciens propriétaires. Venant des quatre coins de l'Europe, ceux-ci se sont présentés à l'hôtel Drouot près des Champs Elysées, afin d'inspecter quatre rangées de violons et de violoncelles accrochés au mur. Même le « Bundeskriminalamt » (Office fédéral des affaires criminelles) a renvoyé à cette exposition et la police a reçu des centaines d'appels. Philippe Hurel, un brocanteur de 58 ans en prévention, avait entreposé ces instruments dans toutes les pièces de son appartement, de la cave jusqu'au grenier. Il exerçait son métier au marché des puces de Saint-Ouen près de Paris, mais il semble qu'il avait de la clientèle jusqu'au lointain pays du soleil levant. (Source : (Tages-Anzeiger, 9 janvier 1995)

    Le quotidien américain The Chicago Tribune a révélé l’exis­tence d’une enquête du Congrès juif mondial visant à « mesurer » l’étendue des vols d’instruments dont se sont rendus coupables les nazis. Des dizaines d’instruments construits aussi bien par Amati, Guarnieri que Stradivari auraient été sai­sis pendant la période de guerre par une brigade spécialisée, tandis que les propriétaires juifs rejoi­gnaient les camps de la mort, A en croire cette étude, ces instruments devaient rejoindre l’université de Linz, en Autriche, à la fin du conflit, selon les voeux d’Adolf Hitler. (Source : Répertoire,  octobre 2001)

    Et puisque nous sommes arrivés aux instruments d’exception que sont les « Strad », construits par le luthier italien Antonio Giacomo Stradivari, et dont la forme latine de son nom, «stradivarius» est utilisée pour se référer à ses instrument, voici les vols les plus marquants:

    Certains orchestres américains, avec l’aide de donateurs, ont acquis un instrument prestigieux, attribué au Premier Violon. C’est le cas du Dallas Symphony Orchestra, dont le stradivarius acquis en 1978 a été volé en 1985 et retrouvé en 2006 seulement. (Source: orchestredeparis.com)

    En un temps record, la police autrichienne a retrouvé un stradivarius d'une valeur estimée à près de 2,5 millions d'euros qui avait été volé dans un coffre-fort dans l'appartement du musicien Christian Altenburger à Vienne fin mai 2007. Le violon a été retrouvé intact lors de la perquisition d'un appartement de la capitale autrichienne et six suspects, des demandeurs d'asile géorgiens, ont été arrêtés au terme d'une enquête qualifiée d'exemplaire par le ministre de l'Intérieur.

    « Je n'ai jamais osé espérer que l'on retrouverait mon instrument si vite », a avoué le musicien en reprenant possession de son violon au siège de la police.

    L'instrument fabriqué en 1680 par le luthier italien Antonio Giacomo Stradivari (1644-1737) se trouvait dans un coffre-fort, ouvert au chalumeau lors du cambriolage, dans l’appartement complètement insonorisé par le musicien. La découverte du vol avait provoqué l'ouverture d'une enquête internationale par Interpol, mais la clé du mystère était restée à Vienne.

    « Le fait que de l'alcool et des vêtements avaient également été volés nous a fait écarter d'emblée un vol commandité et rappelait le mode opératoire d'une bande de Géorgiens déjà recherchés pour 21 autres cambriolages », a indiqué un responsable de l'enquête. Les voleurs présumés ont pu être identifiés grâce à une empreinte digitale retrouvée sur un ruban adhésif collé sur un paquet postal à destination de la Géorgie et contenant des objets provenant du cambriolage. « Nous avions alerté les services de la douane postale en pensant que les voleurs chercheraient peut-être à rapatrier le violon de cette façon, l'instrument étant impossible à revendre en Autriche », a indiqué un porte-parole de la police à l'AFP. L'empreinte digitale a permis d'identifier un suspect, dont la police possédait une photographie, déclenchant une vaste chasse au faciès à travers la capitale autrichienne. « Nous ne connaissions pas son domicile. C'était comme chercher une aiguille dans un botte de foin » dans une ville comptant 1,6 million d'habitants. Le suspect a finalement été localisé mardi en fin d'après-midi dans un quartier de l'ouest de Vienne en compagnie de cinq complices présumés.

    Le stradivarius ainsi qu'un violon Vuillaume d'une valeur de 120’000 euros et trois archets estimés à 12’000 euros également dérobés dans le coffre du musicien ont été retrouvés dans un appartement que les six suspects occupaient non loin de là. (Source: rtlinfo.be)

    V comme Vol

    Christian Altenburger

    Pierre Amoyal ne passe pas seulement pour l'un des plus grands violonistes du monde; il est aussi l'homme qui, un jour, s'est fait voler son stradivarius, le « Kochansky ». L'affaire, qui dura quatre ans, avait ému toute l’Europe. Aujourd'hui, le musicien raconte cet incroyable thriller dans un livre: « Pour l'amour d'un stradivarius » (Robert Laffont). C'est l'un des vingt plus beaux violons au monde, un joyau datant de 1717, l'âge d'or du maître de Crémone Antonio Stradivari. Combien coûte- t-il? «Une fortune.» Pierre Amoyal répugne à en donner le prix. Aux enchères, récemment, celui de Menuhin est parti pour 6 millions d'euros. Il ne le quitte jamais des yeux. N'en laisse la garde à personne. Le serre contre lui quand il voyage. Ce n'est pas que l'ancien violon du tsar Nicolas II soit fragile. Il a survécu à la révolution bolchevique et sa caisse n'a pas varié d'un millimètre depuis trois siècles. C'est juste que le musicien se souvient qu'un bref instant de mégarde, le 15 avril 1987, lui a valu sa première mort. «Je voyais mon violon partir et j'ai eu l'impression que mon corps se vidait de son sang et de son âme.»

    La scène se déroule à Saluzzo, dans le nord de l'Italie, où Pierre Amoyal est venu diriger une master class. Sa Porsche 911 est garée devant l'hôtel. Il paie sa note, commence par ranger son violon dans le coffre. Les clefs de la voiture traînent sur un sac. Le temps qu'il s'en aperçoive, le type a déjà enclenché la première. Valentino Giordano, alias le Gitan, plus connu pour ses talents de braqueur que pour son instinct de mélomane, a-t-il volé le bolide ou le stradivarius? Ses petits camarades de la Carnazza, la branche turinoise de la Mafia, lui ont laissé l'éternité pour méditer la nuance. Deux balles de 7,65 dans la nuque. Les grandes orgues.

    Durant quatre ans, Pierre Amoyal va mener une enquête qui le conduira au bord de la schizophrénie. Avec des violons d'emprunt, il continue de triompher dans les salles de concerts du monde entier, mais son esprit, chaque soir, reste en coulisse. Les bravos ne le distraient pas de sa mission. Il ne veut pas être l'homme qui, dans un moment d'égarement, a privé l'histoire de la musique d'un des fleurons du patrimoine. «Je jouais du Mendelssohn à Tel-Aviv ou à Boston et, entre deux mouvements, je m'isolais dans ma loge pour appeler les carabiniers.» Il fera même beaucoup mieux que cela pour remettre la main sur un violon qu'il avait acquis en 1975 et dont il venait tout juste d'acquitter la dernière traite. Il engagera des détectives privés, passera des petites annonces de collectionneur véreux pour appâter les malfrats, traquera les informateurs jusque dans les arrière-salles de bistrots sordides. Il finira même par payer 250’000 dollars pour faire sortir un mafioso de prison et tendre une embuscade fatale aux ravisseurs sur l'autoroute Milan-Turin.

    Les durs de la Carnazza ont bien essayé de revendre le violon à Hongkong ou au Japon. Mais le stradivarius était trop connu. «Le seul acheteur possible, finalement, c'était moi», résume le musicien. (Source : L'Express 11 octobre 2004, article de Henri Haget)

    Sur la video qui suit, Pierre Amoyal, qui se trouvait alors en tournée avec la Camerata de Lausanne, a donné une interview (dont le commentaire est toutefois en russe) et présenté son fameux stradivarius :

    L’instrument principal que le violoniste polonais Bronislaw Huberman utilisait pour ses concerts était le stradivarius « Gibson », du nom de son propriétaire au début du 20è siècle, le violoniste britannique George Alfred Gibson, Cet instrument lui a été volé deux fois - une première fois en 1919, dans sa chambre d’hôtel à Vienne, mais trois jours plus tard, la police viennoise a pu le récupérer et restituer à son propriétaire.

    La seconde fois, il lui a été volé à New York, et Huberman n’a jamais pu le récupérer. En 1936, lors d’un concert au Carnegie Hall, Huberman a échangé son stradivarius « Gibson », qu’il possédait depuis plus de 40 ans, contre un Guarnerius nouvellement acquis et qu’il allait utiliser pendant la seconde partie du concert. Pendant le récital, sa secrétaire a alors constaté que le « Gibson » ne se trouvait plus dans la loge. Il avait été volé par un jeune musicien, Julian Altman, qui travaillait dans des boîtes de nuit new- yorkaises, et qui l’a gardé pendant près d’un demi-siècle. Sur son lit de mort, Altman a confessé à son épouse avoir volé ce violon. Ironiquement, Julian Altman allait devenir violoniste au National Symphony Orchestra à Washington, et il a joué sur ce stradivarius volé pendant des années pour des présidents et des hommes politiques, sans que personne ne se soit jamais douté de rien.

    Après le décès d’Altman, en 1985, son épouse a consulté des experts qui lui ont confirmé qu’il s’agissait bien du stradivarius « Gibson ». Deux ans plus tard, elle a rendu l’instrument à la Lloyd’s, qui en 1936 avait indemnisé Huberman avec $ 30'000 pour la perte de cet instrument ; elle a alors touché une récompense de $ 263'000. L’instrument a ensuite été soumis à une restauration approfondie, pour être vendu en 1988 pour $ 1'200’000 au violoniste britannique Norbert Brainin. Le propriétaire actuel, le violoniste américain Joshua Bell, l’a acquis en 2001 pour  $ 4'000’000. Le moins que l’on puisse dire est que cet instrument a fait du chemin, en kilométrage aussi bien qu’en valeur ! (Source : wikipedia.org)

    Sur la video suivante, Bronislaw Huberman interprète la « Romanza Andaluza » (Danse espagnole N° 3) op. 22 de Sarasate, enregistré en 1929.


    En novembre 1995, le New York Times a rapporté le décès, à l’âge de 91 ans, de la musicienne Erica Morini, dont la disparition représente la fin d’une époque de violonistes mythiques. La nécrologie a bel et bien mentionné le récent vol de son violon « Davidoff » stradivarius, qui date de 1727 et qui a été dérobé dans son appartement de la 5ème Avenue, alors qu’Erica Morini était soignée dans un proche hôpital.

    Par contre, aucune mention n’y a été faite concernant le pillage de ses archives, comprenant d’innombrables partitions et photos, sa correspondance et bien d’autres objets. Et malgré le fait que certains de ses objets puissent éventuellement réapparaître dans des catalogues de vendeurs d’autographes, le vol et la dispersion des archives de Mme. Morini représente une perte inestimable pour tous les proches, amis et admirateurs de cette grande musicienne.

    D’autre part, il semble qu’il ne s’agit nullement d’un cambriolage effectué par des voleurs d’occasion, mais d’un vol planifié par un cercle restreint de personnes ayant accès à l’appartement de Mme Morini et à la clé cachée de la garde-robe dans laquelle l’instrument était gardé. Toujours est-il qu’aucune trace d’effraction n’a pu être constatée sur place

    Sachant que ce violon représentait son bien le plus sacré, sa famille ne l’a jamais informé de ce vol. Erica Morini est décédée peu de temps après et a été enterrée dans une tombe familiale, avec dans ses bras une copie de son précieux violon ! (Source: arbiterrecords.com/morini.html)

    Ecoutons cette violoniste mythique dans le 3ème mouvement du « Concerto pour violon N° 1 » op. 26 de Max Bruch, enregistré en 1963 :

    Cet instrument d’exception, dont la valeur est estimée à $ 3'000’000, figure d’ailleurs toujours sur le site « FBI Top Ten Art Crimes », sous le nom de « Davidoff-Morini » stradivarius.

    Le compositeur belge Eugène Ysaye a joué un stradivarius, l’ « Hercule », qui lui a été volé au cours d’un concert à Saint-Petersbourg en 1908 et qui n’a jamais été retrouvé. (Source : Le Monde de la Musique, 1997)

    Après une telle kyrielle d’instruments exceptionnels, je ne voudrais pourtant pas manquer d’attirer l’attention du lecteur sur le site www.violondisparu.fr et qui mérite d’être cité ici pour l’histoire émouvante qui y est racontée, relative au vol perpétré en 2007 à Besançon, d’un violon plus modeste, un Dupary, mais qui démontre que la disparition d’un instrument peut, bien au delà de la valeur marchande qu’il représente, être ressentie comme la disparition d’un être cher et provoquer un véritable raz-de-marée de souffrances.

    Si les violons en particulier semblent tellement attirer la convoitise des amateurs d’art, receleurs et voleurs, les histoires de vol de violon sont également une inépuisable source d’inspiration pour les auteurs de livres pour enfants et les dessinateurs de manga et autres bandes dessinés :

    Ainsi, dans l’épisode 56 de Cat's Eye, un manga de Tsukasa Hōjō, le trio Cylia, Tam et Alex (les sœurs Kisugi)  vole un violon auprès d’un héritier.

    Dans « Elémentaire, ma chère Sarah » de Jô Soares, Sarah Bernhardt fait une tournée triomphale au Brésil et rencontre l'Empereur, hélas affligé par le vol du Stradivarius qu'il vient d'offrir à sa maîtresse.

    La mission 2 de la manga GetBackers de Yûya Aoki relate l’histoire d’une jeune violoniste aveugle, qui fait appel aux Get Backers pour retrouver son stradivarius, volé par le violoniste Akutsu Shunsuke, un mafioso.

    Quant au clan des sept, dans "Le violon du Clan des Sept" de Enid Blyton, il se lance à la recherche d'un violon volé à l'antiquaire de Blainville.

    Dans le dessin animé Ici Bla Bla, épisode 79, Stradivar, le grand violoniste scandinave, s’est fait voler son violon et refuse de jouer au concert du grand opéra.

    Le roman policier « Le Stradivarius a disparu » de Bernard Mérigaut, paru chez Fleurus Presse, narre l’histoire d’un violon qui a été volé au plus grand violoniste du monde, qui mène l’enquête et qui un jour, rencontre une femme qui lui propose de retrouver son violon.

    Dans l’album « Le violon de Zagabor » par Raymond Macherot,  le violoniste Zagabor se fait voler son instrument.

    Les deux héros Vidpoche et Cabochar, de la BD « La chasse au Stradivarius » de Renaud et Mittéï, paru dans le Journal de Spirou, sont deux clochards qui vivent sous un pont, et qui sauvent la joile métisse et violoniste Myrtille de la noyade. Elle voulait se suicider car elle s'est fait voler le violon stradivarius qui lui a donné son oncle le colonel Goryan et elle ne pourra pas passer le concours de violoniste. (Source : bdoubliées.com)

    Pommier Maurice : « Livia, Paul et le Stradivarius », paru chez Gallimard, Folio junior, Drôles d'aventures 1997 Policier. Enquête autour d'un violon volé.

    Passons maintenant du « Strad » de petite taille à son plus grand  frère, le violoncelle, dont ceux construits par le luthier italien sont encore plus rares :

    Une infirmière de Los Angeles a trouvé près d'une décharge un violoncelle et avait l'intention de le transformer en porte-CD, avant de réaliser que toutes les polices de la ville recherchaient cet instrument d'une valeur de 3,5 millions de dollars, fabriqué par le célèbre luthier italien Antonio Stradivari. Son avocat a raconté comment sa cliente avait mis la main sur le « General Kyd », qui date de 1684, avant de le rendre à la direction de l'orchestre philharmonique de Los Angeles, à qui le violoncelle appartient et qui offrait 50.000 dollars de récompense.

    L'instrument avait disparu le 24 avril 2004, volé par un homme à bicyclette sous le porche du domicile du violoncelliste Peter Stumpf.

    Après avoir rapporté le violoncelle légèrement endommagé à son petit ami, fabricant de placards, l’infirmière lui avait demandé de réparer une fissure. « Elle a dit: Si on n'arrive pas à la réparer, on pourra toujours en faire un porte-CD », a raconté son avocat, en rajoutant : « Heureusement qu’il (le petit ami) ne travaillait pas très vite ».

    L'instrument a trôné dans la chambre du couple jusqu’au jour ou l’infirmière a vu à la télévision un reportage sur le vol. (Source: aufeminin.com, mai 2004/Reuters)

    Mais la convoitise des amateurs de beaux objets, des collectionneurs d’instruments rares et des voleurs, occasionnels ou commandités,  ne connaît aucune limite en matière de dimensions et de poids :

    Ce qui s’est produit à Barterode, petite commune dans la Basse-Saxe (Allemagne), arrive plus rarement encore qu’un cheval dans un couloir – un piano dans la forêt. Quand cette information est arrivée au poste de police, les agents ont tout d’abord consulté le calendrier. Mais le 1er avril était déjà passé de 17 jours. Alors les agents se sont rendus en voiture dans la forêt au-dessus de Barterode, ou une promeneuse prétendait avoir rencontré un piano. Et elle ne s’était pas trompée - le piano était même en bon état de marche et les touches soigneusement protégées par un napperon vert en velours. Plusieurs collaborateurs d’un chantier voisin ont peinés à transporter l’instrument à travers le sous-bois jusqu’à un hall du chantier, afin de le mettre au sec. Comment cet instrument était arrivé dans la forêt, qui l’avait volé et à qui, et qui avait choisi la forêt comme salle de concert – voici autant de questions qui restent encore sans réponse. (Source : wiki-goettingen.de/index.php?title=Barterode)

    V comme Vol

    Le pianiste sud-coréen Dong-Hyek Lim, incontestablement très talentueux mais semble-t-il un brin naïf, s’est fait voler des vêtements de marque, un système audio haut de gamme – et son piano de concert Yamaha d’une valeur de 110'000  €.

    Dong-Hyek Lim a fait beaucoup de bruit sur la scène internationale quand, à 9 ans, il a remporté le second prix du concours Chopin pour jeunes pianistes à Moscou - derrière son frère Dong-Min Lim. En 2001, il a été le plus jeune pianiste à signer un contrat d’enregistrement avec EMI Classics et il a reçu en France un Diapason d’or pour son premier album, enregistré en 2002 dans la série « Martha Argerich présente », incluant des œuvres de Chopin (Scherzo n° 2, Nocturne n°. 8, Ballade n° 1, Étude op. 10 n° 1), Schubert (quatre Impromptus op. 90) et Ravel (La Valse, poème chorégraphique).

    En février 2013, après une absence prolongée, Lim a regagné son luxueux appartement de la résidence Trump Place, un des quartiers les plus huppés de New York, situé le long du Hudson River – et il a dû constater avec effarement que son Yamaha, un grand piano à queue de concert d’une valeur de 110'000 Euro, avait disparu de la pièce. Or, pour la durée de son absence, Dong-Hyek avait sous-loué son appartement en plaçant une petite annonce sur un site web, destiné à des américains d’origine coréenne. Un homme nommé Byungyung Kim avait pris contact avec lui mais, selon la police, en utilisant un pseudonyme, une adresse e-mail ainsi qu’un numéro de téléphone portable prépayé - qu’il est impossible de tracer.

    A l’aide d’enregistrements faits par les caméras de surveillance de la résidence, le management de la résidence et des détectives privés ont réussi à identifier la compagnie de transports qui a utilisé le monte-charge et chargé l’instrument, qui mesure tout de même 2.75 m de long, dans un de leurs camions. De fil en aiguille, ils ont pu remonter jusqu’à une société de fret maritime de Long Island, qui était sur le point d’embarquer le piano pour le livrer à un acheteur de San Francisco, celui-ci ayant déjà versé un acompte de 20'000 $.

    Morale de l’histoire : Si les fées qui se sont penchées sur le berceau de Lim l’ont doté d’un talent immense, elles ont par contre oublié de rajouter un zeste de sens commun. (Source : nydailynews.com/new-york/pianist-prized-ivories-swiped-pad) 

    V comme Vol

    Dong-Hyek Lim et son piano de concert Yamaha

    Et quand l’objet est vraiment trop encombrant et trop lourd pour être emporté (car il existe plus grand encore que le piano), on démonte alors les parties qu’on peut le plus facilement refourguer à un brocanteur peu scrupuleu,x ou même, pour le prix du métal seulement,  à un marchand de feraille :

    Ainsi, depuis fort longtemps déjà, les tuyaux d’orgue sont une marchandise extrêmement convoitée, soit pour les collectionneurs, soit pour les marchands de vieux métaux -

    soit encore, ce qui est un peu plus récent, pour la réparation des pots d’échappement des cyclomoteurs !

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    Ainsi, des voleurs ont dérobé les tuyaux d'orgue en étain d'une église autrichienne, probablement pour en revendre le métal, a indiqué la paroisse victime du délit. Ils ont démonté et emporté les 122 tuyaux d'étain de l'instrument, ne laissant que ceux en bois et en fer-blanc.

    « Nous avons tout de suite remarqué que l'orgue ne sonnait plus aussi bien, mais nous avons tout d'abord pensé à une panne technique », a précisé le pasteur de la commune de Gröbming.

    Le préjudice pour la paroisse a été estimé à 20'000 euros. La valeur à la revente de l'étain volé n'excède cependant pas 700 euros, selon les enquêteurs, qui précisent que les vols de métaux, notamment de câbles électriques en cuivre, se sont multipliés en Autriche ces derniers mois suivant la flambée de leurs cours. (Source : Romandie News, ats 13/10/ 2008)

    Mais les  instruments de musique ne sont de loin pas les seuls « objets » à être volés :

    Ludwig van Beethoven a terminé la Neuvième Symphonie au début de l’année 1824. En mai, elle a été exécutée pour la première fois, mais il était trop sourd pour la diriger lui-même et, à la fin, il est resté assis, absorbé en lui-même, jusqu’à ce qu’un ami vienne l’avertir que le public applaudissait frénétiquement. Il a donné ensuite un dîner pour le chef d’orchestre et pour son propre assistant Schindler, repas qui s’est terminé de façon désastreuse, car Beethoven, plus difficile et plus querelleur que jamais, les a virtuellement accusés de lui avoir volé l’argent de la représentation. (Source : La musique, une initiation; Stanley Sadie & Alison Latham, Editions Bordas)

    Un livre vient de produire l’effet d’une bombe: la biographie « Brecht & Cie » de John Fuegis, publiée aux Etats-Unis il y déjà deux ans et qui a été profondément retravaillée pour l’édition allemande. Berthold Brecht, peut-on y lire, comme chef d’une usine de drames, aurait systématiquement exploité ses femmes-auteurs, qui étaient également toutes ses maitresses. Bien qu’elles lui avaient fourni une grande partie des recherches dramatiques et des (pré)formulations, il les aurait dupé de leur part financière et de la reconnaissance publique. Le marxiste libidineux n’aurait été qu’un simple « voleur de droits d’auteur ». Ces reproches ne sont pas nouveaux. Mais jamais auparavant, ils n’ont été étayés par autant de preuves que par le professeur britannique Fuegi, qui enseigne à Maryland et qui a été le premier à pouvoir exploiter les archives sans être influencé par la DDR - avec comme conséquence l’ouverture d’une controverse juridique de droits d’auteurs, entamée par l’avocat hambourgeois Tim Burkert. Mandaté par les héritiers d’Elisabeth Hauptmann, il a sommé les Editions Suhrkamp d’ouvrir une partie des comptes de droits d’auteurs. La valeur du litige est estimée à un montant de sept ou de huit chiffres. Margarete Steffin et Ruth Berlau à part, Elisabeth Hauptmann, décédée en 1973, était l’ouvrière la plus assidue dans l’usine Brecht. De nombreux manuscrits sont rédigés de sa main ou portent ses annotations. Elle a crée de nombreux personnages et élaboré la substance de base des pièces telles que  « Heilige Johanna der Schlachthöfe », « Die Massnahme », « La mère », l’ »Ozeanflug » et l’ « Opéra de quatre sous » qui, d’après Fuegi, peut lui être attribuée à 80%. Car Brecht ne maîtrisait pas assez la langue anglaise pour s’approprier le modèle ou de le traduire, et pendant la création du texte allemand, il était le plus souvent absent. Seulement le célèbre « Moritat de Mackie Messer » serait vraiment de Brecht. (Source : Facts 1/1998; Sven Siedenberg: De l’argent pour les nègres)

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    Berthold Brecht

    Irène Inschauspé, journaliste au Point et Rémy Godeau, journaliste économique au Figaro sont les auteurs d’une enquête sur la Sacem, intitulée « Main basse sur la musique » (Editions Calman Lévy). Il n’a pas été facile pour les auteurs de rédiger cette enquête tant les difficultés pour obtenir des informations précises ont été grandes. Le but est avant tout de mettre au grand jour quelques uns des nombreux secrets entourant la Sacem (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique).

    Le livre est constitué de treize chapitres, dans lesquels on découvre entre autres les paradis fiscaux cachés derrière le « Boléro » de Maurice Ravel.

    Le compositeur a composé le « Bolero » en 1928. Ses oeuvres rapportent chaque année environ 1.5 millions d’euros de droits d’auteur. A qui ? A un ancien directeur juridique de la Sacem, Jean-Jacques Lemoine, parti en 1969. Comment? Par des comptes anonymes dans des paradis fiscaux tels que Monaco, Gibraltar, Amsterdam, les Antilles néerlandaises et les Iles Vierges Britanniques. C’est une bataille juridique qui a duré pendant dix ans. En attendant, les droits d’auteur étaient bloqués à la Sacem.

    Jean-Jacques Lemoine a donc créé une société aux Nouvelles-Hébrides, appelée ARIMA (Artists Rights International Management Agency) qui devient la société éditrice des principales oeuvres de Ravel. Elle s’est expatriée et elle est aujourd’hui installée à Gibraltar car l’exemption fiscale est de 25 ans. Les oeuvres de Maurice Ravel ne tomberont dans le domaine public qu’en 2015. Il faut savoir que depuis 1970, le « boléro » a rapporté plus de 46 millions d’euros et tout ce pillage s’est fait sous les yeux de la Sacem, « consentante et silencieuse ». Mais si la Sacem intervenait, le catalogue risquerait de s’expatrier aux Etats-Unis ! (Source : ziknblog.com)

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    Maurice Ravel

    L’héritage de Giacomo Puccini a finalement été réglé en 1997 par une cour italienne - plus de soixante-dix ans après le décès du compositeur. Sa petite fille Simonetta, alors âgée de 68 ans, et enfant illégitime du fils de Puccini, Antonio, a hérité des propriétés d’une valeur approximative de £ 2'000’000, incluant le lieu de naissance de Puccini à Lucca, Toscane, ainsi que la villa à Torre del Lago, où il a composé « Turandot ». Toutefois, la cour a décidé que la villa de 30 pièces à Viareggio, évaluée à £ 1’700’000, sera vendue afin de couvrir une collection de dettes chaudement disputées. Il est prétendu que £ 17'000’000 de la fortune de Puccini ont été volés par Paquale Belladonna, qui a été le majordome du comte Livio dell’Anna, dont la sœur Rita était la veuve du fils de Puccini, Antonio, et les administrateurs de Puccini affirment que l’ancien majordome vit une vie luxueuse à Monte-Carlo (Source : BBC Music Magazine, août 1997)

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    Giacomo Puccini

    Crée au festival de Cheltenham en juin 2000, « Jane Eyre », basé sur l’œuvre éponyme de Charlotte Brontë, est le second opéra du compositeur britannique Michael Berkeley. Le format de cet opéra de chambre est assez court, puisqu’il dure environ soixante douze minutes. En réalité, cette œuvre aurait du être plus longue, mais le vol de la quasi-intégralité de la partition originale du premier acte de sa voiture garée devant sa maison à Notting Hill, a obligé Berkeley à le reprendre dans des délais très courts, ce qui eut pour effet de réduire sensiblement la durée. (Source : unicaen, Dr. J-P Héberlé : Jane Eyre de Michael Berkeley)

    Le musicien flamand Paul Van Nevel, âme de l'Ensemble « Las Huelgas » avec lequel il a enregistré de nombreux et magnifiques disques, est accusé par le musée de Bibliographie musicale de Bologne d'avoir dérobé des éditions et manuscrits originaux. Van Nevel prétend les avoir acquis en toute légalité, et les avait d'ailleurs revendus au Conservatoire de Gand et au Musée instrumental de Bruxelles - lesquels les ont restitués. La justice italienne l'ayant condamné à une peine de prison ferme - il a fait appel. (Source : Diapason, juillet-août 1994)

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    Paul van Nevel

    Des nombreux mystères qui entourent encore la personnalité de Georg Friedrich Haendel, il en est un qui concerne ses « emprunts ». Il lui arriva souvent de réutiliser, dans ses oeuvres, la musique d’une pièce antérieure. Rinaldo par exemple, écrit à la hâte lors de son premier séjour à Londres, intègre des éléments tirés de ses compositions italiennes. Mais il exploita aussi la musique d’autres compositeurs. Généralement, toutefois, il l’adaptait et la réécrivait, l’améliorant presque toujours et y imprimant sa propre marque. Il reste que toute sa vie est jalonnée d’« emprunts ». Parfois, il achetait de la musique à l’étranger et, dans les mois qui suivaient, il en incorporait les idées à ses propres oeuvres. Que cette attitude révélait chez lui un certain laxisme, c’est incontestable, mais il y a dans sa musique tant d’individualité, de noblesse et d’honnêteté que nul ne songerait à l’accuser de tromperie (ou de vol). (Source : Stanley Sadie & Alison Latham: La musique, une initiation. Editions Bordas)

    A ce sujet, il faut également mentionner qu’en même temps que Haendel, son collègue Johann Sébastien Bach n’avait aucun scrupule de transcrire des concerti de contemporains italiens pour les concerts publics qu’il donnait avec les fils, élèves et étudiants du Collegium Musicum de Leipzig au café Zimmermann. Ne citons ici, comme exemple, que le concerto pour 4 violons en si mineur du cycle L’Estro Armonico de Antonio Vivaldi, que Bach a transcrit pour 4 clavecins.

    Le chef d’orchestre John Elliot Gardiner a déclaré dans un article publié par le Guardian avoir lu un livre d’un musicologue allemand peu connu, Arnold Schmidz, selon lequel Beethoven aurait été influencé par la musique de la révolution française, et qu’il aurait notamment « recyclé » des mélodies de 5 compositeurs de la révolution : Gossec, Cherubini, Méhul, Lefèvre und Rouget de Lisle, évidemment pas dans le sens d’un plagiat, mais en tant que citation, comme un message musicalement codé.

    Seulement voilà, cette histoire-là peut être lue dans chaque dictionnaire de musique, et les « voleurs musicaux » peuvent alors être cités par dizaines : Berlioz, Mozart, Debussy, Schumann, Mahler et Chostakovitch ont copié et cité des thèmes, comme c’est la coutume dans la corporation musicale, puis n’oublions pas Wagner qui a copié sur Liszt, et Liszt sur Brahms, et Brahms sur Haydn, etc…. (Source : zeit.de)

    Ecourtons donc cette liste apparemment interminable et voyons plutôt comment Johannes Brahms, ou encore Richard Strauss, ont réagis aux reproches d’un vol d’idée :

    L’anecdote est connue partout: Quand Brahms a présenté sa première symphonie, une dame l’a vénéneusement félicité : « Bien Maestro, mais la mélodie du finale, vous l’avez volé de la neuvième de Beethoven ! » Suite à quoi, le voleur a répondu : « C’est vrai, et le pire, c’est que chaque imbécile s’en aperçoit tout de suite ! » (Source:  festspielhaus.de/news/alles-nur-geklaut/ urce)

    Voici donc l’objet du délit, le finale de la Symphonie N° 1 de Johannes Brahms, interprété par l’orchestre du Gewandhaus de Leipzig, sous la direction de Herbert Blomstedt :

    Déjà du vivant du compositeur, le premier « Concerto pour violon » op. 26 de Max Bruch est devenu un véritable hit des programmes de concerts. Max Bruch lui-même, l’enthousiasme initial passé, a commencé à développer une certaine aversion contre son oeuvre. Mais rien n’a pu freiner la marche triomphale du concerto en sol mineur. Et même Richard Strauss, dont le conservateur nationaliste Bruch traitait la musique de « social-démocratique », s’enthousiasma pour ce concert. Dans sa « Symphonie des Alpes », il a repris un thème et aux questions étonnées relatives au vol d’idée, il réagissait avec la constatation lapidaire que le thème était bon et qu’il ne voyait pas pourquoi il ne devait pas le réutiliser. (Source : Ring der Musikfreunde, juin 2001)

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    Richard Strauss

    L’exemple de la réutilisation d’un thème de Beethoven par Brahms remonte au moins à 1876 et celui d’une mélodie de Bruch par Strauss à 1915, mais le vol d’idées a été pratiqué bien avant - et il est bien entendu toujours aussi populaire de nos jours :

    Pendant les 22èmes journées de la musique contemporaine à Dresde, le concert donné par le groupe ukrainien « ukr.tele.kom », fondé par les musiciens Andrei Sechkovski, Sergei Klein et Stanislav Menzulski, ne comprenait quasiment que de la musique volée. Ce groupe, qui nie tout droit d’auteur, considère la musique en tant que bien collectif, libre, créativement repensé, rejoué et réutilisé. Fondé en 2003 à Odessa en tant que programme d’échange musical entre l’Allemagne, la Russie et l’Ukraine, ce groupe a pour but de composer des morceaux à partir de fragments sonores volés, piratés et empruntés. Le « ukr » dans le nom du groupe ne signifie pas seulement Ukraine, mais également  « ukradeno » = volé en russe, et le nom « ukr.tele.kom » lui-même a été volé au principal fournisseur national de connections téléphoniques, avec le C transformé en K  et les points (dots) insérés afin de prévenir toute action légale contre le groupe. (Source: culturebase.net)

    Voilà qui a l’avantage d’être clair !

    Certains voleurs ne reculent devant aucun effort pour assouvir leur « passion » pour la grande musique et ses compositeurs :

    Le site des Amis et Passionnés du Père-Lachaise (appl-lachaise.net) a récemment signalé la disparition de six bustes, dont celui du compositeur Georges Bizet, auteur de l’opéra Carmen, qui ont été arrachés des tombes et volés en novembre 2006. Dès les faits, la mairie de Paris a porté plainte pour « disparition », tout en tentant d’entrer en contact avec les familles des défunts, seuls vrais propriétaires des objets volés.

    Ce n’est pas nouveau, beaucoup d’autres larcins ont été perpétrés dans ce musée à ciel ouvert, attirant toutes les convoitises. Reste à connaître par quels moyens ces pièces de sculptures ont pu disparaître sans laisser de traces. Les desceller est une chose, les sortir du cimetière en est une autre... A suivre donc.

    Un épilogue (provisoire), rajouté plus tard, précise toutefois que :

    « Tout a une fin, le bon et le mauvais. Les voleurs ont été arrêtés, ils sont sous les verrous, bonne nouvelle. Nous voilà tranquille, (pour combien de temps?). Une partie de ces bustes dérobés a été récupérée, dont celui de Georges Bizet. La remise en place des rescapés (ce n’est pas si courant qu’on les retrouve), serait à l’ordre du jour. La seule question c’est : Quand ? Il semblerait que des motifs d’ordre économique et autres soient à l’origine de ce retard ! »

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    Buste de Georges Bizet

    Mais il y a plus léger à emporter, bien que plus macabre également :

    Joseph Haydn a été enterré en 1806 au cimetiere de Hundsturm (aujourd’hui le parc Haydn à Vienne-Meidling). Mais il a fallu l’admiration du duc de Cambridge pour que le prince Nicolas II Esterhazy se rappelle de l’ancien domestique et de son génie. En 1820, il a fait exhumer et transférer le corps dans l’église Haydn (Bergkirche) à Eisenstadt; église dans laquelle les six messes tardives de Haydn avaient déjà été exécutées du vivant de celui-ci et sous sa propre direction. Lorsque pendant ces travaux, le cercueil a été ouvert, le crane du compositeur manquait. Recherches faites, il s’est avéré que le secrétaire du prince Esterhazy – Joseph Carl Rosenbaum, un adepte de la phrénologie de Franz Joseph Gall (théorie neuroscientifique aujourd'hui discréditée, selon laquelle on pouvait lire les facultés mentales d’un individu en inspectant les bosses de son crâne), avait suborné le fossoyeur, un régisseur de prison ainsi que deux fonctionnaires de Vienne, afin de rouvrir secrètement la tombe et de voler le crane. Tout d’abord, la cachette du crane ne pouvait pas être déterminée; le corps a donc été inhumé sans le crane. Plus tard, le régisseur de prison Johann Peter a remis à la police un prétendu crane de Haydn. Le vrai crane a pourtant été légué par le secrétaire Rosenbaum à son ami Peter, avec l’ordre de léguer la relique au conservatoire de musique. Mais ni Peter ni sa veuve ont osé la restitution ; ainsi, le crane est passé par plusieurs mains avant de devenir la propriété de la société des amis de la musique à Vienne, qui l’a conservé jusqu’en 1953 dans son musée. En 1954, après un cortège depuis Vienne jusqu’à Eisenstadt, le crane a enfin pu être réuni avec le reste des ossements. Le sculpteur Gustinus Ambrosi a eu le privilège de le poser dans le sarcophage et d’établir ainsi, après 145 ans, le repos éternel de Joseph Haydn. (Source: de.esterhazy.net)

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    Joseph Haydn

    Dans « Le legs involontaire de Mozart », le professeur Gottfried Tichy de Salzbourg prétend avoir identifié le crâne du grand compositeur. Le corps aurait été déterré 10 ans après la mort de Wolfgang Amadeus Mozart (en 1791), et le crâne volé par le fossoyeur. Au début de ce siècle, il a atterri au Mozarteum de Salzbourg, qui protège le legs de Mozart. Seulement là, l’intérêt porte sur les compositions de Mozart et non pas sur sa décomposition; le crâne a donc été ignoré jusqu’à ce que Tichy faisait un moulage et ensuite un portrait robot. Des tests ont alors démontrés que le crâne appartenait à un homme, mort dans la trentaine, qui souffrait de rachitisme et de rage de dents - exactement comme Mozart. Le Mozarteum n’est pas impressionné, mais Tichy prétend sortir gagnant: « Nous pourrons même établir ce qui a fait un génie de Mozart ! » (Source : Classic FM, juillet 1999)

    Puis il y a des « malandrins » qui ne se contentent pas d’un simple crane, mais qui s’en prennent carrément à un compositeur dans son intégralité, et de surcroit de son vivant :

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    Thomas Schippers et  Carlo Menotti en 1958

    Dans le texte de la pochette du CD « Thomas Schippers Conducts Barber / Menotti / Berg / D'Indy » (SONY Masterworks Heritage) il nous est conté, avec force précautions, la manière dont Thomas Schippers, fort joli garçon et chef d'orchestre ambitieux, dut l'essentiel de sa carrière au soutien du compositeur italien Giancarlo Menotti et s'attira la défiance de Samuel Barber, également compositeur, lequel vivait à l'époque (nous sommes au tournant des années 50) avec Menotti. En fait, le mélange de fascination et de jalousie de Barber à l'égard du jeune playboy trouva une issue pénible lorsque celui-ci finit par lui « voler » son compagnon Menotti avec lequel il passa les dix dernières années de sa courte vie (il mourut en 1977, âgé seulement de 47 ans). Fors ces péripéties domestiques qui firent les beaux jours du milieu gay new-yorkais de l'époque (Léonard Bernstein y fut également mélé...). Schippers fut, durant toute sa carrière, un interprète privilégié de la musique de son talentueux rival. (Source : Répertoire, mars 1997, Pascal Brissaud)

    Ou alors, puisque la quasi-totalité des compositeurs sont de sexe masculin, ce qui ne correspond pas obligatoirement au goût de tout un chacun, il y a ceux qui se contentent de l’épouse de l’un d’eux :

    Le pianiste, chef d’orchestre et compositeur allemand Hans von Bülow (1830-1894) était un élève de Franz Liszt, dont il a épousé la fille Cosima en 1857 et avec laquelle il a eu deux enfants. Sa rencontre avec le compositeur Richard Wagner, dont il est devenu le fidèle disciple, lui a valu d’être nommé chef de l’orchestre du théâtre de Zurich. Nommé ensuite à l’opéra de Munich, il y a créé pour Wagner les opéras « Tristan et Isolde » en 1865 et « Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg » en 1868. Peu reconnaissant, Wagner lui a pourtant volé sa femme Cosima, avec laquelle il entretenait une relation depuis 1864. Cette trahison de sa femme et de son meilleur ami, von Bülow l’a très durement ressenti, à tel point qu’il est parti pour une tournée mondiale et n’est revenu en Allemagne qu’en 1877. (Source : Wikipédia)

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    Cosima, fille de Franz Liszt, épouse de Hans von Bülow

    et seconde épouse de Richard Wagner

    Portrait de Franz von Lenbach

    Mais quittons ce bas monde de la musique qui grouille littéralement de gens mal intentionnés et intéressons nous à quelques exemples relatifs au verbe « voler » dans sa forme intransitive, soit sa version « honnête » !

    Et afin de faire une transition en douceur, voici d’abord l’exemple de quelqu'un qui, bien que régulièrement en déplacement,  n’avait aucune intention de voler ce jour là, mais qui a volé quand-même :

    L’accident s’est passé le 27 décembre 2006. Le violoniste David Garret a quitté la scène du London’s Barbican Hall après un concert de fin d’année quand il est tombé dans les escaliers. Il raconte : « Je portais mon violon dans son étui et j’ai volé dans les escaliers jusqu’en bas ! Quand j’ai ouvert l’étui, le violon était en pièces ! J’étais juste assis là sur le sol, je ne pouvais pas parler... C’était comme perdre mon meilleur ami... » David Garrett avait acheté ce violon en 2003 pour 1 million de $ et espère qu’il pourra être réparé à New York où il habite. Il dément l’information précédemment publiée par certaine presse disant que son violon était un Stradivarius. Personnalité plutôt atypique dans la musique classique, avec un look de «rockstar», il s’est produit dans le monde entier et notamment en Asie et en Allemagne où il est considéré comme une «star» du violon. (Source: ResMusica.com)

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    David Garret

    Photo Renattha

    Un autre exemple de quelqu’un qui avait la ferme intention de voler, mais qui en a fermement été empêché :

    Au tout début de la première guerre mondiale, Maurice Ravel, qui avait une taille de jockey,  a voulu devenir pilote. Ainsi, il a tenté de persuader les autorités militaires que sa petite taille et son poids serait un avantage pour voler, mais cette incorporation lui a été refusée en raison de son âge et de sa faible santé. Par contre, et bien qu’étant réformé, il a obtenu en 1914 d'être engagé comme chauffeur dans le corps ambulancier à Verdun, dont il a été démobilisé en 1917.

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    Puis il y ceux, musiciens mais pas magiciens pour autant, qui ont pourtant réussi à faire voler des pianos :

    Le pianiste François-René Duchâble, disciple de Rubinstein et l’un des pianistes préférés de Karajan, était pétri de rage contre la vie qu’il menait depuis qu’il est enfant (il a eu son Premier prix de piano au Conservatoire de Paris à treize ans), il haïssait cette vie qu’on lui a fabriquée, il détestait être devenu un « professionnel de la musique »: « On m’a volé ma vie et je m’étonne d’avoir survécu à tout ça, à une telle fatigue. On a besoin d’une telle concentration pour faire ce métier qu’on a plus de temps pour la vie. J’ai reçu si peu.... j’étais trop docile: c’est pour ça que j’ai décidé d’arrêter ma carrière ». Tout s’est donc arrêté, comme il l’avait décidé, le 31 juillet 2003: « Je veux me purifier du poids et des souillures de la carrière. Je veux que ce piano noir, ce piano de concert, celui de Carnegie Hall, celui de Horowitz, celui qu’on trouve dans toutes les salles, je veux qu’il devienne léger, qu’il devienne deltaplane! » Et comme il donnait souvent des concerts sur des radeaux en milieu aquatique, lacs, piscines, grottes, il a eu l’idée de ce rituel, de ce baptême –

    le 26 août 2003, à partir d’un hélicoptère qui a volé au dessus du lac de Mercantour, puis le 29 août, à partir d’un dirigeable au dessus du lac d’Annecy, il a lâché un piano (il s’agit d’une carcasse, non pas d’un vrai piano) pour qu’il s’écrase dans les flots ! (Source : Le Monde de la Musique, avril 2001 - Le Nouvel Observateur 12/06/2003)

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    Duchâble musicien mais pas magicien pour autant, auquel s’oppose alors le magicien pas musicien du tout, bien qu’il se donne beaucoup de peine sur son piano volant :

    Et enfin, pourquoi ne pas jouer un peu avec les mots, puisqu’il existe des musiciens qui volent –

    au secours des autres:

    Quand une épouse – la mezzo-soprano Jennifer Larmore  - vole au secours de son  mari – le baryton-basse William Powers. L’affaire s’est déroulée aux Etats-Unis, il y a quelque semaines : William Powers, arrêté pour excès de vitesse, n’a pu se présenter au tribunal qui lui avait signifié sa convocation, en raison de son engagement au Met de New York dans « The Great Gatsby » de John Harbison. Pas de panique : Jennifer Larmore prit la place du prévenu, à la grande stupéfaction du président du tribunal qui lui demanda d’ »enfiler » quelques jolis airs de son répertoire ! Elle s’exécuta, et l’amende fut tout bonnement annulée. Pour les Américains, sans doute une extension juridique du "« travail d’intérêt général » prévu dans le droit français. (Source : Répertoire, février 2000)

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    Jennifer Larmore

    Voilà.

    Finissons alors ce billet en beauté, c'est-à-dire en musique et en restant toujours fidèle au sujet choisi, soit au verbe voler, d’abord dans sa forme intransitive, avec

    « Le vol du Bourdon », extrait de l’opéra « Les contes du Tsar Saltan » de Nikolai Rimski-Korsakov, qui représente le moment musical le plus connu du grand public et qui est interprété ici de manière très humoristique par le violoncelliste anglais Julian Lloyd Webber.

    Et au verbe voler dans sa forme transitive avec

    L’ouverture de l’opéra « La pie voleuse » (La Gazza ladra) (qui, pour s’adonner à ses méfaits, a également recours au vol dans sa forme intransitive), de Gioacchino Rossini, dont l’argument tourne autour d’une cuillère volée, et qui est interprétée ici par la Philharmonie de Berlin, dirigée pas Claudio Abbado.

    A une prochaine.


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  • Commentaires

    1
    hamdibey
    Lundi 1er Avril 2013 à 20:08

    Bonsoir Kilman, j'ai tout laissé tombé pour vnir te lire ...après un bon moment je réalise que ton billet est déjà fort long. Mais diversifiant et suscite de la bienveillance. J'ai bien aimé ce que tu écris...Bravo

     

    2
    Dimanche 7 Avril 2013 à 18:34

    ... tout laissé tomber?!? Quel honneur - j'espère seulement ne pas être à l'origine d'une casse! Quant à la longueur de ce billet, je sais que parfois, j'y vais un peu fort de tabac! Ce qui paraît normal au fumeur que je suis - alors que j'oublie les non-fumeurs! Mais je te remercie de ta bienveillance - et j'en prends bonne note!

    Avec mes amitiés.

    Kilian

    3
    Abby-Gail Profil de Abby-Gail
    Mercredi 1er Mai 2013 à 20:42

    Bonsoir, très interressant ce billet !

    Bon 1er mai

    Abby

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