• T comme Tourneur (de pages)

     (A ne pas confondre avec le tourneur/fraiseur ou le tourneur sur bois, ni d’ailleurs avec le tourneur de concert, qui sont tous d’honorables métiers, ce à quoi le tourneur de pages ne peut malheureusement pas prétendre, non pas tant à cause de l’honorabilité, mais à cause de l’activité, qui n’est tout simplement pas reconnue en tant que métier !)

    T comme Tourneur (de pages)

    Comme entrée en matière je vous pose, chère lectrice, cher lecteur, de but en blanc une question particulièrement épineuse :

    Savez-vous ce qu’est un tourneur de pages ?

    Eh bien, selon l’auteur et humoriste français Marc Escaryol, un tourneur de pages est un pervers qui retourne les jeunes pages pour leur faire subir les pires outrages ! (sic)

    Et croyez-moi, il y a certains musiciens (que je me garderais bien de nommer) qui ne rêvent que de ça !

    Bon, admettons que c’est un tantinet lourdaud comme introduction, mais on peut bien rigoler un peu, non ? Surtout  si c’est sur le dos des autres !

    Ma pudeur innée m’interdit toutefois d’illustrer cette variante avec une vidéo !

    Par contre, si ce genre de blague ne vous fait point rire, la petite vidéo ci-après réussira peut-être à vous dérider un tant soit peu. Elle est d’une innocence à toute épreuve et je vous garantis qu’elle passe sans problème le cap de tout contrôle parental, même le plus draconien. Par contre, le tourneur de pages que vous allez voir est d’un genre un peu spécial, une sorte de boulimipage (ou pagiphage, ou encore pagivore) surpris en pleine action non pas pendant un récital, mais chez le coiffeur :

    Inspiré par cette introduction légèrement décalée,  je tourne alors la première page, un peu plus posément par contre que mon « confrère » ci-dessus - et en évitant soigneusement les pages collées, ceci afin de ne pas déconcentrer le soliste -

    ce qui en l’occurrence semble s’être produit avec le pianiste Boris Berezowski :

    Admettons que dans pareil cas, le proverbe qui dit qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même prend alors  toute sa justification!

    D’ailleurs, c’est aussi ce que pensent les deux sœurs et pianistes Marielle et Katia Labèque, qui n’ont jamais eu recours à un  tourneur de pages :

    Elles préfèrent le faire elles mêmes, plutôt que de faire confiance à quelqu’un de pas intéressé ou encore quelqu’un qu’on n’a jamais vu avant -

    ou qui compte les fausses notes. ! (sic).

    Toujours est-il que si ce point de vue se défend parfaitement, il ne mettra pas pour autant les artistes à l’abri d’une anicroche telle que celle subie par le percussionniste dans la vidéo suivante, mais qu’il écarte avec beaucoup de brio :

    Heureusement aussi qu’il connaît sa partition par coeur!

    Alors, tourneur de pages ou non ? That’s the question.

    Et puisque de fil en aiguille, ou plus précisément de page en page, j’ai dévié dans la langue de Shakespeare, j’aimerais profiter de l’occasion pour préciser encore tout de go que le terme anglais « page turner » est un mot que vous devriez absolument connaître, surtout si vous fréquentez les sphères intello-bouquino-trendy (en dehors du milieu de la musique bien entendu, mais l’un n’empêche pas l’autre) ; mot qu’on utilise (aussi) pour désigner un bouquin tellement bien/intéressant/excitant/plein de suspense dont on ne peut pas décrocher et qu'on lit d'une traite. (Source : grazia.fr/in-the-city/Le-mot-du-jour/Page-turner)

    Mais revenons à la musique, et à notre sujet premier, la personne assise sur le tabouret à côté du soliste - et dont la présence, dans des cas bien précis, n’a effectivement aucune, mais vraiment aucune raison d’être :

    Le « Concerto pour piano » en do mineur op. 37 est le troisième des cinq concertos pour piano de Ludwig van Beethoven. Le compositeur l’a travaillé dès 1801, ce qui rend son écriture à peu près contemporaine de celle de sa première symphonie et de ses quatuors op. 18. Il l'a achevé en 1802 et la création a eu lieu en public lors d'un concert le 5 avril 1803, comportant à son programme, outre cette pièce, la création de sa seconde symphonie et de son oratorio « le Christ au Mont des Oliviers ». Beethoven était au piano et une anecdote rapporte qu'il n'avait guère eu le temps de mettre au propre la partie soliste, le tourneur de pages qui l'assistait à ce concert restant désorienté devant des partitions – vides -  pendant que le musicien jouait par cœur sa partie. (Source : Wikipedia)

    T comme Tourneur (de pages)

    Gravure de Franz Hanfstaengl « Les Intimes chez Beethoven » (Schindler, Steiner, Abbé Vogler, et van Swieten), basée sur un tableau d’Alfred Graefle.

    (From the collections of the Ira F. Brilliant Center for Beethoven Studies, San José State University)

     Cette gravure semble accréditer l’anecdote ci-dessus, puisque le tourneur de pages s’est retiré vers la fenêtre, totalement habité par les notes qui ne figurent pas sur la partition mais que Beethoven joue par cœur !  (je plaisante bien entendu !)

    N’empêche que d’innombrables personnalités musicales hors pair ont pourtant accompli cette humble fonction avec dévouement et, semble-t-il, à la plus grande satisfaction du soliste :

    Ainsi, à Baden-Baden, Clara Schumann (1819-1896) a tourné les pages pour Johannes Brahms, quand le compositeur a joué son « Trio en do mineur » avec le violoniste Joseph Joachim et le violoncelliste Robert Hausmann.

    Le grand Adolf Busch (1891-1952) a tourné les pages pour le compositeur hongrois Ernst von Dohnanyi.

    Le compositeur français René de Castera a servi de tourneur de pages à Maurice Ravel (1875-1937) et  à la pianiste Blanche Selva.

     

    T comme Tourneur (de pages)

    René de Castéra « tourneur de pages » de Maurice Ravel
    et Gustave Samazeuilh
    (Collection particulière)

    Sur la pochette d’un vieux disque sovietique, on peut voir un Mstislav Rostropovitch (1927-2007) jeune et mince tourner les pages pour Sergeï Prokofiev, assis en manteau au piano.

    Sur une autre vieille pochette, Aaron Copland, (1900-1990) âgé de 42 ans, tourne les pages de sa « Sonate pour piano » pour Leonard Bernstein, qui a alors 24 ans.

    Grâce à sa fonction occasionnelle de tourneur de pages, Charles Dutoit a même fait la connaissance d’Igor Stravinski, non pas à Lausanne ou à Clarens, ou les deux ont  pourtant habité, mais à New York :

    En décembre 1959, Charles Dutoit se trouvait à Boston pour assister à la création de la Deuxième Symphonie « le Double » de Dutilleux sous la direction de Charles Munch. A l'issue de ce concert, il a eu la chance inouïe d'être placé dans l'avion à côté de Dutilleux lui-même qui se rendait à New York afin d'aller écouter Stravinsky qui devait précisément diriger et enregistrer les « Noces ». Très excité par la perspective d'assister à cet événement, Dutoit a alors décidé de faire escale à New York avant de rejoindre l'Europe. Les quatre pianistes placés sous la direction de Stravinsky étaient tous compositeurs ; il s'agissait d'Aaron Copland, Samuel Barber, Roger Sessions et Lukas Foss, et certains venaient d'enseigner au stage de direction d'orchestre de Tanglewood auquel Dutoit avait assisté ; il vraiment ravi de les revoir. Mais il ne savais pas très bien comment s'y prendre pour entrer en contact avec Stravinsky, jusqu'au moment où l'un des pianistes, Lukas Foss, à l'entrée des artistes, lui a dit très gentiment : « J'ai besoin d'un tourneur de pages; pourquoi pas toi ? » C'est ainsi qu’il a pu assister à toutes les répétitions, au concert et à l'enregistrement, et pendant toute cette période, il a pu discuter avec Stravinsky qui était ravi de converser en français (il le parlait très bien, même avec son accent russe).

    Le baryton lyrique canadien Russel Braun (1965) a acquis une expérience précieuse en tant que tourneur de pages pour certains interprètes comme Isaac Stern et Leontyne Price.

    Pendant les deux années de formation qu’il a passé dans la capitale autrichienne, le pianiste français Philippe Cassard (1962) était devenu une sorte de tourneur de pages attitré des salles viennoises (pour Menahem Pressler, Jessye Norman…), ce qui lui a valu bon nombre de places gratuites pour des concerts.

    Parmi les invités du « Festival international de musique » de Dinard, en 2010, la pianiste Viktoria Postnikova (1944) a étonné les mélomanes, notamment par l'interprétation d'une sonate résolument contemporaine. Mais l'insolite de cette soirée a été la rencontre avec son mari, Gennadi Rozhdestvensky, sans doute le plus grand chef d'orchestre russe et, ce soir-là, tourneur de pages.

    Que du beau monde donc, qui a humblement daigné remplir cette tâche pourtant peu gratifiante.

    Néanmoins, malgré une kyrielle aussi impressionnante d’assistants hors pair, la simple présence d’un tourneur de pages semble perturber encore passablement de monde :

    Ce soir, en ce moment, c'est Georges Pludermacher qui joue du Schubert; c'est enregistré des « Flaneries musicales d'été » de Reims, en 2002.

    Je suis très étonnée de voir qu'il joue une sonate de Schubert AVEC la partition ! Le métier de tourneur de pages va embaucher...

    Et hier soir, 30 mn d'interview d'Alexandre Tharaud, et des extraits de concert en soliste avec partition...

    Le reigne du par coeur serait-il en train de s'éteindre ??? (Source : pianomajeur.net/forum/viewtopic)

    Ce qui est sûr en l’occurrence, c’est que le règne du bon français est en train de mourir à petit feu !

    Par conttre, cet ennemi farouche des tourneurs de pages s’est aussitôt fait clouer le bec par un  fervent défenseur de la partition:

    J'ai entendu dire à la pause qu'une certaine société de concert à Montréal refusait d'engager Alexandre Tharaud parce qu'il joue avec ses partitions devant ses yeux. Comme quoi, même dans le domaine de l'art, la bêtise n'a pas de limites. Cette habitude, qui sert au pianiste à conjurer un trou de mémoire qui le frappa un jour, n'a rien à voir avec une faible connaissance de la musique et n'empêche pas Alexandre Tharaud de voir dans ces notes et dans la manière de les traduire davantage de choses que 99 % de ses confrères. Les mêmes qui condamnent, pour cela, ce prodigieux artiste s'extasient sans doute de voir un chef acculturé sauter sur le podium en dirigeant « par cœur » « Le Sacre du printemps » ou la « Symphonie fantastique ». Pas étonnant qu'avec de tels gogos notre monde musical soit pollué par de fausses valeurs, pour le plus grand plaisir des acteurs de l'ombre qui en tirent les ficelles. (Source : ledevoir.com/culture/musique/316236/concerts-classiques-le-bonheur-tout-simplement)

    T comme Tourneur (de pages)

    Alexandre Tharaud

    (Photo by Ruby Washington of The New York Times)

    Et pourtant, suivant les qualifications du  tourneur de pages, la simple présence de celui-ci peut être source de sérieux complexes pour le pianiste :

    En 1928, Maurice Ravel, célèbre, s’est trouvé en tournée aux Etats-Unis. Lors de son premier concert à New York,  les organisateurs ont réussi à le convaincre de jouer lui-même la partie de piano de ses « Chansons madécasses ». Lors des répétitions, les organisateurs ont toutefois réalisés que le compositeur de l’oeuvre était débordé en tant qu’interprète. Son tourneur de pages, le harpiste virtuose et pianiste professionnel Carlos Salzédo, s’est alors promptement apprêté à répéter avec Ravel sa partie de piano. Ce qui a indiscutablement contribué au succès de la soirée.

    Après le concert, Ravel a pourtant déclaré qu’il aurait mieux valu que le harpiste joue du piano et que le compositeur tourne les pages !

    Par contre, pour un certain critique musical, une formation de personnes « mal assorties » a d’office constitue une raison suffisante pour descendre en flammes le récital, et ceci  avant même qu’il ait entendu la première note :

    A Paris, le grand violoniste et compositeur roumain Georg Enesco devait accompagner au piano l’un de ses étudiants violonistes lors de son premier concert. Pour une raison inexpliquée, le grand pianiste Alfred Cortot a été son tourneur de pages. Déjà avant le concert, un critique savait qu’il allait descendre cette soirée en flammes - sinon il aurait manqué l’occasion de pouvoir écrire dans sa critique que ce concert très moyen aurait pu être un grand succès si le tourneur de pages avait joué au piano, le pianiste au violon et que le violoniste avait tourné les pages!

    Par moment aussi, le rôle du tourneur de pages peut légèrement dépasser les fonctions habituelles :

    Si l’affiche du festival européen «Jeunes talents» (Hôtel de Soubise Archives Nationales, à Paris) doit renoncer un jour à ses fameux pots de fleurs dans lesquels poussent divers instruments de musique, le futur emblème de cette manifestation est tout trouvé: les pinces à linge multicolores avec lesquelles musiciens et tourneurs de pages tentent de fixer aux pupitres les partitions malmenées par de capricieuses rafales de vent.

     

    T comme Tourneur (de pages)

    A en croire la critique suivante, il semble, nonobstant le grand talent de la  soliste en question, que ce n’est que grâce à la présence d’un tourneur de pages qu’elle est arrivée à bout d’une certaine partition :

    Le « Concerto pour deux pianos et orchestre » en ré mineur de Francis Poulenc aurait enfin pu apporter l’émotion attendue depuis près de deux heures de ce concert jugé interminable ! Malheureusement, là aussi, les tourneurs de pages ont dû indiquer à Martha Argerich et à son compère Alexander Gurning la marche à suivre pour venir à bout de cette partition pourtant habitée de belle musique. Un déchiffrage à vue qui, malgré l’indiscutable talent de la pianiste, n’a pas permis l’invention musicale. Si ce concerto est rarement joué, il le doit à la symbiose exigée des solistes et de l’orchestre. Même si cette œuvre ne semble pas demander une virtuosité pianistique extrême, elle requiert certainement une préparation plus poussée que celle de cette exécution. (Source: resmusica.com/musiquesymphoniquemarthaargericheurresdenotoriete)

    Dans quelques rares cas, une telle assistance peut même carrément sauver un concert :

    Un des tourneurs de pages a acquis une célébrité temporaire largement méritée quand, vers la fin de la « Sonate pour clarinette » de Max Reger, avec Richard Stolzmann et la pianiste Irma Vallecillo, le pied avant gauche du tabouret de piano s’est cassé. Avec ses deux bras musclés, le tourneur de pages a alors maintenu la pianiste en position sur sa chaise, pendant qu’elle tournait elle-même les pages!

    Le pianiste Valentin Pawlowsky, accompagnateur permanent du violoncelliste Gregor Piatigorsky, préférait une femme comme tourneur de pages, mais lors du premier et unique concert des deux artistes à Gibraltar, un homme était assis à côté de Pawlowsky. Après le premier morceau, le violoncelliste faisait signe au pianiste de se lever pour recevoir les applaudissements; et Pawlowsky à son tour faisait signe à son tourneur de pages de se lever et de s’incliner. Ceci semblait d’abord exagéré, jusqu’à ce que le pianiste explique que sur le seul piano de concert alors disponible à Gibraltar, jusqu’à deux douzaines de touches, une fois effleurées, restaient tout simplement coincées. Et le tourneur de pages s’était à juste titre déclaré irremplaçable, puisqu’il avait le don de relever les touches coincées, ceci sans incommoder le pianiste dans son jeu.

    Quand après la représentation ce brave homme est parti avec son cachet, il a fait une remarque qui a enchantée Piatigorsky: « Vous auriez du être ici il y deux semaines en arrière, quand Schnabel et moi avons donné une merveilleuse « Appassionata ». (Source : BBC Music Magazine, septembre 1995; Joseph Roddy: Comme la page se tourne)

    Par contre, il existe une catégorie de tourneurs de pages assez doués pour casser l’ambiance dans la salle :

    (…) Figurez-vous que les musiciens du LSO sont sans conteste les pires tourneurs de pages que j'ai eu l'occasion d'ecouter - je frissonne d'effroi à repenser, entre autres, à ce schhllllourrf tonitruant en plein silence, juste avant l'entrée décisive du chœur. Mais c'était si fabuleux par ailleurs qu'on ne peut leur en tenir rigueur. J'ai d'ailleurs un gros brin de nostalgie à me remémorer ce concert, vivement le retour du LSO à Paris ! (Source : klariscope.com/2010/02/lso)

    La vidéo de la MC2 Grenoble est d'un son vraiment douteux et j'ai surtout reconnu le tourneur de pages, vu dans un autre concert où il n'arrêtait pas de se bouffer les ongles, je ne voyais pas les mains du pianiste, mais les siennes si ! (Source : fanalexandretharaud.hautetfort.com/archive)

    Une mention spéciale par contre au tourneur du page qui ondulait au rythme du pianiste et semblait totalement « habité » par les notes. (Source : inactuel.hautetfort.com/archive)

    Il y a également des tourneurs de pages qui se mêlent de ce qui, normalement, ne les regarde point - qui innovent en rajoutant leur note personnelle à une œuvre peut-être trop rabâchée - ou jugée un soupçon trop fade ? Admettons, Philippe Danel (car c’est de lui qu’il s’agit) mène une carrière largement ouverte à tous les champs de la musique, ceci en tant qu’enseignant, chef d’orchestre, éditeur, directeur de festival et j’en passe  et des meilleures -

    c’est à dire qu’il connait à fond la musique -

    mais tout de même !

    Voici l’anecdote qu’il relate sur son site :

    « Je dis, en plaisantant, que j’ai joué avec elle (Martha Argerich), la plus grande pianiste vivante, lors d’un récital à cinq mains. Les siennes, celles d’Alexandre Rabinovitch, et la mienne, la gauche, qui heurta le clavier de la star en revenant d’avoir été tourner la page de sa partition. Elle se tourna alors vers moi, modeste tourneur, m’excusant d’un air amusé, j’étais sauvé. Sinon, quelques souvenirs, celui du Concerto en sol, entendu, réentendu, en particulier sous la direction d’un chef qu’elle semblait ne pas trop apprécier, s’évertuant à arriver à la fin avant lui. Et bien sûr ce phrasé, cette patte, incomparables. (Source : philippedanel.com)

    J’aimerais préciser encore que, contrairement à l’impression que ce billet peut donner, le tourneur de page ne se conjugue pas uniquement au masculin. Il existe bien entendu également une version au féminin : la tourneuse de pages donc, qui a même été immortalisée dans le film français de Denis Dercourt, sorti en 2006 et qui a fait partie de la sélection officielle du festival de Cannes 2006. Le titre du film, « La Tourneuse de pages », annonce le biais par lequel l’héroïne, Mélanie, exercera sa vengeance : en tournant les pages de la partition au fur et à mesure de son exécution. Et ce film très bref a le mérite de se tenir à ce seul propos : le récit d'une exécution, vengeance affreuse exercée avec raffinement, un conte cruel qui fait d'autant plus frissonner qu'il oppose deux actrices exactement complémentaires. (Source : lemonde.fr/cinema)

     

    T comme Tourneur (de pages)

    Et depuis peu, cette honorable « corporation » compte même, à l’instar de la langue allemande, un troisième genre, qui n’appartient donc ni au sexe masculin, ni au sexe féminin, mais au groupe « neutre » des tourneurs de pages -électroniques -

    tel le AirTurn, un système qui permet de tourner les pages des partitions musicales affichées sur un écran d'ordinateur à l'aide de deux pédales « sustain » (maintien en anglais) toutes simples et d'un dongle Bluetooth. Le système a été adapté pour l'iPad, qui tiendra facilement sur un porte-partition.

    Ceci dit, j’estime que le moment est venu de tourner la page pour de bon et de passer à autre chose.

    Je vous laisse par contre encore un moment en compagnie du pianiste et comédien Victor Borge et de son tourneur de pages (désolé pour les dialogues en anglais et les sous-titres en néerlandais, mais la scène est suffisamment drôle pour se savourer -  sans commentaires :

    A la prochaine donc !

     


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  • Commentaires

    1
    hamdibey
    Jeudi 21 Mars 2013 à 11:15

    Hello Kilmann, merci j'ai beaucoup apprécié, ton article sur le tourneur de pages,  j'ai passé un bon moment de détente avec la vidéo de Vctor Borge.

    2
    Vendredi 22 Mars 2013 à 00:27

    Merci, hamdibey, pour ton commentaire. Je suis heureux de savoir que le facétieux Victor Borge avec son tourneur de pages un tantinet inexpérimenté ait pu te divertir - moi-même, je trouve cette vidéo simplement excellente. Il faut bien rigoler de temps à temps.

    3
    Dimanche 14 Avril 2013 à 23:55

     Il y a un beau film avec Catherine Frot dont le titre est : La tourneuse de pages : vous l'avez vu ?

     

    4
    Mercredi 17 Avril 2013 à 16:41

    Merci, Nikole, de votre visite et de votre gentil commentaire. Vous pensez bien que je ne pouvais guère omettre la version féminine du "tourneur de pages", ceci d'autant moins qu'il s'agit d'un très beau film. Et si mes tourneurs de pages se broutent et s'emmèlent les pinceaux (pardon, les pages), elle par contre, la tourneuse donc, exerce une vengeance terrible! A voir absolument!

    A propos, ma géolocalisation vous situe à Alfortville. Question indiscrète: y habitez-vous? Je vous demande ça car j'ai vécu quelques années à Maisons-Alfort et les grand-parents de mon épouse ont vécu (dans le temps) à Alfortville!

    Avec mes amitiés.

    5
    Mercredi 17 Avril 2013 à 16:52

    La géolocalisation est toujours approximative, elle tourne autour des lieux concernés véritables, par secteur ; cela dit, j'ai habité Alfortville il y a quelques années, mais maintenant, j'habite pas loin, à Charenton, quasiment au pied du pont, et donc tout près de Maisons-Alfort.
    Amitiés itou.

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