• Je ne pense pas vous apprendre quoi que ce soit de nouveau en vous parlant de la surdité de Ludwig van Beethoven, particularité qu’aucun mélomane digne de ce nom peut ignorer étant donné que chaque biographie, aussi concise qu’elle soit, l’évoque immanquablement; que chaque article qui lui est consacré la mentionne et que les critiques de concert ou de disque se font un devoir de nous la rappeler dans chaque billet concernant une de ses œuvre, en tout cas toutes celles écrites après 1812.

     

    Mais même tous ceux dont la corde sensible ne se met à vibrer qu’aux doux accords de la bonne vieille chanson française, et Dieu sait qu’ils sont légion, n’ont plus aucune excuse de ne pas connaître cette singularité d’un des plus grands compositeurs du  19e siècle, puisque Michel Sardou l’évoque dans une de ces chansons (« Le monde est sourd »), la portant ainsi à la connaissance de tous les fans de France et de Navarre à travers les médias aussi populaires que sont les concerts, la radio, la télévision et le disque.

    S comme Surdité

    Il est vrai pourtant que quelques rares ignorants ont attribué (et continuent à attribuer encore…) cette infirmité à un autre grand compositeur, un certain Bach ! Mais comme il n’existe aucun doute à ce sujet, ni d’un côté, ni de l’autre, eh bien octroyons-leur au moins la belle excuse que la première lettre de leur nom est bien la même, qu’ils étaient allemands l’un et l’autre et que de toute façon, ils sont morts depuis longtemps tous les deux !

    Mais afin de remettre une fois pour toutes les pendules à l’heure –

    Lire la suite...


    votre commentaire
  • Il n’y a pas de refus plus absolu que celui qui aboutit dans l’acceptation ! (kilmann)

     

    R comme Refus

    Photo kilmann

    Dans la vie quotidienne, refuser quelque chose à quelqu’un est une action relativement fréquente, assez banale en sorte et qui souvent ne tire pas à conséquence. Mais il existe des refus aussi qui blessent profondément, qui engendrent des répercussions inattendues, qui sont lourds de conséquence - alors que d’autres représentent de véritables coups de chance !

    Voici un recueil de dénis, d’oppositions et de rejets anecdotiques avec,  parfois les causes, parfois les conséquences, mais toujours du monde de la musique classique :

    Si certaines de ces anecdotes peuvent provoquer un sourire de complaisance, quelques unes par contre laissent véritablement songeur, alors que d’autres encore donnent inévitablement la nausée !

    C’est selon !

    Lire la suite...


    1 commentaire
  • Les querelles, qu’elles soient d’amoureux, de famille, d’ego ou encore de jalousie, avouons-le d’entrée, sont monnaie courante dans la vie de chacun d’entre nous,  Pas étonnant dès lors qu’elles font également partie des livrets d’opéra, ainsi que de nombreuses compositions, au même titre que les scènes de séduction, les évènements inattendus et les moments d’émotion. Car toutes ces situations constituent des éléments d'expression employés par les dramaturges et les compositeurs pour peindre les variations psychologiques des personnages d’une oeuvre, et ne représentent finalement que le miroir  qui renvoie au spectateur l’image de son propre vécu.

    Ces querelles peuvent alors être réalistes, grossies ou caricaturées, byzantines, c’est à dire interminables et sans grand intérêt, constructives ou destructrices, même divertissantes -

    ou alors les prémices de conséquences dramatiques, voire même d’une issue fatale.

     

    Q comme Querelle

    Illustration kilmann

    Lire la suite...


    votre commentaire
  • Tout en restant confiné dans le contexte exclusif de la musique classique, souvent aussi appelée la grande musique et qui a toujours merveilleusement su faire cohabiter le sérieux et la légèreté, j’ai choisi comme sujet principal de ce billet un « accessoire » qui a un rapport très étroit avec les musiciens, alors qu’il n’est quasiment jamais montré sur scène - mais ne désespérons pas, les mœurs évoluent! Un « instrument » avec lequel ou sur lequel on ne joue que très rarement dans la fosse d’orchestre, en tout cas pendant la durée du  concert. Un « outil » pourtant  que tout représentant du sexe fort digne de ce nom emmène constamment avec lui, où qu’il aille, et qui n’a rien à voir avec le conventionnel couteau suisse équipé d’un tire-bouchon.

    En fait, il s’agit de la « chose » que certains désignent en argot comme « La Flûte enchantée », désignation que Mozart en personne aurait parfaitement pu utiliser – lui qui a si souvent employé un mot nettement moins lyrique, qui n’avait pour lui qu’une connotation péjorative très relative puisque c’est ainsi qu’il a non seulement qualifié son patron, le Prince-Archevêque de Salzbourg Hieronymus von Colloredo : Mufti H: C: ein Schwanz (Mufti H : C : une …), mais également, dans la correspondance parfois très libertine échangé avec sa cousine Maria Anna Thekla Mozart, sa propre personne : « Nun leben sie recht wohl, ich küsse sie 10000mahl und bin wie allzeit der alte junge Sauschwanz ». (Au revoir, je vous embrasse 10000 fois et suis comme toujours la vieille jeune ..… de cochon).

     

    Mais au lieu de tourner encore autour du pot et de vous faire parcourir le thésaurus de cette « chose », qui comprends plus de 200 expressions scientifiques, châtiées, argotiques, imagées et vulgaires (c’est dire la place qu’elle occupe dans la vie courante) et dont quelques unes seulement ont un rapport étroit avec la musique, je vais donc appeler un chat un chat -  et le sujet de ce billet par son  vrai nom :

    P comme Pénis

     

    Lire la suite...


    votre commentaire
  • Bien des interprétations ont été qualifiées, par la presse spécialisée, d’orgie orchestrale (la version Ozawa du « Sacre du printemps » de Stravinski par exemple, ou la 5ème Symphonie de Mahler par Bernstein), ou encore d’orgie belcantiste (le récital donné en 2008 par Juan Diego Flórez à Baden-Baden), ceci sans que les œuvres en question fassent pour autant allusion à une débauche quelconque. Dans ce cas, ce terme n’est que le fruit du style fleuri d’un critique musical enthousiasmé et renvoie donc exclusivement aux plaisirs liés à l'audition. Et comme il est impossible de décrire de manière adéquate l’effet que la musique exerce sur nous, sauf par une sorte d’analogie poétique, le terme d’orgie est employé partout là ou on souhaite donner une image de profusion ou d’excès.

    Dans d’autres cas pourtant, et surtout à l’opéra, ce mot qui véhicule son lot d’ambiguïté nous mène aussitôt dans la bonne direction -

    je veux dire sur la mauvaise pente, puisqu’il renvoie à un contenu souvent peu, mais alors très peu innocent. Ainsi, si le « Parsifal » de Richard Wagner est jugé être un opéra à mi-chemin entre la messe et l’orgie, la « Ville morte » d’Erich Korngold par contre est carrément réputée être une orgie chargée de symboles de sexe, de mort et d’obsessions. Une débauche en l’occurrence dont l’issue ne peut être que funeste, et dont l’organisateur n’est autre que le compositeur en personne ! Qui dans bien des cas aura certes œuvré avec la complicité d’un librettiste, alors que ce partage des responsabilités n’enlève absolument rien de sa culpabilité !

    A moins qu’il ait habilement tiré son épingle du jeu avec l’excuse fallacieuse que le tout n’était qu’un rêve !

    O comme Orgie

    Gravure de William Hogarth:

    The Rake’s Progress, the Orgie at the Rose Tavern, 1735

    Prenons alors ce fameux terme d’orgie sous la loupe, tout en rejetant résolument les représentations scéniques de fantasmes lubriques propres à certains metteurs en scène en vogue, qui se plaisent à rajouter la luxure (ne vaudrait-il pas mieux d’utiliser ici le terme de partouze afin de les rejoindre dans la modernité de leur conception ?) là ou elle n’était nullement sensée s’y trouver !

    Lire la suite...


    votre commentaire