• P comme Pénis

    Tout en restant confiné dans le contexte exclusif de la musique classique, souvent aussi appelée la grande musique et qui a toujours merveilleusement su faire cohabiter le sérieux et la légèreté, j’ai choisi comme sujet principal de ce billet un « accessoire » qui a un rapport très étroit avec les musiciens, alors qu’il n’est quasiment jamais montré sur scène - mais ne désespérons pas, les mœurs évoluent! Un « instrument » avec lequel ou sur lequel on ne joue que très rarement dans la fosse d’orchestre, en tout cas pendant la durée du  concert. Un « outil » pourtant  que tout représentant du sexe fort digne de ce nom emmène constamment avec lui, où qu’il aille, et qui n’a rien à voir avec le conventionnel couteau suisse équipé d’un tire-bouchon.

    En fait, il s’agit de la « chose » que certains désignent en argot comme « La Flûte enchantée », désignation que Mozart en personne aurait parfaitement pu utiliser – lui qui a si souvent employé un mot nettement moins lyrique, qui n’avait pour lui qu’une connotation péjorative très relative puisque c’est ainsi qu’il a non seulement qualifié son patron, le Prince-Archevêque de Salzbourg Hieronymus von Colloredo : Mufti H: C: ein Schwanz (Mufti H : C : une …), mais également, dans la correspondance parfois très libertine échangé avec sa cousine Maria Anna Thekla Mozart, sa propre personne : « Nun leben sie recht wohl, ich küsse sie 10000mahl und bin wie allzeit der alte junge Sauschwanz ». (Au revoir, je vous embrasse 10000 fois et suis comme toujours la vieille jeune ..… de cochon).

     

    Mais au lieu de tourner encore autour du pot et de vous faire parcourir le thésaurus de cette « chose », qui comprends plus de 200 expressions scientifiques, châtiées, argotiques, imagées et vulgaires (c’est dire la place qu’elle occupe dans la vie courante) et dont quelques unes seulement ont un rapport étroit avec la musique, je vais donc appeler un chat un chat -  et le sujet de ce billet par son  vrai nom :

    P comme Pénis

     

    Et tenez vous bien quand-même, car afin que ce billet soit à la fois le plus exhaustif et le plus explicite possible, je vous décrirai la « chose » non seulement dans une situation dite « de repos », appelée également « habitus », mais je mentionnerais également l’acte qui consiste à « mettre flamberge au vent ». Et chose plus extraordinaire encore, je vous parlerai finalement de l’état dit « post-mortem » - tout ceci par contre en prenant un maximum de précautions afin de ne pas heurter la sensibilité de certains lecteurs.

    Prenons alors le premier cas qui, comme je le disais précédemment, se réfère à une apparence dite «normale» :

    « L’acteur et danseur argentin Juan Pablo Di Pace, 28 ans, qui joue aux côtés de Meryl Streep et de Colin Firth dans le film « Mamma Mia », avait été engagé en 2001 comme figurant pour les scènes de foule de l’opéra « Rigoletto » de Giuseppe Verdi. Il a alors posé nu pour des photos de promotion qui, 6 ans plus tard, ont été réutilisées à son insu pour la promotion de nouvelles représentations du même opéra au Covent Garden de Londres.

    La plainte que l’acteur a alors déposée par avocat interposé porte sur le fait que cette photo a été altérée et que son pénis a quasiment été masqué à l’aide d’un aérographe.

    Selon un porte-parole du Royal Opera House, Di Pace exprime dans sa lettre son grand embarras au sujet de son pénis qui a été réduit à la partie congrue. « Nous lui avons alors expliqué dans notre correspondance que nous avions des raisons légales pour ce faire, puisque il ne nous est pas permis d’afficher des posters comportant de la nudité. »

    D’après Sky News, un ami fidèle de l’acteur a déclaré que le pénis de Di Pace avait été réduit au moment de la prise de vue et que son vrai pénis n’était de loin pas aussi petit que cela ! Toujours selon cet ami, « il est honteux et embarrassant pour un acteur de 28 ans de voir son corps nu collé sur des panneaux d’affichages dans la rue et dans les stations de métro… alors qu’on a fait n’importe quoi de cet image ».

    Son agent a d’autre part déclaré à Reuters : « Quand il était jeune homme, il a accepté de montrer son « équipement ». Il n’avait pas d’agent, il avait visiblement un beau corps, qui a été utilisé pour la photo et, plutôt naïvement, il a accepté. Mais maintenant, il a 28 ans et il ne demande rien de plus que le remplacement de cette photo, puisqu’il ne fait plus partie de la production. »

    Suite à quoi, le Royal Opera House s’est engagé à ne plus utiliser cette image! » (Source: nzherald.co.nz/opera/news/article - Reuters)

    Voici la photo tant contestée, qui désormais n’ornera plus les fameux bus rouges et autres couloirs du métro de Londres :

    P comme Pénis

     

    La seconde situation semble avoir été assez courante dans les plaines verdoyantes de la Grèce antique, mais depuis, une certaine pudeur (ou une pudeur certaine) s’étant insidieusement incrustée dans nos mœurs, elle ne peut que difficilement être observée par de tierces personnes, puisqu’elle ne se produit presque toujours qu’à l’abri des regards indiscrets, dans l’intimité des chaumières. A moins -

    à moins de se rendre dans une salle de cinéma adéquate - ou mieux encore (mais attention, c’est nettement plus cher), à l’opéra qui, depuis quelques années, essaye de drainer un public devenu exigeant et sélectif avec des scènes dignes des meilleurs films X :

    « Un célèbre acteur de films pornographiques s’est exhibé en 2005 sur la scène dans une nouvelle mise en scène d'Olivier Py, du « Tannhäuser » de Richard Wagner au Grand Théâtre de Genève. « HPG », star française du porno, campe un Minotaure (homme à tête de taureau) dans le ballet du 1er acte, traversant la scène avec un sexe en érection.

    « Garantir chaque soir une absence de panne n'était possible qu'avec un professionnel », a expliqué le metteur en scène français Olivier Py, champion de la communication qui fait mouche.

    Le Grand Théâtre s'est efforcé de prévenir le public par des affiches avertissant que quelques scènes « peuvent heurter la sensibilité de certaines personnes », a souligné le porte-parole de la salle genevoise, François Passard. Il a rappelé que Wagner lui-même avait insisté sur l'aspect érotique du ballet où « les jeunes gens s'entremêlent » par des gestes qui les amènent « au paroxysme de la folie ».

    « HPG », qui aurait à son actif un millier de films, s'est dit ravi de cette première incursion dans le monde lyrique. « Je pourrai dire à mes enfants, si j'en ai un jour, que j'ai été le premier « hardeur » sur une scène d'opéra », a-t-il dit.

    Quant à la musique, l'artiste a avoué qu'il l'écouterait mieux après les représentations. « Je dois trop me focaliser sur mon travail », a-t-il expliqué.

    Coup de génie ou pure provocation?

    Les moments « chauds » du spectacle n'ont apparemment pas suscité l'indignation ou attisé le scandale. Ils avaient pourtant semé le trouble parmi les musiciens et les choristes, lors de répétitions précédentes. Tout au plus, certains spectateurs ont montré un certain manque d'enthousiasme. (Source : info/RSR/ch)

    Or, même si la scène en question, qui ne dure que 60 secondes à peine, est en totale incompatibilité avec notre pudeur innée, cela ne doit pas nous empêcher à nous attarder quelques minutes encore sur ce fameux « Tannhäuser », dans lequel Richard Wagner aborde justement la question inépuisable du choix qui se présente à tout homme d’action, entre sensualité et renoncement, désir et raison, faiblesse et sagesse.

    Tant qu’à choisir, choisissons alors la très belle ouverture dans la version Paris - dans une interprétation émouvante donné par Georg Solti et l’Orchestre Philharmonique de Vienne :

     

    Pour des raisons de pudeur, je fais l’impasse sur la période d’activité frénétique qui se situe entre la scène du Minotaure et l’état que l’on nomme communément la « petite mort ». D’ailleurs, ces séances de galipettes pernicieuses peuvent, parfois, comporter  certains risques. Jugez-en par vous-même :

    « Selon un communiqué de l'agence Reuters daté du mardi 23 janvier 2007, un iguane nommé « Mozart » est actuellement en proie à une érection permanente depuis une séance d'accouplement organisée il y a six jours par le zoo Aquatopia d'Anvers. Il risque l'amputation du pénis si la situation ne s'améliore pas. Cependant, il n'y aura que demi-mâle : même si l'amputation sera finalement inévitable, Mozart pourra encore jouir de ses fonctions reproductrices, puisque les iguanes mâles sont pourvus de deux pénis ». (Source : blog.legardemots.fr/tag/Sexe)

    A ce sujet, je tiens d’ailleurs à rassurer tous les amis des bêtes mélomanes, car à peine un mois plus tard, un communiqué de presse nous a fait savoir que Mozart, malheureuse victime du priapisme, mais heureux propriétaire de deux organes mâle, a dû sacrifier l’une de ses meilleures pièces au scalpel - mais peut à nouveau faire plaisir aux trois femelles avec lesquelles il vit – avec l’autre. (Source: krone.at/Steil/Nach_Penis-Amputation)

    P comme Pénis

    Photo Kilmann

    Bon, admettons que la photo ne représente pas celui que vous croyez et que là, je me suis égaré un tout petit peu. Mais Mozart, qui a tellement bon dos, justifie bien ce petit détour, non ?

    Je prends donc en main (façon de parler, bien sûr) la « chose » suivante qui, entre nous soit dit, n’a sûrement pas toujours fait preuve d’une obéissance totale, malgré tout ce que feu son détenteur a pu raconter pour la postérité :

    « Pendant 23 ans « la chose » se trouvait sur une étagère, dans un récipient rempli de formaldéhyde, au musée Rosenberg de Berlin. « Elle » ressemble un peu à un ver mort contorsionné et est devenu le centre d’un débat fougueux entre musicologues et historiens.

    Mais de quoi est-il question?

    Le Dr. Heinrich Knecht, directeur du musée, est convaincu que « la chose » est tout simplement le reste rétréci du pénis de Niccolo Paganini, le musicien et compositeur souvent évoqué comme étant le plus grand violoniste jamais connu (et grand fornicateur devant l’éternel).

    Mais s’agit-il vraiment de l’arme létale qui a conquise des centaines de femmes pendant les longues et scandaleuses tournées du virtuose dans les années 1830 – ou s’agit-il d’un faux ?

    Knecht lui-même a peu de doutes : « Nous possédons suffisamment de documents qui suggèrent qu’il s’agit bien du bâton du maestro ». D’autres contestent pourtant cette affirmation, en particulier le spécialiste britannique Sir Frank Blimey. « C’est de la foutaise. Si ce genre de recherches est accepté, nous allons être inondés avec les appendices de Mozart, de Beethoven et tout le reste. Je trouve cela répugnant. »

    Contrairement à l’autopsie de Napoléon, qui a révélé un sous-développement des parties génitales et une poitrine qui ressemblait à celle d’une femme, le rapport du médecin légiste qui s’est occupé du corps de Paganini laisse aux musicologues une matière à réflexion plus consistante, car le testicule gauche avait – soit disant - la taille d’un pamplemousse! Les dimensions du reste de l’équipement n’y sont pas mentionnées, par contre l’odeur, qui était tellement intense que le tout était conservé dans trois cercueils jusqu’à ce que une terre consacrée soit trouvée ou l’église ne s’opposera plus à l’enterrement de celui que l’on a souvent nommé « le violoniste du diable ».

    « Maintenant, il n’a plus vraiment l’air d’un séducteur » admet le Dr. Knecht en pointant le doigt vers le pénis de Paganini. Mais n’oublions pas que depuis qu’il est enfermé dans ce récipient, il n’a plus eu droit à aucune activité depuis très longtemps. »

    Mais l’authenticité du pénis du musée Rosenberg est également mise en question par le directeur du musée de la ville de Villefranche, lieu ou Paganini a été enterré en premier. Car Monsieur Perrier prétend posséder - son propre pénis de Paganini! » (Source : rainerlinz.net/rosenberg-archive/fakes)

    Voici le portrait de Niccolo Paganini, alors qu’il était encore en possession de tous ses « moyens » :

     

    P comme Pénis

     

    L’histoire suivante par contre peut parfaitement se résumer dans le slogan publicitaire « Un peu de douceur dans un monde de brutes » :

    Le nom de « Pierrot le Fou » vous rappelle-il quelque chose ?

    Il y a bien sûr Pierre Bodein qu’on surnomme ainsi, accusé de 3 meurtres précédés de viols et condamné en 2007 à la prison à vie. Mais ce n’est pas de lui que je veux parler.

    Ensuite, il y a eu le film du même nom, réalisé par Jean-Luc Godard en 1965, avec Jean-Paul Belmondo et Anna-Karina, mais dont l'histoire n’a évidemment rien à voir avec Pierre Bodein, et qui est également sans rapport aucun avec celle qui suit.

    Non, l’histoire de Pierre Loutrel (1916-1946), le vrai « Pierrot le Fou », le premier ennemi public N° 1 français et l'un des meneurs du Gang des tractions, la voici :

    « Pierrot le Fou » s’est rapidement distingué par des petits larcins avant de profiter de l'Occupation allemande pour développer ses activités criminelles. Membre de la Carlingue, la Gestapo française, il s’est forgé durant cette époque une réputation de meurtrier au sang-froid en multipliant les exécutions sommaires. Il a notamment réglé ses comptes avec la pègre de l'époque, puis a mis en place son propre réseau. Mais peu à peu, ses dérapages répétés l’ont  rendu trop encombrant aux yeux de la Gestapo. Sentant le vent tourner, « Pierrot le fou » a alors décidé de rejoindre la Résistance. Il a fait parler de lui lorsqu'il a abattu un officier allemand à la terrasse d'un café de Toulouse.

    À la Libération, il a renoué avec le grand banditisme, menant des activités de racket et de proxénétisme, et s’est rapidement taillé une réputation de caïd sans scrupule. Avec son équipe, il a formé le célèbre Gang des tractions, spécialisé dans les braquages menés à bord de Citroën 15/six, les fameuses tractions Avant.

    Poursuivi par l’inspecteur de police (et auteur de 28 livres) Roger Borniche, le gang a en partie été démantelé après la rafle de Champigny. La séparation devenait inévitable et « Pierrot le fou », considéré dans le milieu comme un dangereux individu incontrôlable, s’est retrouvé isolé et condamné à des petits braquages.

    En 1946, Pierrot s’est malencontreusement tiré une balle dans la vessie durant le braquage d'une bijouterie parisienne, avenue Kléber, après avoir tué le commerçant d'origine arménienne. Il a succombé à ses blessures peu après. Mais on n’a retrouvé son corps, enterré par ses complices, que trois ans plus tard !

    Alors tenez-vous bien, car ce qu’une certaine dame au moins savait forcément depuis longtemps, mais qu’elle a tenu secret, (ou étaient-elles même plusieurs à le savoir ?), le médecin légiste l’a enfin mis au grand jour :

    Sur le pénis de « Pierrot le Fou » étaient tatouées quelques notes de musique avec l'inscription « La flûte enchantée », promesse de délices mozartiennes à celles qui voulaient y goûter. (Source : Wikipedia + Figures d’exclus, Alphonse Boudard: Le Tricard, Magazine littéraire N° 334, juillet-août 1995).

     

    P comme Pénis

    Pierrot le Fou

    Puis, pour faire plaisir à tous les fervents fans de football, que rien n’empêche d’ailleurs d’être également de fervents mélomanes, voici une histoire dans laquelle un pénis mal placé par un chanteur d’opéra a contribué à la victoire de l’équipe croate :

    « Lors du match Croatie/Angleterre de mercredi dernier, le ténor britannique qui a entonné l'hymne national croate s'est emmêlé dans les paroles, déclenchant l'hilarité de l'équipe et contribuant à sa victoire.

    Les joueurs de l'équipe nationale de football croate ont encore les larmes aux yeux quand ils évoquent la prestation de Tony Henry, un chanteur d'opéra, le soir de la rencontre. Les fans sont d'ailleurs formels, cette gaffe a permis aux joueurs de se détendre et de remporter la victoire contre l'Angleterre, qu'ils ont battue 3-2.

    Il faut dire qu'il y avait de quoi rigoler. Le chanteur était censé dire : « mila kuda si planina », en français : « Vous savez, ma chère, à quel point nous aimons nos montagnes ».

    Sauf que Tony Henry a entonné : « mila kura si planina », ce qui peut se traduire de deux manières : « Cher pénis, tu es une montagne » ou « Ma chère, mon pénis est une montagne»!

    Les joueurs croates dont Vedran Corluka de Manchester United ou Luka Modric, qui est à Arsenal, ont échangé des regards goguenards quand ils ont entendu leur hymne involontairement détourné de cette manière.

    Les fans de l'équipe croates ont émis l'idée, sur le forum internet de l'équipe, de décorer Tony Henry de la médaille de l'honneur ! » (Source: mon-blog.rmc.fr/261786/la-Croatie-bat-l-Angleterre-grace-a-un-penis-dans-l-hymne-national)

     

    P comme Pénis

    Tony Henry en butte aux les finesses de la langue croate

    D’ailleurs, en parlant de sport, vous savez certainement que dans certaines disciplines, les athlètes, soucieux de préserver leurs bijoux de famille de certains coups bas, portent une coquille.

    Ainsi que les danseurs de ballet, bien que ce ne soit pas tout à fait pour la même raison.

    Mais la coquille est également une erreur de composition en typographie, et à ce sujet, j’ai un très bel exemple à vous présenter, aussi amusant  que sacrilège :

    Le « Penis Angelicus », chanté par Luciano Pavarotti (et Sting), proposé par le site Grooveshark.

    Il s’agit évidemment du « Panis Angelicus », l’un des 3 hymnes liturgiques de saint Thomas d’Aquin, arrangé pour ténor, orgue harpe et violoncelle et incorporé  dans sa Messe à trois voix par le compositeur César Franck.

    A bientòt.


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