• O comme Orgie

    Bien des interprétations ont été qualifiées, par la presse spécialisée, d’orgie orchestrale (la version Ozawa du « Sacre du printemps » de Stravinski par exemple, ou la 5ème Symphonie de Mahler par Bernstein), ou encore d’orgie belcantiste (le récital donné en 2008 par Juan Diego Flórez à Baden-Baden), ceci sans que les œuvres en question fassent pour autant allusion à une débauche quelconque. Dans ce cas, ce terme n’est que le fruit du style fleuri d’un critique musical enthousiasmé et renvoie donc exclusivement aux plaisirs liés à l'audition. Et comme il est impossible de décrire de manière adéquate l’effet que la musique exerce sur nous, sauf par une sorte d’analogie poétique, le terme d’orgie est employé partout là ou on souhaite donner une image de profusion ou d’excès.

    Dans d’autres cas pourtant, et surtout à l’opéra, ce mot qui véhicule son lot d’ambiguïté nous mène aussitôt dans la bonne direction -

    je veux dire sur la mauvaise pente, puisqu’il renvoie à un contenu souvent peu, mais alors très peu innocent. Ainsi, si le « Parsifal » de Richard Wagner est jugé être un opéra à mi-chemin entre la messe et l’orgie, la « Ville morte » d’Erich Korngold par contre est carrément réputée être une orgie chargée de symboles de sexe, de mort et d’obsessions. Une débauche en l’occurrence dont l’issue ne peut être que funeste, et dont l’organisateur n’est autre que le compositeur en personne ! Qui dans bien des cas aura certes œuvré avec la complicité d’un librettiste, alors que ce partage des responsabilités n’enlève absolument rien de sa culpabilité !

    A moins qu’il ait habilement tiré son épingle du jeu avec l’excuse fallacieuse que le tout n’était qu’un rêve !

    O comme Orgie

    Gravure de William Hogarth:

    The Rake’s Progress, the Orgie at the Rose Tavern, 1735

    Prenons alors ce fameux terme d’orgie sous la loupe, tout en rejetant résolument les représentations scéniques de fantasmes lubriques propres à certains metteurs en scène en vogue, qui se plaisent à rajouter la luxure (ne vaudrait-il pas mieux d’utiliser ici le terme de partouze afin de les rejoindre dans la modernité de leur conception ?) là ou elle n’était nullement sensée s’y trouver !

    Une orgie, romaine en l’occurrence, nous la trouvons déjà dans le 3ème plus vieil opéra à survivre intact, « L’incoronazione di Poppea », attribuée à Claudio Monteverdi (1567-1643). En effet, le livret qui emprunte son sujet à l’histoire et non pas à la mythologie, place Néron au centre d’une intrigue qui se joue dans l’antique Rome en l’an 62 après J.C. Cet opéra emblématique du célèbre Festival de Glyndebourne, qui l’a ressuscité en 1962 alors qu’il a été créé 1643 déjà, est très probablement une œuvre collective, dont la musique a été écrite en grande partie par des disciples de Monteverdi, et dont celui-ci aurait simplement supervisé le travail.

    Le livret de Gian Francesco Busenello, dont l’hypocrisie romaine et la conscience de la décadence des temps sont deux des thèmes principaux, est d’une violence rare, n’hésitant pas à mettre en avant des personnages formidablement déplaisants et ambigus, où il n’est question que de sexe et de trahison, de travestis et d’orgies. Il évoque, en une courte succession de tableaux, intrigues politiques et amoureuses, sentiments vils et sublimes, tragédie sanglante et comédie satirique, le tout étant dominé par un cynisme et une amoralité qui n’épargnent absolument aucun personnage. (Source : ecoles.cfwb.be/argattidegamond + Wikipedia)

    Voici l’air d’Ottavia « Disprezzata regina », chanté par la mezzo-soprano Tamara Mimford, dans la production du Festival de Glyndebourne de 2008, sous la direction d’Emmanuelle Haïm :

     

    Un autre compositeur, français d’origine italienne et de la période baroque, est resté étroitement et à tout jamais lié à un scandale provoqué par des orgies -

    non pas celles qu’il a mis en musique, mais bel et bien celles auxquelles il a participé en personne :

    À la fin de 1662, la rumeur a couru à Paris qu’un certain Chausson offre à ses amis, dont Jean-Baptiste Lully (1632-1687), des «fêtes romaines», c’est à dire des orgies avec de jeunes garçons. Le clan des dévots a réclamé au roi un châtiment exemplaire. Louis XIV détestait les homosexuels, mais il était embarrassé par son frère, qui affichait ses nombreux amants, au vu de sa femme, la princesse Palatine, et au su de toute la Cour. Pressé par les dévots, le roi a voulu faire un exemple. La police a donc effectué un flagrant délit. Chausson a été surpris au lit avec un jeune noble, page du prince de Conti. Le page a été emprisonné et fouetté et Chausson brûlé en place de Grève, à l’âge de 20 ans !

    Une chanson a alors couru Paris :

    « Je suis ce pauvre garçon / Nommé Chausson / Si l’on m’a rôti / À la fleur de mon âge / C’est pour l’amour d’un page / Du prince de Conti. »

    Lully a jugé prudent de faire taire les rumeurs qui couraient sur son compte. Après tout il n’était qu’un roturier, pas assuré de la protection du roi, comme les grands seigneurs qui eux étaient intouchables. Il s’est décide à donner le change, et le 24 juillet 1662, a épousé Madeleine Lambert, fille du maître de la Musique de Chambre. La femme de Lully était très amoureuse, et, au début de leur mariage elle s’est montrée fort jalouse des amours masculines de son mari. Lully lui a fait trois garçons et trois filles… alors seulement, elle s’est résignée. Ensuite peu assidu auprès de sa femme, Lully s’est affiché avec une fausse maîtresse : la claveciniste Mademoiselle Certain.

    La mère de cette jeune fille était une véritable maquerelle qui exigeait sans cesse des sommes d’argent en échange de son silence. Après une dispute, elle a écrit au roi pour dénoncer Lully. Elle a affirmé avoir vu le compositeur au lit avec un jeune page nommé Brunet qui logeait chez lui et auquel il témoignait « une grande affection », sans se cacher de sa femme et de ses enfants. Le roi a envoyé sa police chez Lully. Un instant le compositeur s’est cru perdu, mais les deux sergents ont seulement eu l’ordre d’emprisonner le jeune Brunet. Craignant la torture, le jeune garçon a tout avoué: il a raconté les « orgies romaines », nommé les grands seigneurs qu’il y a rencontrés, dont le propre fils du lieutenant de Police, M. de Seignelay. Et c’est ce qui a sauvé Lully !

     Le scandale était trop grand, il aurait éclaboussé trop de monde à la Cour. Le roi a donc décidé d’étouffer l’affaire, mais, en privé il a admonesté Lully –

    avant de lui promettre d’oublier ! (Source : Michel Larivière, historien : On vous l'a caché à l'école. Extrait de Têtu)

    Tout est donc bien qui finit bien – mais pour autant qu’on s’appelle Lully !

     

    O comme Orgie

    Jean-Baptiste Lully

    Or Lully disparu, un autre compositeur français a aussitôt pris la digne relève, quoique avec une orientation différente :

    A la mort de Lully, en 1687, le jeune André Campra (1660-1744) approchait la trentaine et il avait la tête remplie de possibilités théâtrales inexploitées. Sa carrière a débutée à l’église, avec une série de postes en province. A la cathédrale de Toulouse, ses penchants pour l’opéra ont commencé à offenser la sensibilité de ses supérieurs cléricaux. Quelques mois après un scandale qui a impliqué une fille et quelques membres de son chœur, Campra s’est alors rendu à Paris pour un congé de quatre mois, probablement dans le but de s’améliorer et de devenir plus apte à rendre service à l’église ! Campra rongeait son frein dans la capitale, mais au lieu de retourner à Toulouse, il a réussi, en 1694, à être élu au poste prestigieux de maître de musique à Notre-Dame-de-Paris. Vers 1697, il a commencé à se tourner vers le théâtre, toutefois, son opéra-ballet « L’Europe Galante » a scandalisé ses employeurs de l’église à tel point qu’il s’est vu obligé de l’éditer d’abord sous un pseudonyme. D’autres œuvres ont suivi, dont « Les fêtes vénitiennes » ou encore « Tancrède et Idoménée ». Il a atteint la célébrité, a officié à l'Académie royale de musique et à la chapelle royale de Versailles et, à partir de 1720, est retourne à la musique religieuse pour lui consacrer l’essentiel de son œuvre. Ses Grands Motets lui ont même assuré une situation très confortable -

    mais n’empêche que Campra est toujours resté Campra !

    O comme Orgie

    André Campra

    On rapporte qu’au mois de juin 1731, à l’âge de 71 ans, il a participé à l’orgie du magasin de l’Opéra, en invitant les belles callipyges (on connaît même leurs noms, qui en disent long sur leur vertu : la Camargo, la Pélissier, la Duval et la Bulle) à ôter les drapés cachant leurs divines courbes charnelles -

    ceci afin de pouvoir juger de la plus belle paire de fesses !

    Voici ce à quoi cette scène a pu ressembler :

    O comme Orgie

    La toilette intime

    François Boucher, 1741

    En ce faisant, et probablement à force de trop se pencher en avant, Campra a perdu ses lunettes !

    Or, puisque la chose la plus curieuse dans cet évènement paraît être la perte des lunettes, il s’agit probablement bien plus du commérage d’une langue de vipère de la cour de Versailles que du reflet des penchants libertins d’un septuagénaire ! (Source : bbc.co.uk/programmes + Mélanges historiques, satiriques et anecdotiques de M. de B… Jourdain)

    Détail piquant : deux des 5 déesses, la Pélissier et la Petitpas, étaient connues comme chanteuse de second plan à l’opéra, et la troisième, la danseuse Camargo, qui avait 21 ans à ce moment là, était la sœur de Jean-Baptiste Cupis, un des grands violonistes et compositeurs de l'époque !

    Ce qui prouve bien que grande musique et petite vertu peuvent coexister en toute harmonie ! 

    Quant aux œuvres de Georg Friedrich Haendel (1685-1759), plusieurs d’entre elles évoquent une orgie, notamment ses oratorios. Par contre, ce genre d’œuvre, sans mise en scène, ni décor ni costumes, laisse les amateurs de scènes croustillantes carrément sur leur faim. Malgré le fait qu’il se soit distingué en insistant fermement sur une présentation de ses oratorios au théâtre et non pas à l’église, il s’est toujours résolument distancé des représentations théâtrales, qui seules donnent pourtant la pleine valeur à certaines scènes, telles que l’orgie et le rêve de « Belshazzar », expressément conçues pour la scène. Et en ce faisant, il s’est encore mis à dos l’opinion des gens croyants, qui criaient au sacrilège contre le fait de présenter des sujets pieux sur scène. Mais Haendel a continué à affirmer qu’il ne composait pas pour l’église, mais pour le théâtre ; un théâtre libre. (Source: archive.org/stream/worldofgreatcomp)

    En voici quelques exemples :

    Dans l’oratorio « Belshazzar », composé en 1744 et mêlant récit sacré et fresque historique profane, qui montre l'effondrement de l'empire de Babylone et constitue une leçon sur la fragilité des empires, le roi Belshazzar donne une grandiose fête pour ses nobles et tous les gens importants de Babylone ; fête qui tourne en une bacchanale avec toutes ses femmes !

    Ce qui fait dire à Cyrus, Prince de perse et l’un des protagonistes de la pièce :

    « N'as-tu point dit

    que c'était la fête consacrée à Susach ?

    Et que les Babyloniens passaient la nuit

    en orgies de boisson et de débauche ? »

    Dans l’opéra (ou oratorio) « Semele », qui date également de 1744 et qui est basé sur le mythe classique de Sémélé, mère de Dionysos, Cupidon clôt le spectacle dans une orgie qui nous plonge dans l’ivresse dionysiaque des Bacchanales.

    Or « Semele » a été mal accueilli par le public, Haendel a cédé aux critiques et remanié l’œuvre en insérant des airs en italien (pour satisfaire le peuple) et en supprimant des lignes sexuellement explicites (pour plaire aux croyants). Deux représentations supplémentaires ont eu lieu, puis Semele est tombé dans un très long sommeil dont on ne l’a réveillée que deux siècles plus tard seulement! (Source : Wikipedia)

    De façon générale, il faut reconnaître que l’oratorio est de nature ambivalente, car il s’agit d’un spectacle qui est par définition édifiant et divertissant à la fois. Quoi de plus logique alors pour Haendel que de répercuter cette ambivalence dans le choix des oxymores, c’est-à-dire des figures de style, qui d’ailleurs y prolifèrent à souhait?

    Alors, dans l’oratorio « Judas Maccabaeus », écrit en 1747, Haendel évoque même l’inconcevable en rapprochant, en un oxymore, deux termes (un nom et un adjectif) que leur sens devrait éloigner, dans une formule en apparence totalement contradictoire, à savoir les « Orgies pieuses » :

    « Pious orgies, pious airs,

    Decent sorrow, decent pray'rs,

    Will to the Lord ascend, and move

    His pity, and regain His love. »

    (Source : books.google.com/books: Haendel et ses oratorios, des mots pour les notes + Wikipedia)

    Et c’est ainsi précisément que se traduit tout le génie de Haendel qui, en observateur des passions humaines comme nul autre, réussit à exprimer la vérité la plus intime des caractères, l'ambivalence, la contradiction, la nature multiple des personnages.

    O comme Orgie

    Georg Friedrich Haendel

    Mais alors qu’il est aisé, dans un opéra qui représente sur scène l’action en question, ou même dans un oratorio qui en somme « joue autant sur les mots que sur la musique », de reconnaître une orgie, ceux par contre qui ne sont pas initiés à l’art (et aux secrets) de la composition n’auront toujours qu’une idée extrêmement vague de la débauche que son auteur a décrit dans une œuvre orchestrale. A moins que le compositeur ait eu l’extrême obligeance d’établir un programme de l’œuvre afin qu’il serve de guide aux innombrables mélomanes néophytes ! Ce qui, hélas, n’est pas toujours le cas.

    Pourtant, les orgies sont populaires dans la musique, et il y en a pour tous les goûts, aussi bien grecques, romaines, païennes, alimentaires, sexuelles ou même infernales :

    La « Symphonie fantastique » de Hector Berlioz (1803-1869), dont le titre original est « Épisode de la vie d’un artiste, symphonie fantastique en cinq parties », tombe dans plusieurs de ces catégories, avec des drogues et un sabbat infernal de sorcières basé sur le thème du Dies Irae. Cette œuvre est basée sur un récit autobiographique (ce que Berlioz niera à la suite résolument) et a été composée dans le but de conquérir la jeune actrice irlandaise Harriet Smithson, dont Berlioz était follement tombé amoureux.

    Dans la cinquième partie, appelée « Songe d'une Nuit de Sabbat », il (Berlioz) se voit au sabbat, au milieu d’une troupe affreuse d’ombres, de sorciers, de monstres de toute espèce, réunis pour ses funérailles. Bruits étranges, gémissements, éclats de rire, cris lointains auxquels d’autres cris semblent répondre. La mélodie aimée reparaît encore, mais elle a perdu son caractère de noblesse et de timidité; ce n’est plus qu’un air de danse ignoble, trivial et grotesque : c’est ELLE qui vient au sabbat... Rugissement de joie à son arrivée... Elle se mêle à l’orgie diabolique... Glas funèbre, parodie burlesque du Dies irae, ronde du Sabbat. La ronde du Sabbat et le Dies irae ensemble.

    Voici le 5ème mouvement « Larghetto, Allegro » avec le glas funèbre, interprété par l’Orchestre National de France sous la direction de Leonard Bernstein :

    Quant au dernier mouvement de la symphonie avec alto principal « Harold en Italie », appelé « L’orgie de brigands », Berlioz décrit dans ses mémoires la scène comme « une furieuse orgie où vin, sang, joie et rage sont combinés. Les cuivres semblent vomir des imprécations et de répondre aux prières avec des blasphèmes; on y rit, boit, se bagarre, détruit, tue, viole et court littéralement l’émeute ». Et comme Berlioz savait que dix minutes de chahut impitoyable et pompeux serait sans effet, il ajoutait une vision supplémentaire où « violons, basses, trombones, tambours et timbales chantaient et percutaient et grondaient avec un ordre et une concordance diabolique. » Toutefois, Berlioz débute la fiévreuse culmination avec une touche brillamment contrastante - un doux trio de cordes derrière les coulisses qui rappelle nostalgiquement la paisible marche des pèlerins avant que la ripaille prenne le dessus.

    Cependant, il est important de savoir que Berlioz a utilisé le mot « orgie » dans  un sens cultuel et non pas selon la signification moderne. (Source : classicalnotes.net/classics2/harold + Wikipedia)

    Pour « L’orgie des brigands », j’ai choisi Sir Colin Davis qui, bien qu’Anglais, a toujours eu une passion toute particulière pour Hector Berlioz, dont il a enregistré la première intégrale de l'œuvre. L’alto principal est joué par Tabea Zimmermann, qui est accompagnée ici par l’Orchestre Symphonique de Londres :

     

     

    Alors qu'il s'agit clairement d'une bacchanale grecque, Richard Wagner (1813-1893), dans « Tannhäuser », a placé la grotte de Vénus en Allemagne. Les indications de Wagner pour le ballet d'ouverture « Venusberg » stipulent : « une grotte rocheuse, avec naïades qui se baignent, des sirènes qui se reposent, des nymphes qui dansent. Vénus doit être couchée sur un divan, baignée dans une lumière rose, pendant que Tannhäuser - un chevalier de la croisade - blottit sa tête sur ses genoux. Les danseurs atteignent le sommet de l'excitation orgiastique. » (Lors de la première parisienne, des castagnettes et des timbales supplémentaires avaient été ajoutées, peut-être pour pimenter un peu cette orgie qui paraissait un brin trop teutonique !).

    Dans « Tristan et Iseut » par contre, Wagner tue son héroïne avec un immense orgasme musical, provoqué uniquement par la vue du corps de son amant. (Source : Classic CD  août 1994).

    Clara Schumann, de passage à Munich, a assisté à une représentation de « Tristan et Iseut », et ses observations sont sans appel :

    « C'est ce que j'ai entendu dans ma vie de plus antipathique. Être obligée de contempler et d'entendre toute une soirée une pareille aberration d'amour qui révolte en nous tous les sentiments de moralité, et voir non seulement le public, mais les musiciens en extase, c'est ce qui m'est arrivé de plus triste encore dans ma vie d'artiste. J'ai tenu bon jusqu'à la fin. Je voulais avoir tout entendu. Pendant tout le deuxième acte, les deux comparses dorment et chantent. Pendant tout le dernier, Tristan meurt. Cela dure quarante minutes et ils appellent cela dramatique !!! » (Source : google.com/operacritiques.free.fr/css/images/wagner)

    En quoi les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas !

    O comme Orgie

    Richard Wagner

    Dans le second tableau du 3ème acte de « Samson et Dalila » de Camille Saint-Saëns (1835-1921), le Grand-Prêtre, Dalila et les Philistins participent à une fête orgiastique, qui trouve son point culminant dans un ballet bacchanal. Samson, traîné de force dans le temple, humilié par Dalila et les prêtres, prie Dieu de lui rendre ses forces et provoque l’écroulement du temple ainsi que la mort de toute l’assistance – issue terrible d’une orgie païenne sur fond de mélodies orientales – et d’une histoire d’amour fascinante. (Source : Wikipedia)

     

    Voici cette Bacchanale, produite par Robert Swedberg (ancien directeur général de l’Opéra d’Orlando), dansée par la troupe VarieTease sur une chorégraphie de Blue. Bien que les costumes soient conventionnels comme ce n’est pas permis pour une Bacchanale, l’érotisme dégagé semble être suffisant pour faire tousser plus d’un spectateur !

     

    Le poème symphonique « Une nuit sur le mont chauve » de Modeste Moussorgski (1839-1881) existe au moins en deux versions, dont l’une date de 1867 et la seconde, arrangé par Nikolai Rimski-Korsakov, de 1886. Le titre initial était « Nuit de la Saint-Jean sur le mont Chauve ».

    L'œuvre a ensuite été retravaillée encore plusieurs fois par le compositeur ; il en a fait une version chorale en 1872, puis un interlude orchestral de l'un de ses opéras en 1873. De cette troisième version, Nikolaï Rimski-Korsakov a encore fait une réorchestration en 1908 et c'est cette dernière finalement qui reste la plus jouée.

    De surcroit, il existe deux versions orchestrées par le chef d'orchestre Leopold Stokowski, dont la très populaire version qui a été utilisée dans le film d'animation de 1940 de Walt Disney « Fantasia », où le final se mêle à l’Ave Maria de Franz Schubert.

    La musique suit un programme établi : Voix souterraines, apparition des esprits des ténèbres puis de Chernobog (divinité des ténèbres dans la Russie païenne) - Adoration de Chernobog - Sabbat des sorcières (avec l’inévitable orgie) - Alors que la débauche bat son plein, on entend dans le lointain la cloche de l'église égrener les heures - Les apparitions s’évanouissent - Aube naissante.

    Cette œuvre, déjà considérée comme une pure orgie instrumentale en soi, décrit de surcroit une orgie dans le « sabbat des sorcières » ; partie pour laquelle Moussorgski a donné les explications suivantes dans une lettre destinée à Rimski-Korsakov :

    « Les sorcières avaient l’habitude de se réunir sur le Mont Chauve, où elles s’amusaient en attendant leur maitre Satan. A son arrivée, sous l’apparence d’un bouc, elles se réunissaient autour de son trône et chantaient ses louanges. Une fois satisfait de cette célébration, Satan se transformait alors et ordonnait de commencer le sabbat, pendant lequel il choisissait quelques sorcières qui avaient éveillé son intérêt. »

    Et il terminait sa lettre en exprimant le vœu, en cas d’exécution de cette œuvre, de pouvoir décrire le contenu dans le programme, afin que l’auditeur puisse en prendre connaissance. (Source : fr.calameo.com/read)

    O comme Orgie

    Modeste Moussorgski

    La symphonie « Manfred » a été une débauche bien avant l’heure - une débauche de protagonistes en tout cas : se basant sur le drame en vers du poète Lord Byron, le critique d’art russe Vladimir Stasov a ébauché un programme pour une symphonie, pour laquelle il a sollicité Mili Balakirev. Ce dernier a proposé la composition à Hector Berlioz, qui a décliné pour des raisons d’âge et de santé et devait décéder l’année suivante. Quelques années plus tard, Balakirev qui s’est comme à son habitude comporté en chef de groupe a alors proposé le même schéma, pourtant considérablement modifié par ses soins, à Piotr Ilitch Tchaikovski. Et bien que Tchaikovski n’aimait pas du tout le programme élaboré par Balakirev, il s’est pourtant soumis au jeu proposé par son mentor !

    Le finale de « Manfred », imaginé par Stasov, est un « allegro sauvage et débridé », et c’est précisément ce que Tchaikovski a créé. La scène est une orgie infernale dans le palais souterrain du Démon. Manfred, tourmenté par les torts qu’il a faits à Astarte, sa bien-aimé, apparaît et s’adresse à l’esprit de celle-ci, qui lui prédit la fin de ses tourments terrestres. Manfred meurt et trouve la paix. (Source : Classic CD  août 1994).

    Voici la première partie de l’allegro con fuoco, interprété par le Oslo Philharmonic Orchestra sous la direction de Mariss Jansons (1986)

     

    Préalablement appelé « Poème orgiaque », le « Poème de l’Extase » d’Alexandre Scriabine (1872-1915)  a été écrit et composé entre 1904 et 1907. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’avec ses références divines aussi bien qu’érotiques, ce long mouvement musical floue véritablement les limites entre sexualité et religiosité. (Source : passculture.crous-montpellier.fr/les-coulisses-d-un-concert)

    En quête de tranquillité et désirant se consacrer pleinement à la composition, Scriabine a quitté la Russie au début de l’année 1904 pour s’installer à Vézenas, petit village près de Genève, avec son épouse Véra et ses enfants. C’est là que s’est concrétisé le plan d’un Poème orgiaque auquel il allait consacrer quatre années, non sans interruptions. Il a rédigé d’abord, en russe, le poème littéraire tout en travaillant aux premières esquisses de la partition, initialement conçue comme une symphonie à programme en quatre mouvements, dans le prolongement de la troisième Symphonie, intitulée « Divin Poème », qui mettait déjà en scène un « Homme-Dieu » aux prises avec des forces hostiles.

    Le poème, achevé au printemps de 1906, a été confié à un éditeur genevois après que le compositeur a modifié in extremis le titre originel en « Poème de l’extase ». Le travail sur la partition, désormais en un seul long mouvement, s’est poursuivi à Bogliasco (Italie) où Scriabine avait rejoint sa maîtresse Tatiana de Sansévitch, puis en Suisse, après l’intermède d’une tournée aux Etats-Unis. Alors que l’orchestration a été achevée à Lausanne au début du mois de décembre 1907, la première audition, prévue à Saint-Pétersbourg, a dû être annulée, le chef et son orchestre se révélant incapables de comprendre et de jouer une musique si nouvelle.

    L’œuvre atteint en ses dernières mesures à une puissance peu commune, avec l’intervention de l’orgue, resté muet jusqu’alors. Grandiose et extatique, cette fin évoque - de pair avec les dernières strophes du poème - la victoire et l’extase finale de l’esprit, auquel tous les éléments sont désormais soumis. (Source : web2.radio-france.fr/chaines/orchestres)

    L’extrait suivant (3/3) est interprété par le Chicago Symphony Orchestra sous la direction de Pierre Boulez :

     

    Mais si jamais (car on ne sait jamais) votre seul et unique critère de recherche devait être l’orgie, aussi bien en matière de thème, de sonorité orchestrale et d’interprétation, alors voici ce qu’il vous faut pour atteindre le nirvana orgiastique à votre tour :

    Alexandre Scriabine: « Le Poème de l'extase », Op.54

    (+Rimski-Korsakov, Balakirev, Mussorgsky)

    Philharmonia Orchestra

    Sir Eugene Goossens

    Kingsway Hall, London, 13 & 14 February 1956

    Pourquoi précisément cette version ?

    Eh bien tout simplement parce que cet enregistrement, d’une très belle qualité d’interprétation, magnifiquement joué, enregistré en stéréo et remasterisé, d’une œuvre qui est considéré comme une véritable orgie musicale, qui de surcroit décrit une orgie -  est dirigé par Sir Eugene Goossens.

    Et pourquoi Goossens plutôt qu’un autre ? 

    Parce que Goossens, ensemble avec Leopold Stokowski, Albert Coates (et plus récemment Pierre Boulez), a toujours fait partie de la défense enthousiaste des chefs d’orchestre qui a assuré au « Poème de l’Extase » une place durable dans les salles de concert.

    Et aussi parce que Goossens est un chef d’orchestre qui a apporté à cette interprétation (et à bien d’autres d’ailleurs) son propre vécu des orgies !

    Mais jugez-en par vous-même :

    D’ascendance franco-belge, la carrière d’Eugene Goossens (1873-1962), commencée comme violoniste du rang puis assistant de Sir Thomas Beecham, s’est développé surtout aux Etats-Unis ou il a dirigé l’Eastman Rochester Orchestra avant de succéder à Fritz Reiner de 1931 à 1946 à Cincinatti puis de devenir la plus importante figure de la vie musicale australienne, chef du Sydney Symphony Orchestra, directeur du conservatoire national et initiateur du projet qui devait aboutir à la construction de l’opéra.

    Goossens était un homme célèbre, en tant que chef d’orchestre du Cincinatti Symphony Orchestra pendant la seconde guerre mondiale, il a commissionné la « Fanfare for the Common Man » d’Aaron Copland. A son arrivé en Australie, il gagnait mieux que le premier Ministre et c’est lui qui a lancé la carrière que l’on sait de la jeune Joan Sutherland.

    Mais des rumeurs au sujet de son intérêt inhabituel pour l’occultisme ont commencé à circuler. Un journaliste du Sydney Sun a dérobé et révélé sa correspondance passionnée avec la sulfureuse Rosaleen Norton, surnommée la Sorcière de Kings Cross, adepte de démonologie et d'orgies tout court. A l’aéroport de Sidney, en mars 1956, les douaniers ont intercepté les bagages de Goossens et y ont trouvé plus de 1000 photos pornographiques, des films, des livres et trois masques en caoutchouc. Le scandale qui s’en est suivi a détruit, en quelques semaines, sa carrière, son mariage et sa réputation. Les journalistes ont surveillé chacun de ses pas et son épouse s’est retiré dans un couvent en France.

    Et comme on pouvait s’y attendre, un tel scandale a éveillé l’intérêt des dramaturges, écrivains et compositeurs : une pièce de théâtre, une nouvelle et un opéra « Eugene & Roie » sont basés sur cette histoire.

    Selon le compositeur Drew Crawford, auteur de « Eugene & Roie », la véritable tragédie réside dans le fait que Goossens n’a jamais pu concilier cette partie de sa vie avec les éléments qui lui ont assuré son statut et sa position, sa vie de chef d’orchestre. « Eugene a continué ces pratiques occultes parce qu’il était persuadé qu’elles rendaient sa vie vivable, qu’elles étaient la source de sa créativité ! » (Source : lashtal.com/nuke)

    O comme Orgie

    Eugene Goossens

    Au même titre que Berlioz et Saint-Saëns, Maurice Ravel (1875-1937) prouve, avec la symphonie chorégraphique pour orchestre et chœurs sans paroles « Daphnis et Chloé », que les Français sont – musicalement parlé – le peuple qui sait le mieux ce qui fait une bonne orgie ! Par contre, il faut écouter le ballet complet, non pas seulement les suites, afin de pouvoir savourer le chœur sans paroles, crucial pour la conclusion extatique. L'oeuvre de Ravel est basée sur une romance pastorale du poète grec Longus : Daphnis, un berger, et Chloé, sa maitresse, sont amenés de l'innocence à l'expérience par le dieu Pan, qui leur apprend l'art de faire l'amour. (Source : Classic CD  août 1994).

    Puisque, avec cet inventaire (non exhaustif) des orgies sonores et opératiques selon leur ordre temporel, nous arrivons à l’aube du 20e siècle, il est temps de faire une petite parenthèse afin de reconnaître que ce n’est qu’à partir de cette époque que l’opéra a été mené à l’âge adulte et qu’on a commencé à traiter des sujets délicats d’une manière plus sérieuse. Manière dont le prude 19e siècle n’aurait jamais osé rêver !

    La tendance a probablement été amorcée par Richard Strauss, d’abord avec « Salomé », puis avec « Elektra ». D’autres lui ont alors emboîté le pas : Arnold Schoenberg avec son « Moïse et Aaron » décrit sur scène une orgie d’une sauvagerie difficilement maitrisable par les metteurs en scène, et Alban Berg ne faisait pas exception : les années 20 ont vu son « Wozzek » avec ses caractères tourmentés et les années 30 son « Lulu », chef-d’œuvre inachevé qui présente la décadence d’un monde d’abondance, de jouissance et de manipulation, devenu monnaie courante aujourd’hui, dans le parachèvement du 3ème acte par Friedrich Cerha que la mort précoce a empêché Berg de terminer. (Source : dvd-online-store.net/favr) 

    Bien qu’il ait largement disposé du temps nécessaire, Arnold Schoenberg (1874-1951) n’a jamais terminé son opéra « Moses et Aaron », qui décrit de manière terrifiante les orgies autour du veau d’or. L’explication donnée n’est pas très claire, mais heureusement, l’oeuvre est parfaitement satisfaisante dans son état de torse à deux actes.

    Dans la scène 3 du second acte, appelé « Le veau d’or et l’autel », la plus importante de tout l’opéra, Schoenberg a choisi de montrer explicitement ce que le texte de l’Exode ne fait que de suggérer. L’Exode nous dit que « le peuple s’est assis pour manger et pour boire, puis il s’est levé pour se divertir ».  Dieu est également mentionné pour avoir dit à Moïse que le peuple s’est rapidement détourné du chemin recommandé : ils ont fait un veau en or, ils l’ont adoré et ils lui ont sacrifié ! Une indication supplémentaire provient de l’ordre que Dieu donne alors à Moïse : Laisse-moi seul, que ma colère puisse se diriger vers eux et que je puisse les détruire ! Le texte ne nous fournit pas de détails sur ce que le peuple a fait, tout ce que nous savons est que leurs actions étaient suffisamment mauvaises pour que Dieu veuille les détruire, après les avoir sauvé de l’esclavage et leur avoir donné les lois. Schoenberg a alors fait appel à son talent artistique afin de nous donner une image de ce qui s’est passé autour du veau d’or, une orgie païenne pour la scène dont la grandeur est telle que cette scène est devenue la plus « opératique » de tout l’opéra, à tel point même que de nos jours, c’est-à-dire plus de trois quarts de siècle plus tard, les directeurs d’opéra ont du mal à la mettre en scène avec style (et aussi avec du tact) ! (Source : humanities.uchicago.edu/journals)

    O comme Orgie

    Arnold Schoenberg

    Au même titre que l’opéra précédent que je viens de nommer, les fondamentalistes religieux et ceux que le paganisme offense sont instamment priés de se détourner de l’œuvre qui va suivre, car l’action, fondé sur des poèmes médiévaux, est en partie une fête païenne et une orgie, dont le chœur « In taberna quando sumus » représente l’un des sommets. Il s’agit bien entendu de « Carmina Burana » de Carl Orff (1895-1982). Les voix d'hommes seules participent à une bacchanale, véritable orgie, où règne la plus totale débauche sans retenue. « Quand nous sommes à la taverne, nous ne nous occupons pas de l'au-delà.. » entonnent les chanteurs, avant de prendre à partie toute forme d'autorité, du Pape jusqu'au Roi, évoqués en termes paillards, voire obscènes. Jamais avant Orff, vraisemblablement, une telle atmosphère de beuverie n'avait été décrite de façon aussi crue et réaliste.

    Et qui ose encore dire que la musique classique est ennuyeuse, quand on sait par exemple que « Felix conjunctio » (de l’air « Si puer cum puellula » des « Cours d’amour ») est un euphémisme particulièrement amusant pour …., et qui, en langage de nurserie, veut dire : « Quand un garçon et une fille s’attardent dans une chambre, alors heureux est leur, euh, conjonction. » (Source : pleiade.asso.fr/carmina-burana+ amazon.co.uk/Orff-Carmina-Burana-Carl)

    La vidéo ci-dessous est un extrait du film réalisé en 1973 par Jean-Pierre Ponnelle pour la ZDF avec, dans les principaux rôles, Lucia Popp, Hermann Prey et John van Kesteren. L’orchestre et les chœurs de la Radiodiffusion de Munich sont placés sous la direction de Kurt Eichhorn :

     

    Comme disait l’autre : de la porno médiévale en quelque sorte!

    Mais la vraie orgie d’hystérie sexuelle, qui plus est a lieu dans un couvent, nous la devons aux « Diables de Loudun » (Die Teufel von Loudun) de Krzysztof Penderecki (*1933), l’un des grands rénovateurs de la musique religieuse du siècle dernier.

    L’enfer sur terre : Penderecki a basé son œuvre sur l’essai historique d’Aldous Huxley et la pièce « Les Diables » de John Whiting. Le livret raconte les évènements autour de la torture et l’exécution d’un prêtre jésuite dans un village provincial au 17e siècle. Sœur Jeanne des Anges, la prieure du couvent de Sainte Ursule, demande au père Urbain Grandier de devenir le confesseur du cloître. Quand le prêtre mondain et sensuel décline l’offre, sœur Jeanne a une série d’hallucinations hystériques et sexuelles qui rapidement infectent d’autres religieuses du couvent. Finalement les sœurs accusent Grandier de comportement indécent et immoral, raison pour laquelle elles sont possédées par le diable. Les accusations coïncident avec certaines intrigues politiques et ecclésiastiques locales et font de Grandier le bouc émissaire idéal. Malgré des heures de torture, le prêtre nie être l’instrument du Diable, mais périt quand-même sur le bûcher.

    Tel qu’il a été donné lors de la première mondiale, en 1969 en allemand par l’audacieux Hamburger Staatsoper (Opéra d’Etat de Hambourg), ce drame musical en 3 actes est une vision hardie de l’enfer sur terre. Des scènes sacrales à l’église et au cloître sont suivies par les orgies sauvages des sœurs possédées et une ridicule cérémonie d’exorcisme pendant laquelle les sœurs hurlent, glapissent et tressaillent comme des louves en chaleur. Quasiment dans chaque scène, un chœur composé de voyous, de mendiants, d’épileptiques et de putains qui sautillent et grimacent avec une joie démoniaque, rappelle les tableaux de Hieronymus Bosch.

    La réaction de l’audience lors de la première à Hambourg était un mélange de bravos et de huées. Or Penderecki ne s’est pas laissé impressionner. « L’opéra n’est-il pas une forme archaïque pour des compositeurs modernes ? » lui a-t-on demandé. A quoi il a répondu : « Seulement les gens qui n’ont pas l’intelligence pour en écrire un peuvent penser ainsi »! (Source : Time, 4 juillet 1969)

     

    O comme Orgie

    Krzysztof Penderecki

    Alors pour clore ce billet, et afin de rester dans le ton, je reprends hardiment le titre d’un air mis en musique par Edouard Lalo, sur des paroles de Victor Hugo (extrait de « Lucrèce Borgia ») :

    « Amis, vive l’orgie ! »

    O comme Orgie

     

    A bientôt.


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