• N comme Noël

    N comme Noël

    Illustration kilmann

    Les puristes me pardonneront si avec ce billet, je passe du coq à l’âne, soit de D à N, mais les fêtes de Noël qui approchent à grand pas ne sont-ils pas une raison suffisante pour justifier ce pas de géant à l’intérieur de l’alphabet – car après tout - quel sujet pourrait être mieux approprié, en cette période d’Avent, que la musique consacrée à cette fête célébrant la Nativité, cette musique bien spécifique, qu’elle soit profane ou sacrée, qui tire ses origines de la conception des trois messes de fête ainsi que du Gloria des anges chez les bergers dans les champs, décrit dans l’évangile selon Saint Luc ?

    Dans toutes les cultures chrétiennes se sont constituées depuis le moyen Âge des collections de chants de Noël populaires qui, au début au moins, étaient en relation étroite avec l’église et souvent incorporés par celle-ci dans les offices mêmes.

    Ainsi, le plus ancien chant de Noël français qui a subsisté jusqu’à aujourd'hui est le cantique « Entre le bœuf et l’âne gris »; il daterait du début du XVIe siècle.

    « Es ist ein Ros entsprungen », d’origine allemande, (connu en français sous « Dans une étable obscure ») remonte également au 16e siècle, la mélodie se trouve dans le livre de chants de Speyerer, imprimé à Cologne en 1599, alors que le texte populaire de la seconde strophe a été crée par le compositeur allemand Michael Praetorius. Ce chant a aussi bien été utilisé par les protestants que par les catholiques, avec la différence qu’il est centré sur Marie chez les uns et sur Jésus chez les autres ! (Source : Wikipedia)

    « Mon beau sapin » est un chant de Noël d'origine allemande, dont le titre original est : « O Tannenbaum » et dont la version la plus connue est basée sur une musique traditionnelle ainsi qu’un texte de 1824 composé en allemand par Ernst Anschütz, organiste et professeur à Leipzig. La première version connue des paroles date de 1550, une autre version a été composée en 1615 par Melchior Franck. Ce chant a été traduit dans de nombreuses langues et même utilisée à des fins très éloignés de sa destination initiale. La musique est par exemple utilisée par le mouvement international de travailleurs «The Red Flag» (le Drapeau Rouge) et depuis 1939, elle est également l'hymne officiel de l'État du Maryland aux États-Unis. Au cours du Troisième Reich, « O Tannenbaum » a même été promu par les nazis dans le cadre de leur programme pour supprimer les parties les plus chrétiennes de la période des Fêtes.

    Quand au chant de Noël le plus célèbre du monde, « Douce nuit », il a vu le jour le 24 Décembre 1818 près de Salzbourg en Autriche : Josef Mohr, sacristain de l’église Saint Nicolas d’Oberndorf, qui était occupé à préparer la veillée de Noël, a présenté à l’instituteur Franz-Xaver Gruber, organiste à Saint Nicolas à ses heures, un poème qu’il avait rédigé deux ans plus tôt en lui demandant de composer sur ce texte une mélodie pour deux voix et chœur avec un accompagnement de guitare. Le choix de cet instrument s'explique tout simplement par le mauvais état de l'orgue, sur lequel il était alors impossible de jouer. Quelques heures plus tard, quand Mohr a découvert la mélodie, il en était tellement satisfait qu’il a décidé de l’intégrer à la veillée de Noël, le soir même. C’est ainsi que, Joseph Mohr à la guitare et chantant la partie de ténor, et Franz-Xaver Gruber, chantant la partie de basse, ont donné la première audition de ce qui allait devenir le chant de Noël le plus célèbre du monde, « Stille Nacht », traduit dans plus de 300 langues et dialectes. (Source : Wikipedia).

    N comme Noël

     A part les chants populaires, qui se comptent par douzaines, de très nombreuses œuvres spécialement composées pour Noël sont issues de la musique d’église qui s’est développée au fil de plusieurs siècles, et dont une bonne partie est connue et appréciée jusqu’à nos jours:

    Citons par exemple « L’Histoire de Noël » (Weihnachts-Historie) de Heinrich Schütz, considéré comme le plus grand musicien allemand antérieur à Jean-Sébastien Bach. Cette œuvre a probablement été jouée pour la première fois le jour de Noël 1660.

    N comme Noël

    Heinrich Schütz

    Ou le « In dulci jubilo » de Dietrich Buxtehude qui, à partir de 1673, a institué les concerts de l'Avent (les Abendmusiken) qui ont établi sa réputation de compositeur dans toute l'Allemagne du nord et attiraient les jeunes musiciens désireux de rencontrer le maître reconnu comme l'organiste le plus fabuleux de son temps. Ainsi, Nikolaus Bruhns (l'un de ses élèves les plus doués), Haendel et Mattheson, puis Bach ont fait le voyage de Lübeck.

    N comme Noël

    Dietrich Buxtehude

    Ou encore les parties relatives à Noël du « Messie », oratorio composé en 1741 par Georg Friedrich Haendel, une de ses œuvres les plus populaires et dont le texte réfère principalement à la résurrection du Messie et à la rédemption qu'elle opère: l'œuvre a été écrite pour le temps de Pâques et jouée pour la première fois lors de cette fête. Cependant, il est devenu de tradition, depuis la mort du compositeur, de la jouer pendant le temps de l'Avent - les semaines qui précèdent la fête de Noël - plutôt que pendant le temps de Pâques. Ces concerts ne jouent souvent en fait que la première section du Messie, concernant l'Annonce de la venue du Christ et sa naissance, ainsi que le chœur de l'Alléluia. L'air de la soprano « I Know that my Redeemer Liveth » (« Je sais qu'il vit, mon Rédempteur ») est par ailleurs souvent entendue lors de funérailles chrétiennes, et la tradition veut que les cinquième et sixième mesures de cet air aient servi de base à la composition de l'air du carillon de Big Ben, à Londres, à la fin du XVIIIe siècle. (Source: Wikipedia)

    En voici une interprétation du « Alléluia » par le English Concert & Choir, dirigé depuis le clavecin par Trevor Pinnock :

    Les « Oratorio de Noël » sont également très nombreux, et je ne mentionnerai ici que quelques noms de compositeurs tels qu’Antonio Casimir Cartellieri, Marc-Antoine Charpentier, Carl Heinrich Graun, Franz Liszt, Camille Saint-Saëns et Georg Philip Telemann. Ou encore, bien que ce nom puisse vous paraître insolite dans une telle liste, Friedrich Nietzsche qui, en tant que compositeur, est beaucoup plus méconnu que le Nietzsche philosophe, mais qui a pourtant écrit à son ancien élève et fidèle secrétaire, l’obscur compositeur Peter Gast, le 22 juin 1887: « Il est hors de doute que dans le tréfonds de mon être, j’aurais voulu pouvoir composer la musique que vous composez, vous, - et ma propre musique (bouquins compris) n’a été faite que faute de mieux ». Si l’on n’ignore pas toujours que Nietzsche a énormément composé, notamment dans sa jeunesse, c’est uniquement parce qu’il est en même temps l’auteur génial du « Gai savoir » ou… du « Cas Wagner » (Source : nonfiction.fr/article-1419 nietzsche et la musique)

    L’œuvre la plus célèbre reste pourtant celle de Jean Sébastien Bach, qui a composé son « Oratorio de Noël » BWV 248 pour les fêtes de Noël 1734-1735. Cet ensemble de six cantates destinées à être exécutées sur plusieurs jours, relate l’histoire de la naissance du Christ, de la nativité jusqu’à l’adoration des rois mages. La trame de l’oratorio est formée par les récitatifs de l’Evangéliste qui constituent un véritable fil conducteur de l’œuvre. Les aires et les parties chorales présentent pourtant un grand nombre de morceaux « parodiés », c’est à dire une réutilisation de musique déjà existante adaptée à de nouveaux textes. Ainsi, le chœur d’entrée « Jauchzet, frohlocket » par exemple provient directement du chœur d’entrée de la cantate profane BWV 214 « Tönet, ihr Pauken! Erschallet, Trompeten! » (« Résonnez, Timbales ! Retentissez, Trompettes »), d’où aussi la séquence d’intervention des timbales et ensuite des trompettes. Il est d’ailleurs très probable que lors de la composition, Bach avait déjà envisagé une réutilisation future, car ces œuvres dites « de circonstance » étaient de dimensions importantes, mais restaient unique et ne pouvaient guère être rejouées à d’autres occasions. (Source : Wikipedia)

    L’air « Schlafe, mein Liebster » est interprété ici par Bernarda Fink, alto, le Monteverdi Choir et les English Baroque Soloists sous la direction de John Eliot Gardiner :

     

    Au fil des siècles, bien d’autres compositeurs ont également écrits des musiques qui célèbrent, ou qui relatent la fête de Noël, que ce soit sous forme de chants, de messes, de motets ou même d’opéras et dont certaines sont méconnues, voire quasiment inconnues dans les pays francophones, mais qui méritent pourtant d’être citées :

    Benjamin Britten, compositeur anglais de l'après guerre (1913 - 1976), dont l’oeuvre prolifique renferme notamment un petit bijou musical du nom des « Ceremony Of Carols ». Il s’agit en fait de chansons médiévales écrites pour Noël et de poèmes anglais du XVIème siècle que Britten a mis en musique « à sa sauce ».

    N comme Noël

    Frédéric Chopin, quant à lui, a utilisé la mélodie d’un des chants de Noël polonais les plus connus, le « Lulajże Jezuniu » (Dors, petit Jesus), dans son Scherzo N° 1 en si mineur.

     

    Paul Hindemith (1895-1963) s’est inspiré de la pièce éponyme de Thornton Wilder pour créer « The Long Christmas dinner » (La Longue Nuit de Noël), un opéra en un acte, qui se présente comme la saga d’une famille américaine, où les générations se succèdent autour d’une table dressée pour le dîner de Noël et où les portes, à droite et à gauche, disent la naissance et la mort. (Source : tout-metz.com/la-longue-nuit-de-noel)

    « Une cantate de Noël » de 1953, basée sur des textes liturgiques et populaires, est considérée comme étant la dernière oeuvre du compositeur suisse Arthur Honegger (1892-1955). Or on raconte qu’en décembre 1968, avant de retourner sur scène afin de diriger la dernière œuvre du concert, « Une cantate de Noël », le chef d’orchestre Ernest Ansermet aurait confié à son assistant : « Ceci est la dernière œuvre que je vais diriger ». Simple boutade ou prémonition ? Toujours est-il qu’Ansermet s’est éteint peu après, en février 1969, à l’âge de 86 ans ! (Source: buywell.com/booklets)

    Je vous laisse écouter le finale de l’enregistrement live fait en 2007 avec le Monterverdi Choir de Würzburg sous la direction de Mathias Beckert :

    Engelbert Humperdinck (1854-1921), compositeur allemand connu surtout pour son conte théâtral « Haensel et Gretel », est l’auteur de plusieurs beaux chants de Noël pour voix et piano tel que le « Leise weht's durch alle Lande ». D’autre part, et bien que l’action de « Haensel et Gretel », ne soit pas situé dans le temps, il a été associé à Noël depuis ses premiers spectacles et est encore aujourd'hui le plus souvent exécuté au moment de Noël. L'idée de cet opéra a été suggérée à Humperdinck par sa soeur qui l'avait approché pour des musiques sur des chansons de Noël basés sur « Haensel et Gretel » (un conte de fée allemand repris par les frères Grimm) qu'elle avait écrit pour ses enfants. Après plusieurs révisions, les esquisses musicales et les chansons ont été transformées en un opéra à grande échelle. La première a eu lieu à Weimar le 23 Décembre 1893, sous la direction de Richard Strauss. Cette œuvre, basé sur un livret en allemand et qui utilise une technique vocale à mi-chemin entre le chant et le parlé n’a, de ce fait, jamais vraiment pu s’imposer hors d’Allemagne, bien qu’il mêle brillamment des chants traditionnels avec une orchestration qui évoque certains ouvrages de Wagner et témoigne d’un sens aigu des leitmotiv. (Source : Wikipedia)

    Dans le drame lyrique « Werther » de Jules Massenet, dont la première en français a eu lieu à Genève le 27 décembre 1892, le premier tableau de l’acte IV, confié à l'orchestre, représente la nuit de Noël, alors que le second tableau se situe dans le cabinet de travail dans lequel git Werther, le jeune amoureux transi qui s’est suicidé, mais qui est encore vivant. L'émotion de la scène pendant laquelle Charlotte, promise à un autre homme, se précipite et pour la première fois lui avoue son amour, est renforcée par le chant en coulisse des enfants du bailli (Noël ! Noël ! Noël !), que Werther considère comme le signe de la rédemption divine. (Source : Wikipedia)

    La majorité des motets composes par Felix Mendelssohn Bartholdy (1809-1847) ne sont que très rarement joués. Le fait que les textes de ces œuvres soient enracinés dans le calendrier de l’église protestante et qu’ils soient en langue allemande a sans aucun doute contribué à leur mise à l’écart du répertoire, alors que bon nombre pourraient être programmés comme d’excellentes pièces de concerts. Ainsi, le « Frohlocket ihr Völker auf Erden » (Noël, 1843), destiné à l’origine à une utilisation liturgique pendant la saison de Noël et dont la relative brièveté, l’exubérance, le lyrisme et le riche style harmonique en font une pièce d’introduction idéale pour de nombreux programmes de chœurs.

    Quand à la « Messe Brève » en sol majeur KV 140 de Wolfgang Amadeus Mozart, on a cru pendant longtemps que Mozart n’en était pas l’auteur. De nombreuses preuves ont toutefois permis de lever le doute, puisque plusieurs manuscrits avec ses annotations et corrections ont été retrouvés et authentifiés. Cette Messe n’est certainement pas la plus célèbre de ses compositions religieuses. Rappelons que c’est une œuvre de jeunesse, elle a été composée vers 1770, Mozart devait avoir environ 17 ans et avait cependant déjà à son actif de nombreux oratorios et plus de 20 symphonies. Probablement écrite pour la Cathédrale de Salzbourg, elle répond aux exigences liturgiques imposées par le nouvel archevêque Hieronimus Colloredo selon lesquelles les messes brèves ne devaient pas dépasser 20 minutes. Composée pour la Messe de Noël, elle porte l’appellation de « Pastorale » du fait de l’atmosphère de simplicité recueillie et populaire qui s’en dégage, comme ces joyeux motifs de danse que l’on entend dans le Gloria et que l’on retrouve dans l’Agnus Dei. (Source : maitrisedelacathedraledenice.over-blog.com)

    Voici le « Kyrie Eleison » chanté par le chœur de garçons Dagilelis, enregistré à Vilnius à l’occasion du concert donné en mémoire de Jean Paul II:

      Le « Lauda per la Natività del Signore » de l’italien Ottorino Respighi (1879-1936) est une belle œuvre pastorale qui raconte la nativité de Jésus tel que les bergers ont pu la voir. Il est basé sur un texte de Jacopone da Todi, un poète du 13e siècle qui, dévasté après le décès accidentel de son épouse, a rejoint l’ordre des Franciscains dont il a été excommunié pour sa participation à un mouvement spirituel qui appelait l’église à embrasser l’idéal de pauvreté totale. En 1298, il a été emprisonné pour avoir signé un manifeste contre le pape. Relâché en 1303, il s’est retiré dans un ermitage et a consacré les trois dernières années de sa vie à la composition de poèmes mystiques. Da Todi est décédé le jour de Noël 1306. Dédiée au comte Guido Chigi Saracini, fondateur de l’Académie Chigiana de Sienne, la première de cette œuvre a eu lieu le jour de la Sainte-Cécile 1930 dans le palais du comte, sous la direction du compositeur, avec Elsa Respighi, son épouse, dan le rôle de Marie. Un mois plus tard, à Noël, elle a été présentée pour la première fois à Rome. (Source: osscs.org/notes/respighi_laud)

    Les Saisons, op. 37a, sont une suite de morceaux pour piano composés par Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) entre novembre 1875 et mai 1876, dont le morceau N° 12 s’intitule « Décembre – Noël ». Et de la plume du même compositeur, l’action du ballet-féerie « Casse-noisette » se situe également à la période de Noël. Ce ballet, qui a été présenté pour la première fois quelques jours avant Noël 1892 au Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg, est certainement une des musiques de ballet les plus populaires aujourd'hui et une des œuvres de Tchaïkovski les plus appréciées, même si lui-même ne croyait que très peu à son succès.

    Noël est également l’occasion de se faire des cadeaux, en faisant référence aux cadeaux offerts à l'enfant Jésus par les rois mages : l'or, l'encens et la myrrhe. Afin de ne manquer à cette tradition, en voici quelques histoires de cadeaux « musicaux », toujours bien accueillis quelles que soient les circonstances :

    Le jour de Noël 1989, quelques semaines après la chute du Mur de Berlin, le médiatique chef d’orchestre Leonard Bernstein a offert aux Berlinois un somptueux cadeau: une interprétation « sur mesure » de la « 9e symphonie » de Ludwig van Beethoven. Il a réuni pour l’occasion quatre solistes internationaux, des choristes de Bavière, de Berlin et de Dresde pour l’ « Ode à la Joie » ainsi que des musiciens d’un orchestre de chacune des puissances occupantes de Berlin à l’époque (Orchestre de Paris, Staatskapelle de Dresde, Kirov de Leningrad, London Symphony et New York Philharmonic). Le concert a été transmis depuis la salle du Schauspielhaus à Berlin-Est sur écran géant ainsi que par les télévisions de plus de vingt pays. Le message de ce concert a été d’autant plus symbolique que Bernstein a modifié le texte de Schiller de l’ « Ode à la joie », en remplaçant le mot « Freude » (Joie) par « Freiheit » (Liberté). (Source : sites.radiofrance.fr/francemusique)

    Voici l’intégralité de ce concert mémorable, avec un commentaire en anglais et des sous-titres en allemand. Mais la musique a-t-elle besoin d’une traduction ?

     La jalousie maladive et le caractère possessif d’Elvira, épouse de Giacomo Puccini, ont fini par lasser la plupart de ses amis et sont à l’origine des hauts et des bas entre Puccini et le grand Arturo Toscanini. Une anecdote veut que Puccini ait envoyé un panettone (brioche fourrée de raisins secs, de fruits confits et de zestes d'agrumes) à son ami pour Noël. Réalisant après coup qu’ils étaient encore brouillés, il a envoyé immédiatement un télégramme, dans lequel il écrivit : « Panettone envoyé par erreur. Puccini ». La réponse est arrivée par retour de courrier : « Panettone mangé par erreur. Toscanini ». Notons encore que c’est justement sous la direction de Toscanini que « La Bohème », dont l’action se déroule également aux alentours de Noël, a été crée en 1896 au Teatro Regio de Turin. (Source : arte.tv/fr + Wikipedia)

    Le « Siegfried-Idyll », une des rares œuvres que Richard Wagner n’ait pas écrit pour l’opéra, est un poème symphonique pour orchestre de chambre. Il a été composé en tant que cadeau d’anniversaire pour sa seconde épouse, Cosima, après la naissance de leur fils Siegfried en 1869. Il a été joué pour la première fois le matin de Noël 1870 (le 35e anniversaire de Cosima) par un petit ensemble sur les marches de leur villa à Tribschen, près de Lucerne, et Cosima s’est réveillée au son de cette mélodie. L’opéra « Siegfried » inclut de la musique tirée de l’Idyll. On a longtemps pensé que l’Idyll utilisait des idées musicales prévues pour l’opéra, alors que le contraire est le cas. Wagner a utilisé pour l’Idyll du matériel d’une musique de chambre inachevée et l’a plus tard incorporé dans la scène d’amour entre Siegfried et Brunhilde. (Source : Wikipedia)

    L’extrait suivant, interprété par les Berliner Philharmoniker sous la direction de Peter Eötvös, a été enregistré à la Philharmonie de Berlin le 25 April 2009 :

     Le nom de Louis II de Bavière reste indissociablement lié à Richard Wagner, dont il était le très généreux mécène et auquel il a voué un véritable amour passionnel. Les deux hommes se sont d’ailleurs écrits des centaines de lettres, poèmes et télégrammes et l’emphase avec laquelle ils se sont mutuellement poudré le nez s’avère, malgré les années qui nous séparent d’eux, quelque peu pénible : « Car maintenant mon Roi est mon monde : Il m’est tout ce que j’aime ! » Louis II possédait pour les lettres de Wagner une serviette en velours de soie bleu, sur laquelle était brodé un cygne argenté portant une couronne dorée. Et les partitions originales de Wagner étaient gardées dans une armoire d’apparat, dont celle des « Maîtres chanteurs » qui lui a été offerte par Wagner pour Noël 1867. Cette dernière a d’ailleurs eu un destin heureux, car en 1902, Léopold de Bavière, successeur de Louis II, l’a cédée au Musée National Germanique qui fêtait alors son 50e anniversaire. Quand à toutes les autres partitions de Wagner qui se trouvaient en possession de Louis II, elles ont été offertes par le biais de l’industrie, en 1939, comme cadeau d’anniversaire à Adolph Hitler ! Et ont disparues depuis la fin de la guerre ! (Source : sueddeutsche.de/muenchen)

    N comme Noël

    Louis II de Bavière

    Et voici encore une petite anecdote au sujet d’Anton Bruckner et une certaine nuit de Noël : On raconte qu’à la fin de la messe de minuit de Noël, Bruckner aurait quitté l’orgue du Dôme de St. Stéphane de Vienne pour descendre vers la crèche, devant laquelle il se serait agenouillé. Quand le lendemain matin les petits chanteurs se rendaient à la messe des bergers, et qu’ils le retrouvaient exactement au même endroit, ils se seraient exclamés : « Mais Monsieur Bruckner, vous êtes toujours là ? » A quoi Bruckner aurait répondu : « Je ne peux toujours pas croire qu’IL est devenu homme ». (Source : thernberg.at/pfarre/pfarrbriefe/Pfarrbrief)

    Or, afin de terminer ce billet sur une note plus gaie, voici le cadeau que Gustav Mahler n’a pas eu l’occasion de faire à sa fiancée Alma Schindler à Noël, mais seulement après Nouvel An :

    Le 7 novembre 1901, dans le salon de l’écrivain Bertha Zuckerkandl-Szeps, Alma Schindler fait la connaissance du directeur du Hofoper (Opéra de la cour impériale et royale) Gustav Mahler, de dix-neuf ans son ainé, ainsi que de sa sœur Justine qui lui tient son ménage. Mahler invite l’hôtesse, sa sœur Sophie Clemenceau et Alma Schindler pour le lendemain à une répétition de l’opéra « Les contes d’Hoffmann » de Jacques Offenbach. A l’opéra, il les guide en personne et les invite à prendre le thé. Alma Schindler et Gustav Mahler tombent amoureux, mais la jeune femme, âgée alors de 22 ans, a du mal à se décider entre Mahler et Alexandre Zemlinsky, ceci d’autant plus qu’elle s’imagine que le plus jeune (Zemlinsky) a pris au sérieux ses compositions, alors que Mahler ne s’y intéresse nullement : « Il n’apprécie aucunement mon art – mais estime le sien – et moi je n’ai aucune estime de son art, mais beaucoup du mien » (Inscription du 19 décembre 1901 dans son Journal intime). Toutefois, le 12 décembre 1901, Alma Schindler écrit une lettre d’adieu à Alexandre von Zemlinsky et le 23 décembre ont lieu les fiançailles de Gustav Mahler et d’Alma Schindler. Ce n’est qu’à la Saint-Silvestre 1901 qu’ils couchent pour la première fois ensemble. « Il m’a mis son corps à disposition, et j’ai laissé faire sa main. Sa vie était raide et dans toute sa splendeur. Il m’a emmené sur le sofa, m’a tendrement couché et m’a enfourché. Là – au moment ou je l’ai senti me pénétrer, il a perdu toute sa force. Foudroyé, il était serré contre mon cœur, et il pleurait presque de honte ». (Inscription dans son Journal intime). Ce n’est que les jours suivants qu’Alma jubile : « Volupté sur volupté ». (Source: dieterwunderlich.de/Alma_Mahler_Werfel)

    Je vous souhaite à toutes et à tous de très joyeuses fêtes de Noël ainsi qu’une heureuse nouvelle Année 2014.

    A bientôt.


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  • Commentaires

    1
    Lundi 9 Décembre 2013 à 23:32

    bonjour ....

    en voyant ton avatar chez moi, cette oreille donne envie de lui parler  , j'ai eu envie de passer voir ce qu'est ton blog et je dois dire qu'un peu d'histoire d'histoire ne fait pas de mal ....je dois dire que je fut agréablement surprise , c'est vrai que chaque année , chacun fredonne ou chante un chant de Noel  ...les enfants , les adultes  , tout le  monde est gai a cette époque de l'année , longtemps avant le 25 , le jour de Noel passé , la joie retombe un peu ,surtout pour les enfants , la  semaine suivante  nous fêtons le premier jour de la nouvelle année l'excitation des fêtes retombe et la vie reprend son cour en attendant le Noel suivant ....

    merci pour cette belle histoire 

    passe une bonne journée ...

    amicalement 

    ghislaine

    2
    Mercredi 11 Décembre 2013 à 00:27

    Ici, toujours du sacré boulot, et de la musique à découvrir. Merci !

     

    3
    Samedi 14 Décembre 2013 à 15:28

    Tout comme http://euphorbe.eklablog.com/ ci-dessus c'est suite à ton passage chez moi que je suis venu guigner ici. C'est vrai qu'il y a bien des choses à apprendre - on n'en a donc jamais fini - des anecdotes à découvrir... Bon boulot !

    Erwin 

    4
    Dimanche 22 Décembre 2013 à 16:41

    bonjour Kilmann ...

    je viens de lire et relire une seconde fois ,une très très belle histoire  qui a failli de ne pas arriver mais elle arrivée plus tard ,la fin est osée en lecture mais c'est vraiment beau à lire ...merci d'avoir mentionné  ce passage .

    merci aussi pour ta visite , je te souhaite également un joyeux Noel et une très bonne année , que cette nouvelle année te soit prospère et t'apporte beaucoup de bonheur et une bonne santé ...

    passe une bonne fin de journée ..

    amitié  à bientôt 

    ghislaine

    5
    Mardi 11 Février 2014 à 08:29

    Bonjour Kilian, dés que j'ai vu ton avtar, j'ai pensé à passer te souhaiter une merveilleuse journée...

    6
    Samedi 30 Août 2014 à 19:33

    Bonjour Kilian, j'ai une pensée pour toi ce soir, qui me pousse à déposer un petit commentaire sur cette page et demander de tes nouvelles que j'espère son bonnes...Amitié Hadibey

     

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