• K comme Kilo(gramme) (2/2)

    Suite et fin de K comme Kilo (gramme)

    Une anecdote légendaire situe le ténor Leo Slezak (1873-1946) dans sa garderobe. Il se maquille péniblement vers un semblant de décharnement, car il s’agit de mimer Don Florestan du « Fidelio » de Beethoven, prisonnier mis à l’eau et au pain sec depuis des années. Quand Slezak a terminé la procédure, il demande à son factotum de quoi il a l’air. La réponse en dit long : « Empiffré, Herr Kammersänger (titre honorifique) » !

    Il n’y aucun doute cependant que le public a fêté Slezak malgré tout comme le casting idéal. Car la voix faisait toute la différence ! (Source : Wilhelm Sinkovicz (DiePresse.com)

    K comme Kilo (gramme)

    Leo Slezak

    Lauritz Melchior (1890-1973) a débuté comme baryton en 1913, puis est passé au registre de Heldentenor en 1918. Il a atteint le zénith de sa carrière dans les années 1930, où il s’est partagé entre le Metropolitan Opera et le Staatsoper de Vienne (Autriche). A cette époque, il était considéré comme le plus grand ténor wagnérien de son temps. Pour beaucoup de critiques musicaux, sa facilité d'émission et la vigueur sensationnelle de sa voix n'ont jamais été dépassés.

    Voici pourtant ce qu’en dit une critique dans la New York Herald Tribune du 10 mars 1926 : « Compte tenu du fait que Mr. Melchior n’est apparu, dans le rôle de Siegfried, que pour la 3ème fois seulement, sa prestation a effectivement été méritoire. La souplesse, la force musculaire et l’exubérance juvénile qui sont une part essentielle de l’image que l’on se fait du héros de Wagner n’ont pourtant pas pleinement été concrétisées (parce qu’il est obèse). (Source : New York Herald Tribune, 10 mars 1926)

    K comme Kilo (gramme)

    Lauritz Melchior

    La norvégienne Kirsten Flagstad (1895-1962), soprano puis mezzo-soprano, était la plus grande interprète wagnérienne de son temps et, pour beaucoup, de tous les temps. Kirsten Flagstad était très corpulente et rayonnante de vigueur et de santé. Rien d'étonnant à ce que sa voix ait possédé la puissance qui était la sienne – l'ampleur et le souffle de son chant étaient inégalables et le sont encore aujourd'hui. (Source : Wikipedia)

    K comme Kilo (gramme)

    Kirsten Flagstad et Lauritz Melchior

    dans « Tristan et Iseut »

    D’ailleurs, le cliché de la surcharge pondérale de certaines de ces divas a la couenne de lard tellement dure que Hergé a imaginé, en 1938-1039 déjà, la Castafiore, cantatrice italienne corpulente et à la voix puissante (et seul personnage féminin de premier plan de toute la série Tintin), à laquelle Tintin et le capitaine Haddock doivent plusieurs fois leur vie. C'est, avec Tintin et Tournesol, le seul personnage pouvant se vanter d'avoir son nom dans le titre d'un album -

    Ce qui n’est pas peu dire.

    Renata Tebaldi aurait été un modèle pour ce personnage, bien que sa carrière soit postérieure à l'arrivée de la Castafiore dans « Le sceptre d'Ottokar ». Mais en 2007, Bruno Costemalle a émis l'intéressante hypothèse que le personnage de la Castafiore pourrait aussi avoir été inspiré de l'inénarrable soprano américaine Florence Foster Jenkins. (Source : Wikipedia)

    K comme Kilo (gramme)

    La Castafiore

    (Hergé-Moulinsart 2003)

    Or si pendant longtemps, la voix constituait le seul et unique critère, avec l’avènement du cinéma, puis de la télévision et de la vidéo (ainsi qu’accessoirement de certains metteurs en scène qui souhaitent voir sur scène tous leurs fantasmes libidineux se réaliser), une mutation profonde s’est alors opérée par l’installation progressive d’un véritable diktat de la taille, sacrifiant même la voix à la seule présence scénique.

    Avec, à la clé, des décisions parfois lourdes de conséquences, des prises de conscience, des négociations, des renoncements, des refus, des compromis, des efforts, des révoltes, des déclarations de forfait  – et même quelques ruptures de contrat :

    Le ténor américain Mario Lanza (1921-1959) a été découvert par le chef d'orchestre Serge Koussevitsky en 1942. Il a chanté le rôle de Pinkerton dans « Madama Butterfly » à l'âge de 22 ans à peine, à l'Opéra de la Nouvelle Orléans et a été remarqué pour la qualité sa prestation. La critique a été très positive pour le jeune ténor. Mais après son concert au Hollywood Bowl, en plein air devant plusieurs milliers de personnes, concert véritablement historique dont l'enregistrement est disponible dans le commerce, Hollywood, par la MGM, lui a fait immédiatement signer un contrat pour plusieurs films.

    Durant sa courte mais brillante carrière, Lanza a alors enchaîné film sur film et enregistré plus de 250 airs. Pour chanter des tubes tels que « Be my love » et « Loveliest Night of the Year », Lanza a encaissé un des plus grands chèques jamais établis par la RCA. Et il a vendu plus de disques que n’importe quel autre artiste classique, à cette époque, dans l’histoire de la RCA.

    Mais Lanza avait de l’embonpoint, et Hollywood le voulait mince. En octobre 1959, à l’âge de 38 ans, il est entré dans une clinique de perte de poids, en Italie. Après un court séjour, il est décédé, officiellement d’une crise cardiaque. (Source : home.earthlink.net/~vicscape/lanza)

    Dans l’extrait suivant, d’une qualité malheureusement toute relative, Mario Lanza nous chante « La donna e mobile », extrait  de « Rigoletto » de Giuseppe Verdi :

    Le cas Maria Callas (1923-1977) est un cas à part, car la Callas n’a pas pris, comme bon nombre de ses collègues, de la surcharge pondérale en vieillissant, mais elle a été un gros vilain canard qui s’est transformé en un magnifique cygne.

    Sa carrière internationale a commencée en 1947, quand les chanteurs d’opéra étaient encore sensés avoir de l’embonpoint. Seulement, avec 108 kilos, elle se sentait misérable et se jugeait elle-même laide et indésirable.

    On raconte d’ailleurs que Giovanni Baptista Meneghini, devenu son mari (et son mentor et impresario) en 1949, qui négociait tous ses engagements selon une devise fort simple : « Pour entendre ma femme, il faut payer ! », encaissait les cachets avant de la laisser monter sur scène ! Juste au cas où ..!

    Même Rudolf Bing, patron du Metropolitan Opera de New York, a dû céder à des exigences financières qu'il avait jadis jugé «insensées» pour engager celle qu'il avait pourtant qualifiée d' «éléphant voulant chanter Butterfly».

    K comme Kilo (gramme)

    Maria Callas à la plage (à gauche)

    Alors quand Luchino Visconti lui a conseillé de perdre 30 kilos avant de travailler avec lui, elle l’a pris au mot, et elle en a perdu 40 – et réduite à une taille mannequin, elle est devenue une star, voire plus, une légende vivante, car elle apportait optiquement aussi bien que vocalement  les dimensions idéales pour le répertoire du belcanto et pour la Tosca de Puccini sur scène.

    Mais en faisant passer les poids lourds au statut de poids plume, elle est devenue à la fois héroïne et victime des régimes, elle a irrémédiablement déséquilibré sa vie à coups de déprimes et de produites coupe-faim.

    Et ce qui a été un besoin impérieux après des décennies de débauche de graisse et de bourrelets sur fond de décors peints est devenu une véritable tyrannie.

    Quand à ceux qui affirment que Maria Callas n’a jamais mieux chanté qu’avant sa spectaculaire cure d’amaigrissement, les plus convaincus du contraire (et ils sont nombreux) rétorquent que seule la jalousie sait faire parler les vipères. (Source : Wilhelm Sinkovicz-DiePresse.com + Wikipedia)

    K comme Kilo (gramme)

    Maria Callas – la Diva

    Voici le « Casta Diva », extrait de la « Norma » de Vincenzo Bellini, enregistré en 1957 à Rome :

    Moi, j’en ai la chair de poule et la gorge serrée à chaque fois que j’écoute cet air emblématique de la divine Maria (et ceci quelle que soit la version).

    A l’époque où il chantait Papageno, le baryton allemand Dietrich Fischer-Dieskau (1925-2012), l’un des grands interprètes du XXe siècle, affichait déjà un  embonpoint respectable. Alors imaginez-vous son apparition sur scène, dans son costume à plumes ! Même ses admirateurs les plus fidèles auraient eu la chair de poule à la vue de leur Fi-Di (c’est ainsi que les Allemands l’appelaient amicalement) ressemblant à une dinde de Noël déguisée en oiseau de paradis.

    D’ailleurs, les deux autres rôles que Fischer-Dieskau a dit ne pas vouloir chanter sur scène, pour des raisons physiques, étaient Rigoletto (trop grand) et Orfeo. Selon lui, « Mon physique et la tunique courte d’Orfeo ne vont tout simplement pas ensemble ! »

    Il avait raison. (Source : listserv.bccls.org/cgi-bin/wa)

    Pour la petite histoire, l’une des sorties de Montserrat Caballé (*1933) à fait sourire le public : son volume impressionnant ne lui permettant pas de franchir une porte assez étroite normalement, elle avait été obligée de se mettre de profil pour sortir.

    En revanche, l’audience a été sidérée des tenues dessinées pour l’imposante cantatrice espagnole dans « Turandot » de Puccini à l’Opéra de Paris. Celle qui plaisantait de ses opulentes proportions avait suscité chez le costumier Jacques Dupont une incroyable créativité. Il avait revêtu la sanguinaire impératrice chinoise de toilettes superlatives dont cette robe noire et blanche aux motifs mystérieux, inspirés des taches d’encre du test de Rorschach. (Source : bertysblog.over-blog.com/categorie)

    K comme Kilo (gramme)

    Montserrat Caballé, dans « Turandot »,  à l’opéra de Paris (1981)

    Luciano Pavarotti (1935-2007) était, dans tous les sens du terme, immense. Il faisait le poids de trois hommes - il atteignait les 140 kilos, pour 1 ,90 m - et, même s’il avouait que son gabarit était «son plus grand regret», c’était aussi son trait distinctif, grâce auquel on ne pouvait le prendre pour aucun autre chanteur. Il a dansé sur les pèse-personnes toute sa vie, mais jamais assez pour le ramener à un poids raisonnable. Et sa corpulence n’a jamais diminué son charme !

    Par exemple, chaque fois que Pavarotti a pris le Concorde, ce qui est arrivé fréquemment quand il a voyagé entre New York et Londres ou Milan via Charles de Gaulle, son agent lui a toujours acheté deux sièges !

    On raconte également que, quand il séjournait à Miami, il a exigé de la direction de l’hôtel que sa chambre soit équipée avec une trancheuse de viande industrielle, il voyageait toujours avec sa propre réserve de viande et il voulait être sûr de pouvoir décider à tout moment d’un encas.

    Aussi, son appétit prodigieux a été la source d’innombrables plaisanteries:

    Le journaliste Conan O’Brien a raconté en 2003 : « Hier, Luciano Pavarotti a annoncé son mariage. Lui et sa fiancé vont échanger leurs vœux et leurs alliances. Et il a précisé également qu’il ne souhaitait pas un grand mariage, mais par contre un grand gâteau ! »

    Et le redoutable chroniqueur Norman Lebrecht (un must, si vous maitrisez l’anglais !) décrit dans « La Scena musicale » une représentation de 2004 :

    « Big Lucy » (gros Lucy, surnom de Luciano) a entrepris à pas lourdauds son ultime trajet dans « Tosca ». Fusillé par le peloton d’exécution dans la finale, Luciano Pavarotti (dans le rôle du peintre Cavaradossi, amant de Tosca) est tombé maladroitement à genoux sur ce qui s’est avéré être des « bean bags » (sorte de poufs poire) fortuitement posés, avant d’exécuter un badaboum latéral assisté par un bras, afin d’expirer dans un confort disgracieux !

    Peu avant son décès, d’un cancer du pancréas, Pavarotti était rarement lucide, mais n’avait pas perdu pour autant son sens de l’humour. Quand il a réalisé qu’il ne pourrait pas avaler un plat de pâtes, il disait : « C’est mauvais signe si je dois manger de la purée de pommes de terre à la place des macaronis ! » (Source : anecdotage.com + airliners.net/aviation-forums + timesonline.co.uk)

    K comme Kilo (gramme)

    Luciano Pavarotti

    avec son fameux mouchoir blanc

    Pour les nostalgiques, voici Luciano en 1988, dans le rôle de Nemorino, chantant l’air « Una furtiva lagrima » de « Elisir d’Amore » de Donizetti, dans une production de l’Opéra de Vienne.

    Pas encore le « Big Lucy», mais déjà avec la voix qui l’a  rendu si immensément populaire.

     

    Le Heldentenor canadien Ben Heppner (*1956) est revenu sur scène après une absence de 14 mois, avec deux  différences de taille. Ses problèmes vocaux sont loin, ainsi que 40 kilos de trop!

    Sa voix est revenue après qu’il a arrêté les médicaments contre la pression. Ensuite, un nouveau régime et des exercices pour réduire le poids qui contribuait au problème de pression sanguine. Heppner a déclaré que les gens devaient savoir que les chanteurs d’opéra n’avaient pas besoin d’un grand corps pour avoir une grande voix ! « Ceci » a-t-il dit, « n’est qu’un mythe ».

    (Source: federationofamericanmusicianssingersandperformingartists.netfirms)

    Quand la soprano américaine Deborah Voigt (*1960) a été libérée du contrat qui la liait a Covent Garden, a cause de sa taille, elle a décidé que c’était la goutte qui faisait déborder le vase. (Il faut dire qu’à un moment donné, elle a approché les 333 pounds, soit 151 kilos) Dans le mois durant lequel elle aurait dû se produire à Londres, elle s’est fait poser un bypass gastrique. Depuis, elle a perdu 45 kilos, en passant de la taille (américaine) 30 à la taille 14. Résultat ? « Je vais montrer à l’audience quelque chose qu’ils n’ont jamais vu – une approche plus captivante et plus crédible. Et je vais faire d’avantage de Tosca que je n’aurais jamais pensé vouloir faire ». (Source : nytimes.com)

    K comme Kilo (gramme)

    Deborah Voigt avant …

    K comme Kilo (gramme)

    et maintenant ! (photo Dario Acosta)

    Franco Zeffirelli a réalisé de belles oeuvres au cinéma comme « Roméo et Juliette » et a même été nommé conseiller image personnel du Pape Benoît XVI en 2007, mais le cinéaste et metteur en scène italien manque vraisemblablement d'élégance, comme on peut le lire dans l'hebdomadaire Marianne. Alors qu'il prépare la mise en scène de « La Traviata », opéra qu'il avait adapté au cinéma en 1982, Zeffirelli a congédié une chanteuse d'opéra reconnue et admirée Daniela Dessi.

    Le metteur en scène justifie sa décision à l'encontre de la soprano italienne ainsi : « Une femme d'un certain âge et avec ces rondeurs n'est pas crédible dans le rôle de Violetta. ». Ses propos continuent de plus belle : « Elle n'est pas exactement le genre de personne qui risque de mourir de tuberculose. (...) La Traviata, (adaptation de La Dame aux Camélias d'Alexandre Dumas fils), est une histoire de jeunesse et de passion sensuelle. (...) Elle peut me menacer, mais j'ai le droit de choisir mes chanteurs et d'exercer ma liberté artistique."

    Daniela Dessi a pour sa part expliqué tout simplement sa colère face à ces propos qu'elle estime diffamatoires : « On chante non avec son corps, mais avec sa voix. ». Agée de 52 ans, cette femme, au poids de 65 kg, s'est toujours montrée soignée et sensuelle sur scène et a été choisie pour son talent comme sa silhouette par le directeur de l'opéra.

    La « liberté artistique » de Franco Zeffirelli n'a pas laissé de marbre la chanteuse au répertoire prestigieux, qui a quitté la pièce et envisage de l'attaquer en justice pour diffamation.

    Quand à Fabio Armiliato, partenaire sur scène (et mari en ville) de Daniela Dessi, engagé pour le rôle d’Alfredo, il abandonne également la production ! (Source : PurePeople)

    Il y en a qui, sans s’appeler Marcel pour autant, poussent le bouchon un peu trop loin !

    Pourtant, il y a aussi des artistes, bien que plus gros que la moyenne des mortels, et même beaucoup plus gros, qui chantent tout bonnement de manière telle que le public veut les entendre, peu importe quel concept optique que le régisseur aurait aimé réaliser :

    Ainsi, on a fait des exceptions pour Johan Botha (*1965), qui appartient à l’espèce rare des ténors dramatiques qui réussissent aussi bien dans le répertoire allemand qu’italien. Mais qui est d’une obésité, disons, « sans vergogne». Il a chanté le rôle d’Apollo dans « Daphne » de Richard Strauss sur la Staatsopernbühne de Vienne, et le spectacle a été filmé par ORF. Car la « Daphne » sans ce natif obèse d’Afrique du Sud ne peut carrément plus être produite. La partie du ténor est, pour le commun des mortels, tout simplement inchantable. Alors que Botha la maitrise avec une facilité déconcertante. Ce qui le rend évidemment irremplaçable! Tout au moins pour des intendants d’opéra qui attachent de l’importance à une qualité vocale maximale même pour les rôles les plus délicats. (Source : (Source : 18.07.2008 Wilhelm Sinkovicz-DiePresse.com)

    Dans le rôle de Walter, des « Maître-chanteurs de Nuremberg » de Richard Wagner, Johan Botha interprète, en 2008 au Wiener Staatsoper, le «Morgenlicht leuchtend im rosigen Schein » (acte III). Il est accompagné par l’Orchestre et les chœurs du Staatsoper de Vienne, sous la direction de Christian Thielemann.

    A Vienne, on s’est montré inventif quand il s’agissait de l’engagement de l’imposante Jessie Norman (*1945) à la voix de soprano tout aussi imposante, et qui est sans doute la dernière grande diva, dont elle a le magnétisme, le port altier et la silhouette imposante. La primadonna n’a chanté que deux représentations de « Ariane à Naxos » de Richard Strauss – et on lui a épargné de descendre le fragile escalier en colimaçon en bois pendant le « Prélude ». Ariane est rentrée de plein pied en scène ! (Source : Wilhelm Sinkovicz (DiePresse.com)

    K comme Kilo (gramme)

    Jessie Norman

    Voici la dernière vidéo de ce billet, avec « Le spectre de la rose », l’une des six mélodies du cycle « Nuits d’été » op. 7, écrites par Hector Berlioz sur des poèmes de Théophile Gautier,  interprétée par Jessie Norman :

    Tout compte fait, au lieu de choisir les poids lourds, dont la liste n’est d’ailleurs de loin pas exhaustive, j’aurais mieux fait de choisir les canons de beauté correspondant au diktat actuel de la taille. Le travail aurait été moins lourd (pour moi), la lecture plus légère (pour vous) –

    Et le résultat (vocal) tout aussi plaisant.

    Conclusion :

    Après K comme Kilo, il y aura forcément un G comme Gramme.

    Promis juré !

    Mais pour terminer ce billet sur une note plus légère, voici un artiste qui ne cherchait pas à perdre du poids, mais au contraire à en prendre (ce en quoi l’exception confirme bien la règle) :

    Malgré d'impressionnantes performances dans des stades et des salles de concerts et un nombre importants d'enregistrements, la carrière de Harvey Lavan Cliburn, connu sous le nom de « Van » Cliburn (*1934) est entré dans les années 1970, dans une longue spirale descendante : des demandes répétées pour les mêmes concertos romantiques, combinées aux attaques des critiques à cause de l'étalage d'un répertoire limité. Le trac et la pression des concerts ont demandé un lourd tribut de la part d'un talent vulnérable. En 1976, quand le jeu a commencé à baisser, le pianiste était épuisé. « J'essayais désespérément de gagner du poids ». disait-il. « J'ai même essayé de boire des boissons maltés,  mais rien ne fit. J'étais tout simplement épuisé.».

    Il a alors arrêté de jouer en public pendant presque 12 ans, pour ne réapparaître que sporadiquement durant les années suivantes. (Source : Classic CD, septembre 1994)

    K comme Kilo (gramme)

    Van Cliburn avec une admiratrice

    A bientôt.


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