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    Les taux de surpoids et d’obésité ne cessent d’augmenter dans la population mondiale, à tel point que l'obésité humaine a été reconnue comme une maladie en 1997 par l'OMS -

    la première maladie non infectieuse de l'Histoire !

    C'est une véritable épidémie, qui frappe aussi bien les pays industrialisés que les pays en voie de développement, car :

    - 50 % des américains sont en surpoids et 25 % franchement obèses.

    - Dans certaines îles du Pacifique, l'obésité affecte près de deux tiers de la population.

    - L'Europe compte 30 % d'adultes en surpoids et le nombre d'enfants obèses a doublé en cinq ans.

    Que la personne concernée soit alors légèrement enrobée, grassouillette, ventripotente, obèse ou carrément pachydermique, toute la palette de ces adjectifs, peu importe qu’ils soient bienveillants, ironiques, insultants ou pire - qu’ils soient tout simplement objectifs, n’a qu’une seule et unique origine.

    Les kilos (en trop).

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    A priori, cette funeste déduction s’applique particulièrement aux divas et, ne soyons pas trop sexistes, aussi aux divo des scènes d’opéra du monde entier! Singulièrement, c’est en tout cas ce qui me semble, mais bien entendu pas exclusivement ! C’est même toute une chaîne (bien que non alimentaire, alors qu’il y est souvent question de nourriture et de comestibles !) constituant le monde de la musique qui est concernée par ce problème -

    Et qui s’avère véritablement être -  de taille !

    Commençons alors avec quelques exemples d’envergure qui se situent tout en haut de l’échelle « hiérarchique » de la musique classique et de l’opéra, soit parmi les compositeurs :

    Johannes Brahms (1833-1897) était de petite taille, même selon les standards de son époque. Mince dans sa jeunesse, il est progressivement devenu obèse avec l’âge. Quand il avait 35 ans, il était déjà trop gros pour son manteau de fourrure, et aux alentours de 1890, il ne pouvait atteindre les touches de piano qu’avec difficulté. (Source : chestjournal.chestpubs.org)

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    Johannes Brahms au piano

    Pendant toute sa vie, le tchèque Jan Ladislav Dussek (1760-1812) avait été reconnu comme étant un véritable glouton. Une anec­dote raconte qu’à Londres, des témoins im­pressionnés l’avaient vu, dans un restaurant, manger trois repas complets l’un à la suite de l’autre. À Paris, Dussek est devenu complètement obèse, jusqu’à ne plus pouvoir atteindre les touches du piano. Il devait finalement payer pour sa vie d’excès, car il mourut, probablement d’une maladie du foie, à Saint-Germain-en-Laye, à l’âge de 52 ans seulement. (Source : chestjournal.chestpubs.org)

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    Jan Ladislav Dussek

    A l’occasion de l’exposition au musée Georg Friedrich Haendel (1685-1759) à Londres, qui a marqué le 250e anniversaire de la mort du compositeur, le Docteur David Hunter de l’Université de Texas a publié, dans le catalogue d’exposition, sa théorie selon laquelle Haendel, pendant ses deux dernières décennies, est devenu obèse parce qu’il ne pouvait pas contrôler son appétit. Pendant ses voyages, ses frais de repas étaient très élevés et selon son premier biographe, Haendel était coutumier de quantités gargantuesques de nourriture. Il est évident qu’il souffrait de ce que l’on appelle aujourd’hui le syndrome du « binge-eating », appelé à son époque « un appétit extraordinaire » ou encore « une faim extravagante incontrôlée ».

    A une occasion, Haendel a invité à diner son ami, le graveur et peintre Joseph Goupy, tout en l’avertissant qu’il ne disposait que de nourriture simple. Après le repas, Haendel s’est absenté de table et un peu plus tard, Goupy l’a surpris dans une arrière-chambre en train de se gaver de délicatesses, alors qu’il s’était lamenté de ne pas mieux pouvoir régaler son ami.

    Goupy, furieux, a alors répondu avec un dessin, « The charming Brute » (la brute charmante), qui éreinte le grand compositeur en le présentant en mi-homme mi-chien obèse, assis sur un tonneau de bière suintant devant un orgue, ses mains pouvant à peine atteindre le clavier par-dessus son immense bedaine. Un larbin nain tient un miroir devant la figure de ce monstre. Une cuisse de jambon et un poulet mort sont suspendus sur le côté de l’instrument. Sur le sol derrière lui sont dispersés des coquilles d’huitres, alors que devant lui se trouvent plusieurs instruments musicaux. Une tête de porc sur le sol renforce l’insulte.

    A partir de ce jour, l’amitié entre Haendel et Goupy s’est sérieusement détériorée! (Source: telegraph.co.uk/culture/music)

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    The charming brute

    de Joseph Goupy

    L’italien Niccolo Jommelli (1714-1774) était mieux apprécié à l’étranger que dans son pays natal, et ses compatriotes lui reprochaient de s’être indument germanisé à Stuttgart, où pendant seize ans, il avait été Oberkapellmeister de la cour du duc de Württemberg. Physiquement, il ressemblait à un musicien allemand (Ceci est-ce sensé être un compliment ?). Selon le musicologue Charles Burney « il était extrêmement corpulent et son visage faisait penser à Haendel, sauf qu’il était plus poli et avait des manières plus agréables ». (Cela par contre a le mérite d’être particulièrement clair !) (Source : oldandsold.com/articles18/music)

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    Niccolo Jommelli

    Le français Darius Milhaud (1892-1974) était déjà très corpulent dans sa jeunesse, et ses camarades de classe se moquaient du « gros Milhaud ». Avec les années, cette tendance, probablement due à un dysfonctionnement de la thyroïde, s’était transformé en obésité. La maladie l’avait affaibli et. ses jambes n’étaient plus en mesure de porter son corps difforme. Darius Milhaud, incapable de marcher, se déplaçait alors dans une petite chaise roulante. (Source : spiegel.de/spiegel)

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    Darius Milhaud

    Quant au sujet de Gioacchino Rossini (1792-18688), Théophile Gauthier a déclaré un jour : « Rossini est de la plus monstrueuse grosseur, il y a six ans qu’il n’a vu ses pieds ; il porte trois toises de circonférence : on le prendrait pour un hippopotame en culottes, si l’on ne savait d’ailleurs que c’est Antonio Joachimo Rossini, le dieu de la musique. (Source : fr.wikisource.org/wiki/De l’obésité en littérature)

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    Gioacchino Rossini

    Cette liste n’est bien entendu pas exhaustive, mais tout compte fait, puisque dans la musique elle-même, la surcharge pondérale de son auteur, même excessive, ne se perçoit nullement –

    alors, de l’obésité des compositeurs, je m'en badigeonne le nombril avec le pinceau de l’indifférence.

    Pourvu que la musique soit bonne !

    Toutefois, il s’avère que la musique aussi peut être lourde, obèse même, et ceci sans même que le compositeur le soit pour autant. En voici un exemple donné par le chef d’orchestre Wolfgang Sawallisch : « Ce qu'on peut faire avec Beethoven, Schubert ou Brahms, on ne peut le faire avec Dvorak. Sa musique devient aussitôt obèse. Il faut savoir maintenir la légèreté, la clarté, ne jamais confondre la puissance avec la densité. »

    Mais ceci est une autre histoire.

    A l’échelon en-dessous se situent alors les chefs d’orchestre :

    L’argentin et israélien Daniel Barenboïm (*1942) est convaincu que les cigares sont bénéfiques à sa santé : « Lors des quelques occasions ou j’avais besoin de perdre un excédent de poids, un cigare m’a toujours aidé ! Je n’ai jamais vraiment suivi un régime, mais j’essaye d’être prudent et de sauter un repas, habituellement celui de midi. Je ne mange alors qu’une salade ou un fruit, mais ensuite, je prends un café et je fume un cigare et j’arrive alors à me leurrer en pensant que j’ai pris un bon repas! » (Source : cigaraficionado.com/webfeatures/show/id/The-Conductor-Daniel-Barenboim)

    L’américain James Levine, né en 1943, directeur musical du Boston Symphony Orchestra (BSO) depuis 2004 et du Metropolitan Opera (New York), est « passablement enrobé » et dirige assis.

    Ces dernières années, il a eu plusieurs problèmes de santé, d’abord une sciatique, puis un tremblement de son bras gauche qui est devenu visible dans les années 1990, mais qui a diminué depuis, et puis en mars 2006, une chute sur scène qui a provoqué une rupture de la coiffe des rotateurs.

    L’opération de l’épaule a nécessité une longue période de convalescence, le premier repos prolongé depuis ses débuts au Met en 1971. Levine en a alors profité pour se remettre sérieusement en forme. Il a perdu 15 kilos et a décidé d’en perdre encore d’avantage, car il se focalise maintenant sur sa santé avec autant d’énergie qu’il consacre à la musique.

    « Je voulais trouver le bon régime, pas un régime de cheval pout tout reprendre en peu de temps ».a-t-il déclaré à la presse. Mais il refusait de divulguer son poids d’avant l’opération. « Hors question ! » répondait-il jovialement. Levine a de nombreuses fois exprimé son désir de perdre de poids, mais les constantes répétitions et représentations lui ont laissé peu de temps pour le fitness. Par contre on l’a souvent vu, aux alentours de minuit dans un restaurant proche de l’opéra, prendre un repas après les représentations! (Source : articles.latimes.com/2006/jun/28/entertainment/et-levine)

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    James Levine

    Le chef français naturalisé américain Pierre Monteux (1875-1964), particulièrement apprécié pour la qualité de ses interprétations des musiques française et russe, avait un tour de taille impressionnant. Marcel Landowski a dit une fois de lui: « Pierre Monteux : De longues moustaches blanches, des cheveux tout noirs, un regard d'une grande bonté et toujours rieur, un ventre sans complexe et un calme imperturbable. Telle fut pour moi d'abord l'image de Pierre Monteux ». (Source : www.montmartre-aux-artistes.org/monteux)

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    Pierre Monteux

    Et puis il y a le très corpulent, le fantasque et hyperactif, le bouillonnant chef d’orchestre et compositeur prolifique (261 symphonies jusqu’en octobre 2012!) finlandais Leif Segerstam (*1944), l’enfant terrible aux cheveux longs hirsutes et à la barbe touffue d’un blanc magnifique, qui ressemble à un véritable père Noël. (Source : Wikipedia)

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    Leif Segerstam

    Toutefois, comme disait le chef français Emmanuel Krivine, le rôle du chef d’orchestre n’est pas de séduire, ni même d’être vu. Il n’est pas là ni pour plaire, ni pour chercher à plaire. Il doit disparaître et son ego s’effacer devant la musique.

    Et comme tout chef d’orchestre nous tourne d’ailleurs assez rapidement le dos, alors moi je lui rends la politesse - et je ferme les yeux !

    En me désintéressant totalement de lui et de son physique, mais en me consacrant, comme lui, entièrement à la musique !

    Dans ma quête à la grosse bébête logée à l’échelon en-dessous, parmi les interprètes musiciens, j’ai déniché les spécimens suivants :

    Emanuel Ax est un pianiste polonais dont le jeu est considéré comme poétique, gracieux, intelligent, sensible, exubérant et perceptif ; adjectifs qui s’appliquent d’ailleurs également à l’homme. (New York Times). Son âme-sœur du piano s’appelle Brahms. Ax suppose que cette affinité avec Brahms est en relation avec la corpulence de celui-ci, car Ax lui-même était, comme il le dit malicieusement, un enfant potelé ! (Source : columbia.edu/cu/alumni/Magazine)

    Quand au pianiste russe Yefim Bronfman, de mauvaises langues prétendent qu’il ressemble moins à la personne qui va jouer au piano qu’au gaillard qui va le déménager. (sic)

    Le violoniste et chef d’orchestre hongrois Sandor Vegh (1912-1997) était énorme et son physique a conduit de nombreux gens à lui demander un autographe. Or ces « fans » repartaient tous très déçus en constatant qu’il ne s’agissait pas de Charles Laughton.

    Avec l’âge, l’arthrite a mis un terme à sa carrière de violoniste ; il s’est alors tourné vers la direction d’orchestre. Ainsi, il a dirigé des versions pour orchestre à cordes de quatuors et de sextuors (les œuvres de musique de chambre de Brahms étaient sa spécialité), et il a enregistré, avec le pianiste Andras Schiff, l’intégralité des concertos pour piano et orchestre de W. A. Mozart.

    Son épouse, une très belle actrice avant leur mariage, femme brillante, pleine d’esprit et aussi protectrice, a toujours essayé, parfois vainement, de freiner son appétit pour les plats copieux et hypercaloriques, ou pour une jolie fille. (Source : johnamismusic.blogspot.com)

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    Sandor Vegh

    Mais là ou mon indifférence à la surcharge pondérale prends tout de même un léger coup dans l’aile, c’est à l’opéra. Car si la corpulence morbide d’un Sir Falstaff ne me pose aucun problème (il paraît que certains interprètes, déjà pas particulièrement minces, en rajoutent même une couche supplémentaire afin de paraître encore plus crédible), ni même celle d’un Wotan aussi rebondi qu’une barrique (après tout, ce fut un Dieu), la vue d’un Roméo pachydermique qui essaye d’enlacer une Juliette en version Botero écorne tout de même un peu ma conception de jeunes gens vivant un amour tragique en raison de l'inimitié qui oppose leurs deux maisons. Je veux bien que dans la vie de tous les jours, les êtres humains disgracieux et pansus qui tombent amoureux l’un de l’autre, s’unissent  et font l’amour, sont légion -

    sauf que je n’ai pas forcément envie de tenir la chandelle pendant qu’ils s’adonnent à leurs galipettes pachidermiques.

    Dès lors, il faut avouer que certaines silhouettes mettent un opéra à mal. Par exemple l’héroïne de « La Bohème » de Puccini est condamnée à mourir de tuberculose. Une audience moderne peut ne pas faire la relation de cause à effet, mais les gens du 19e siècle savaient pertinemment à quel point les gens atteint de cette maladie étaient décharnés. Or plus d’une production de cet opéra a vu l’audience partir dans un éclat de rire général à la vue d’un poids lourd dépérir de la phtisie.

    Ou prenons Aïda. Radames est supposé être un fringant guerrier athlétique – c'est-à-dire aussi beau qu’un camion, mais sans en avoir les mêmes dimensions ! Parfois, les costumiers, qui ont à faire à des armoires de glaces dans le rôle titre, essayent de surmonter le problème physique en l’habillant d’une armure massive et d’une cape pour donner l’illusion d’épaules larges et de muscles. Sauf que, habituellement, cela fait ressembler Radames à un frigidaire couvert d’un plaid ouatiné le jour du déménagement.

    Et toutes ces Aïda boursouflées. Il s’agit pourtant d’une femme prisonnière qui a été amenée en chaines depuis son Ethiopie natale jusqu’en Egypte. Or que somme nous sensés penser ? Qu’ils se sont arrêtés à chaque McDonald bordant la longue route pour consommer des Hamburgers, des frites au Ketchup et des milkshakes en abondance?

    Le critique musical G. B. Shaw n’a-t-il pas dit que: « L'opéra a ceci de bon qu'il procure de l'emploi aux obèses qui ont de la voix ».

    Le nom du chanteur pataud et ringard (ou de la chanteuse replète et braillarde, car je ne voudrais pas être accusé de misogynie) visé par cette phrase ne nous est pas parvenu, mais comme Shaw avait facilement le propos acerbe, il pouvait très bien s’agir également d’un héros wagnérien pansu, ou d’une héroïne verdienne corpulente, au sommet de sa carrière, mais dont la méforme vocale d’un soir avait réussi à faire tourner l’encre dans le plumier de Shaw en acide.

    Or, parmi les « mastodontes » du monde lyrique de l’époque ou Shaw agissait comme critique musical sous le pseudonyme de « Corno di Bassetto », il n’y a que l’embarras du choix !

    En voici un aperçu, classé non pas dans un ordre de surcharge pondérale, mais chronologiquement (ce qui, pour les personnes du sexe féminin, peut d’ailleurs tout autant manquer de finesse, je l’avoue) :

    La soprano Thérèse Tietjens (1831-1877), née en Allemagne mais, selon certaines sources, d’origine hongroise, est considérée comme la meilleure soprano dramatique de la seconde moitié du 19e siècle. Elle a fait sa carrière essentiellement à Londres durant les années 1860 à 1870 et passait pour la plus célèbre interprète du rôle de Lucrecia Borgia, héroïne de l’opéra éponyme de Donizetti. Selon de nombreuses sources, elle a interprété ce rôle le 19 mai 1877 pour la dernière fois au Théâtre de sa Majesté de Londres et, à cette occasion, s’est effondré sur la scène tant elle était devenue obèse.

    Obèse, elle l’était effectivement devenue. Bernhard Shaw, en 1892, se rappelait à quel point ses interprétations de Lucrecia, Semiramide, Valentine, Pamina et la comtesse ont établi une sorte de conviction que tous ces personnages devaient être extrêmement obèses.

    Mais d’autres sources nous apprennent par contre qu’elle était atteinte d’un cancer, qui la faisait souffrir énormément et qu’une opération avait même été planifiée avant cette dernière représentation, pendant laquelle elle s’évanouissait après chaque acte. Son dernier cri, quand Lucrecia réalise que Gennaro est mort, a provoqué des frissons dans l’audition et elle n’a pas esquivé la douloureuse chute sur la scène à la fin de l’acte. Térèse Tietjens est décédée le 3 octobre 1877, peu de temps après l’opération. (Sources : Wikipedia anglais + français)

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    Thérèse Tietjens en Lucrecia

    La soprano russe d'ascendance allemande et canadienne, naturalisée française Félia Litvinne (1860-1936), surnommée « la tour de mamelles », était l’une des grandes, que dis-je, une des « kolossale » Walkyrie, Brunehilde et Isolde de Wagner !

    Son palmarès est tout simplement impressionnant : Elle est devenue la première Isolde de Paris en 1899, la première Brunehilde des Tétralogies intégrales de Bruxelles en 1903 et Paris en 1911, ainsi que la première Kundry dans « Parsifal » à Monte-Carlo en 1913. Elle a chante « Le Crépuscule des dieux » de Richard Wagner en 1907 à la Scala sous la direction de Toscanini -

    et elle est considérée comme la plus grande Alceste de Christoph Willibald Gluck de l'histoire. Sa voix, aussi imposante que son physique, est l'une des rares voix féminines à supporter l'épreuve de l'enregistrement (une quarantaine).

    Quand au sujet des ses charmes physiques hors normes, elle dit dans son livre-souvenirs « Ma vie et mon art » : « Hélas, j’ai lutté toute ma vie contre la surabondance des appas. J’ai été mince, je reprenais, je maigrissais…. Naturellement dans toutes les revues, on me blaguait, et cela me mettait hors de moi. »

    Sa voix puissante, étendue, homogène et naturellement émouvante ainsi que son style fougueux et convaincant parvenaient pourtant à tout simplement faire oublier sa corpulence. (Source : Wikipedia)

    Voici Félia Litvinne dans un enregistrement de l’air « Mon cœur s’ouvre à ta voix », extrait de «  Samson et Dalila » de Camille Saint-Saëns. La date d’enregistrement et le nom de l’accompagnateur ne sont malheureusement pas spécifiés (Serait-ce Alfred Cortot ?)

    Louisa Tetrazzini (1871-1940), cantatrice italienne, l'une des plus célèbres sopranos de sa génération, témoignait d'une virtuosité accomplie et d'un volume vocal peu commun pour ce genre de soprano.

    Son immense gabarit la préoccupait peu et elle festoyait souvent avec son ami et collègue Enrico Caruso autour des bonnes tables napolitaines. A une occasion, avant de chanter Violetta dans la « Traviata », elle a partagé avec Caruso un énorme plat de spaghettis. Quelques heures plus tard, quand son partenaire John McCormack, dans la scène décisive de la mort tragique, s’efforçait de soutenir avec ses bras une Violetta mourante, il avait l’impression d’empoigner une paire de pneus Michelin. La Tetrazzini s’était tellement adonné à son repas de spaghettis qu’elle avait dû enlever tous ses corsets. La stupeur dans le visage de McCormick était telle qu’elle a provoqué chez sa partenaire un accès de fou-rire et au grand étonnement de l’audience, tous les deux ont été secoués par d’hystériques éclats de rires. (Source: Trivia: Pontedassio, Italy is home to a "Museo Storico degli Spaghetti" - the Historical Museum of Spaghetti)

    Selon une autre anecdote, Nellie Melba (1861-1931), autre grande diva de l’époque, aurait provoqué des crises de rire parmi les invités d’un souper mondain en se mettant à quatre pattes pour imiter le malheureux cheval destiné à porter la solide soprano (Luisa Tetrazzini) dans « Les Huguenots » de Meyerbeer. Mais la Tetrazzini ne se sentait nullement offensée. Elle était fermement persuadé qu’un bon appétit était essentiel pour un chant robuste ! « Certains chanteurs ont la taille » disait-elle laconiquement. « Mais Tetrazzini a la voix ! »

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    Louisa Tetrazzini

    (Il faut reconnaître que les retouches, d’une discrétion toute relative, nous laissent aisément deviner le véritable tour de hanches de Mlle Tetrazzini)

     

    A suivre


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