• Tout en restant confiné dans le contexte exclusif de la musique classique, souvent aussi appelée la grande musique et qui a toujours merveilleusement su faire cohabiter le sérieux et la légèreté, j’ai choisi comme sujet principal de ce billet un « accessoire » qui a un rapport très étroit avec les musiciens, alors qu’il n’est quasiment jamais montré sur scène - mais ne désespérons pas, les mœurs évoluent! Un « instrument » avec lequel ou sur lequel on ne joue que très rarement dans la fosse d’orchestre, en tout cas pendant la durée du  concert. Un « outil » pourtant  que tout représentant du sexe fort digne de ce nom emmène constamment avec lui, où qu’il aille, et qui n’a rien à voir avec le conventionnel couteau suisse équipé d’un tire-bouchon.

    En fait, il s’agit de la « chose » que certains désignent en argot comme « La Flûte enchantée », désignation que Mozart en personne aurait parfaitement pu utiliser – lui qui a si souvent employé un mot nettement moins lyrique, qui n’avait pour lui qu’une connotation péjorative très relative puisque c’est ainsi qu’il a non seulement qualifié son patron, le Prince-Archevêque de Salzbourg Hieronymus von Colloredo : Mufti H: C: ein Schwanz (Mufti H : C : une …), mais également, dans la correspondance parfois très libertine échangé avec sa cousine Maria Anna Thekla Mozart, sa propre personne : « Nun leben sie recht wohl, ich küsse sie 10000mahl und bin wie allzeit der alte junge Sauschwanz ». (Au revoir, je vous embrasse 10000 fois et suis comme toujours la vieille jeune ..… de cochon).

     

    Mais au lieu de tourner encore autour du pot et de vous faire parcourir le thésaurus de cette « chose », qui comprends plus de 200 expressions scientifiques, châtiées, argotiques, imagées et vulgaires (c’est dire la place qu’elle occupe dans la vie courante) et dont quelques unes seulement ont un rapport étroit avec la musique, je vais donc appeler un chat un chat -  et le sujet de ce billet par son  vrai nom :

    P comme Pénis

     

    Lire la suite...


    votre commentaire
  • Bien des interprétations ont été qualifiées, par la presse spécialisée, d’orgie orchestrale (la version Ozawa du « Sacre du printemps » de Stravinski par exemple, ou la 5ème Symphonie de Mahler par Bernstein), ou encore d’orgie belcantiste (le récital donné en 2008 par Juan Diego Flórez à Baden-Baden), ceci sans que les œuvres en question fassent pour autant allusion à une débauche quelconque. Dans ce cas, ce terme n’est que le fruit du style fleuri d’un critique musical enthousiasmé et renvoie donc exclusivement aux plaisirs liés à l'audition. Et comme il est impossible de décrire de manière adéquate l’effet que la musique exerce sur nous, sauf par une sorte d’analogie poétique, le terme d’orgie est employé partout là ou on souhaite donner une image de profusion ou d’excès.

    Dans d’autres cas pourtant, et surtout à l’opéra, ce mot qui véhicule son lot d’ambiguïté nous mène aussitôt dans la bonne direction -

    je veux dire sur la mauvaise pente, puisqu’il renvoie à un contenu souvent peu, mais alors très peu innocent. Ainsi, si le « Parsifal » de Richard Wagner est jugé être un opéra à mi-chemin entre la messe et l’orgie, la « Ville morte » d’Erich Korngold par contre est carrément réputée être une orgie chargée de symboles de sexe, de mort et d’obsessions. Une débauche en l’occurrence dont l’issue ne peut être que funeste, et dont l’organisateur n’est autre que le compositeur en personne ! Qui dans bien des cas aura certes œuvré avec la complicité d’un librettiste, alors que ce partage des responsabilités n’enlève absolument rien de sa culpabilité !

    A moins qu’il ait habilement tiré son épingle du jeu avec l’excuse fallacieuse que le tout n’était qu’un rêve !

    O comme Orgie

    Gravure de William Hogarth:

    The Rake’s Progress, the Orgie at the Rose Tavern, 1735

    Prenons alors ce fameux terme d’orgie sous la loupe, tout en rejetant résolument les représentations scéniques de fantasmes lubriques propres à certains metteurs en scène en vogue, qui se plaisent à rajouter la luxure (ne vaudrait-il pas mieux d’utiliser ici le terme de partouze afin de les rejoindre dans la modernité de leur conception ?) là ou elle n’était nullement sensée s’y trouver !

    Lire la suite...


    votre commentaire
  •  

     

    Comme la publication d'un nouveau billet me pendait au nez depuis quelques jours, j’ai fourré mon nez dans mes archives et je suis tombé nez à nez – devinez avec quoi ?

    Avec un nez !    

     

    N comme Nez   

    Non pas avec celui de Cyrano de Bergerac, ni même avec celui de Cléopâtre, mais avec celui de Chostakovitch. Et non pas avec la saillie médiane de son visage, qui est enterré depuis belle lurette avec tout le reste, mais avec son opéra « Le Nez ».

    Et comme ce nez me paraissait - à vue de nez, je l’avoue -  un sujet intéressant et varié (à vous d’en juger), j’ai donc creusé un peu plus loin (non pas dans le nez, mais dans le sujet), afin de pouvoir vous présenter toute une série de personnages qui, d’une manière ou d’une autre, se sont distingués par leur nez :

    Lire la suite...


    2 commentaires
  • En rédigeant ce billet, il n’était pas dans mon intention d’élaborer un traité de la musique mécanique, mais simplement d’y faire figurer le plus grand nombre d’instruments et d’œuvres concernés, les compositeurs ainsi que tout ce qui est touché de près ou de loin par ce terme un peu barbare de « mécanique », en m’efforçant toujours de ne jamais perdre le fil rouge de ce blog – qui est la musique classique.

    J’espère que vous prendrez plaisir à lire ce qui suit :

    A partir du moment où il a disposé des moyens techniques nécessaires à leur réalisation, l’homme a aussitôt commencé à construire des appareils capables de reproduire mécaniquement des sons, voire de jouer de la musique sans la présence d’un musicien.

    Ainsi, l’invention de l’orgue hydraulique, le premier orgue de l’histoire, est attribué à Ctésibios d'Alexandrie, un ingénieur né au IIIe siècle av. J.-C. D’autres savants de la même époque ont inventé des systèmes hydrauliques de production musicale, et les Grecs ainsi que les Romains auraient déjà construit des fontaines musicales imitant par exemple le chant des oiseaux. (Source : Wikipedia)

    Les premiers vrais instruments de musique mécanique ont été fabriqués à la cour du calife de Bagdad, au 9e siècle. Les Arabes, au contact avec les Grecs, ont appris les théories d’Archimède, puis développé et utilisé le cylindre équipé de pointes comme support musical. Et au 13e siècle, des marins hollandais ont apportés de Chine les premiers carillons, mis en vibration par un cylindre à pointes. (Source : aaimm.org/histoire)

    Plus tard, au 17e - 18e siècle, de nombreuses horloges ont été équipées avec des mouvements à flûtes ou à carillon; on a commencé à utiliser des serinettes afin d’apprendre des mélodies courtes aux serins (d’où son nom !) et autres oiseaux siffleurs, et les premiers orgues de Barbarie à tuyaux et à soufflets font leur apparition, fonctionnant aussi avec un cylindre pointé. (Source : larousse.fr/encyclopedie/musdico)

    En 1725, le français Basile Bouchon a inventé le papier perforé. Peu de temps après, en 1728, Jean-Baptiste Falcon a amélioré le système sous forme de cartes perforées reliées entre elles, qui ont d’abord été utilisées pour les métiers Jacquard et ensuite pour divers automates, en particulier les orgues de Barbarie et les pianos mécaniques. (Source : Wikipedia)

    M comme (Musique) Mécanique

    (Photo kilmann, prise au musée Baud, L’Auberson/VD)

    Un horloger Suisse, Antoine Fabre, a dépose en 1796 le brevet du peigne métallique, système de lames de différentes longueurs, accordées au son de la gamme et mises en vibration par le cylindre à pointes. Il a ainsi donné naissance à un nouvel instrument de musique automatique: la boîte à musique. (Source : musique.mecanique)

    Le succès de la musique mécanique a atteint son apogée au XVIIIe siècle. Des boîtes à musique, des montres, des horloges, des tabatières et de nombreux objets musicaux de plus en plus petits ont été réalisés à cette époque.

    A la fin du 19e et au début du 20e siècle, un nombre considérable d’instruments de musique différents a été mécanisé (pianos pneumatiques tel que le Pianola, violons, harpes, banjos, harmoniums, orgues à anches, accordéons, orgues etc.), qui ont repris les airs à la mode, classiques ou populaires, en utilisant toujours le même principe des bandes de carton ou de papier perforé. Une foule de ces instruments ont alors été installés avec un grand succès dans des lieux publics (cafés, salles de danse, fêtes foraines, etc.) et ont souvent été équipés d’un système à monnayeur pour leur mise en route.

    Pourtant, entre 1920 et 1939, les perfectionnements du phonographe électrique et la diffusion de la radio ont progressivement relégué ces instruments de musique mécanique dans l’ombre.

    Heureusement, des collectionneurs passionnés et des restaurateurs font revivre cette musique mécanique pour notre plus grand bonheur, et bon nombre de musées tant en France, en Allemagne et en Suisse exposent des boîtes à musique, des serinettes, des jeux de flûtes, des orgues de Barbarie, des pianos mécaniques et autres « machines à musique » en parfait état de marche. (Source : musique.mecanique.pagesperso-orange.fr)

    Lire la suite...


    votre commentaire
  • Mon intention n’est pas d’établir, avec ce billet, une collection de portraits caractérisés par la laideur, mais simplement d’évoquer un certain nombre de compositeurs, de musiciens et de chanteurs dont l’aspect physique n’a pas particulièrement été favorisé par la nature - imperfection qui par contre a largement été compensé par un don artistique hors normes.

    L comme Laideur

    Le moraliste et essayiste français Luc de Clapiers, marquis de Vauvenargues, dont la santé a été ruinée par une attaque de variole, constate dans ses « Réflexions et Maximes » :

    « Tout ce qui distingue les hommes paraît peu de chose. Qu’est-ce qui fait la beauté ou la laideur, la santé ou l’infirmité, l’esprit ou la stupidité ? Une légère différence des organes, un peu plus ou un peu moins de bile, etc. »

    Citation à laquelle j’associe celle d’un autre homme qui, à l’instar de Vauvenargues, était  tout aussi conscient de sa laideur. Il s’agit du chanteur Serge Gainsbourg :

    « La laideur a ceci de supérieur à la beauté qu’elle ne disparaît pas avec le temps »

    Ceci dit, prenons donc la laideur pour ce qu’elle est -

    Une légère différence -

    qui non seulement n’empêche nullement le génie, mais qui dans certains cas a peut-être  même le pouvoir de l’exacerber ! Pour notre plus grand bonheur !

    Lire la suite...


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique