• C comme Caprice (de D comme Diva)

    On peut discuter longtemps au sujet des caprices de diva,  et selon le côté où on se place, soit s’en offusquer, soit en rire. Ou encore, comme la présentatrice d’émissions télévisées musicales Eve Ruggieri, invoquer que ce sont bien souvent rien d’autre que les exigences d’une artiste à vouloir, dans toutes les conditions, donner le meilleur d’elle-même.

    Admettons. Pourtant, la marge qui subsiste entre le «bien souvent» et le «toujours» est tellement extraordinaire qu’elle éveille immanquablement une certaine curiosité – ou une curiosité certaine. A vous de juger !

    Ainsi, bien avant et pendant la période dorée du 19ème siècle de l’opéra, les artistes (et les imprésarios) ne témoignaient d’aucun respect envers le compositeur d’une oeuvre et il était habituel que les chanteurs faisaient ce qui leur plaisait. Sachant qu’ils devaient faire quelque chose qui sorte des normes et des usages s’ils voulaient devenir des légendes vivantes, chacune et chacun faisait le maximum pour faire parler d’eux, dans le but de se ménager une petite place au panthéon des chanteurs d’opéra. Ainsi, bon nombre d’opéras ont été produits en tenant largement, voire même exclusivement compte des caprices des divas, des divo aussi - et des livres de recettes des imprésarios.

    Au King’s Théâtre of London par exemple, l’air « Voi che sapete » de « Le Nozze di Figaro », a alternativement été chanté, à différentes soirées,  soit par la Comtesse, soit par Susanne et occasionnellement même par Cherubino, personnage après tout pour lequel Mozart a composé cet air.

    C comme Caprice (de D comme Diva)

    Quand la grande Giuditta Pasta apparaissait, dans « Maria Stuart » de Carlo Coccia, rares étaient les parties de l’oeuvre qui ont été laissé inchangé, tellement les artistes étaient portés à introduire des ajouts pour la seule gratification de leur amour-propre.

    Quant à Adelina Patti, autre grande cantatrice, elle a inséré la chanson « Home Sweet Home » dans chaque opéra qu’il lui arrivait de chanter. (Source: Carl van Vechten, Caruso’s Mustache off, Carl van Vechten Trust, 2010)

    Il est vrai que selon la pyramide de Maslow, les humains ont un certain nombre de besoins à satisfaire, qui s’inscrivent dans le cadre d’une hiérarchie et qui sont les besoins physiologiques, de sécurité, d’appartenance et d’amour, d’estime puis d’accomplissement de soi. Comme lors d’un jeu, le passage à l’étape supérieure n’est alors possible que si le besoin précédent est satisfait. Autrement dit, l’accomplissement de soi ne peut être satisfait tant que les paliers inférieurs ne sont pas entièrement comblés.

    Dans cette optique, on comprend mieux la Callas qui, malgré un travail acharné, n’était jamais entièrement satisfaite de ses performances, qui se trouvait en méforme un soir de janvier 1958 à Rome et a quitté la scène à la fin du premier acte de « La Norma » de Bellini, qui a réclamé une remplaçante (alors qu’on ne remplace pas la grande Callas !) pour ne plus reparaître sur scène. Le hasard a voulu qu’en plus de tout le gratin italien qui se trouvait dans la salle, le président de la République Giuseppe Saragat soit également présent et que ce dernier, vexé et indigné, considérant ce « caprice » comme une insulte personnelle, a quitté le théâtre en signe de protestation. Inutile de dire que le scandale était retentissant et qu’il a soulevé l’indignation du public, italien d’abord, du monde entier dès le lendemain.

    Caprice aussi, quand Martha Argerich, qui a lutté contre un trac fou toute sa vie durant, annule ses concerts au dernier moment, ou qu’elle modifie sans préavis le programme, alors qu'elle sent qu'il est impossible pour elle de déployer cent pour cent de cette énergie indomptable qui fait de ses apparitions sur scène une expérience inouïe? Caprice encore, quand Hélène Grimaud interrompt un récital et se réfugie dans sa loge pour ne plus en sortir, vaincue par le bouleversement émotionnel que représente cette situation foncièrement anormale de s'exposer en public dans une activité qui puise au tréfonds ? Et caprice toujours, quand Maria Joao Pirès, que la carrière n’a jamais intéressé, choisit partenaires et lieux de concerts et ne joue et enregistre que lorsque cela correspond à une impérieuse nécessité, donnant la priorité au partage et à la transmission ?

    Caprice donc – anxiété fondamentale, ou perpétuelle remise en question ? En admettant que les artistes en question ont non seulement un immense talent, mais aussi une personnalité atypique, on peut bien ressentir certains comportements comme erratiques, mais de là à les considérer comme des divas capricieuses,  il y a un pas qu'il faut assurément se garder de franchir. Ne perdons pas de vue que l'énorme pression qui repose sur leurs épaules, à devoir être sans cesse au sommet de leurs moyens pour répondre aux attentes d'un public exigeant lui aussi, qui réclame toujours plus de virtuosité, excuse quand-même bien des élans passagers

    D’autres exemples pourtant  - et il y en a tellement – réussissent quand-même à nous déstabiliser et à nous laisser pantois par leur irrationalité. Par exemple quand l'œuvre cesse d'être le centre du spectacle, ce qui hélas est très souvent le cas, pour n'être plus qu'un écrin pour les artistes - par exemple !

    Je vous invite donc à parcourir, dans un ordre chronologique à travers les siècles de l’art lyrique et de la musique classique, les « caprices » de diva ou de divo, en vous laissant seul juge de ce qui peut être un caprice véritable  et ce qui ressort du seul et louable souci de la perfection.

    Toujours est-il que de Jacques Offenbach, tout le monde connaît les rapports houleux et passionnés qu’il a entretenus avec sa muse Hortense Schneider,  pour laquelle il a d’ailleurs écrit plusieurs ouvrages : par exemple parce qu’elle refusait de chanter « La grande Duchesse de Gerolstein » si elle ne portait pas en scène un grand cordon d’un ordre quelconque. C’est donc en parfaite connaissance de cause, et peut-être en s’inspirant directement du caractère difficile de Hortense, qu’il a écrit, dans l’acte premier des « Contes d’Hoffmann » :

    Non! -- mon seul maître est mon désir;

    La fantaisie est ma nourrice,

    Je n'ai de loi que mon caprice,

    Je n'ai de frein que mon plaisir.

    C comme Caprice (de D comme Diva)

    Hortense Schneider dans « La Duchesse de Gerolstein »

    (Portrait d'Alexis-Joseph Perignon)

    Mais commençons par le début (ou presque), en laissant naturellement aux dames la priorité et en suivant de surcroit un ordre strictement chronologique, ceci dans le seul souci d’éviter toute opportunité pour un nouveau caprice :

    Un des exemples marquants est celui qu’on raconte au sujet de Francesca Cuzzoni (1696-1778), une des premières grandes Prima donna, qui allait jusqu’à se livrer à des attaques physiques contre ses rivales sur scène, comme si elle cherchait à les massacrer. Un jour, la soprano a refusé de chanter, tel qu’il avait été écrit par le compositeur, un air de « Ottone, ré di Germania » de Georg Friedrich Haendel, bien qu’accompagnée par un orchestre dirigé par le compositeur lui-même. Malheureusement pour elle, elle avait affaire à un colosse, doté d’un tempérament encore plus coriace que le sien, dont la réaction a été de la tenir par la fenêtre au-dessus du vide jusqu’à qu’elle accepte. De nos jours, si un compositeur tentait pareille manœuvre d’intimidation, nul doute qu’il se trouverait rapidement sur la paille, réduit à la misère par une horde d’avocats que la chanteuse lancerait illico à ses trousses. (Source : David Pogue (07/2013)

    Une autre fois, en juin 1727 exactement, la Cuzzoni a commencé une dispute très bruyante sur scène avec sa rivale Faustina Bordoni. Les deux femmes se sont violemment crêpées le chignon tout en échangeant des obscénités. Malheureusement, ce soir-là, le prince de Wales était présent dans la salle. Le scandale qui s’ensuivit était à l’origine de la fin prématurée de la saison d’opéra ! (Source : 5 of the Most Notoriously Difficult Divas in the History of Opera, Genevieve Heely, Yahoo Contributor Network)

    C comme Caprice (de D comme Diva) 

    La Cuzzoni avec les castrats Berenstat et Senesino dans « Flavio » de Haendel.

    Gravure de William Hoggarth (1725)

    L'opéra « Lucrezia Borgia » (1833) de Gaetano Donizetti a failli ne jamais atteindre la scène; car à cette époque, les  chanteurs étaient presqu'aussi puissants que la censure et la soprano principale, Henriette Méric-Lalande (1799-1867) a insisté sur un brillant air final (en réponse à la mort tragique du ténor) et a tout bonnement refusé de faire sa première apparition, comme le demandait l'intrigue, avec un déguisement - l'audience aurait pu ne pas la reconnaître et ne pas applaudir son entrée. (Source : Classic CD, novembre 1997; Michael Oliver: Opera's romantic cruisader)

    La soprano colorature italienne Adelina Patti (1843-1919), connue en son temps comme la reine du chant, était réputée pour saboter les interprétations de ses rivales sur scène. Une fois, elle s’est mise à regarder fixement avec horreur une autre soprano qui était présente en même temps qu’elle sur le plateau. « Qu’y a-t-il ? » a murmuré celle-ci avec inquiétude. « Votre faux cil droit est tombé. », lui a répondu Patti. Immédiatement, la malheureuse s’est retournée et, pour rétablir l’équilibre, a précipitamment ôté son faux cil gauche. Comme en réalité le faux cil droit était toujours en bonne place, lorsqu’elle a refait face au public, c’est avec un visage dissymétrique qu’elle a continué de jouer son rôle.

    Chose plutôt inhabituelle pour cette époque, la Patti a aussi permis que le scandale de sa vie privée interfère dans sa vie professionnelle. Dans les années 1880, on a suspecté qu’elle avait une affaire extra-maritale avec un ténor nommé Nicolini. En 1886, lors d’une représentation du « Roméo et Juliette »  de Gounod, la Patti et Nicolini ont échangé un total de 29 baisers pendant la scène du balcon, laissant ainsi aucun doute dans l’esprit du public au sujet de leur « moral standing ».

    On rapporte également qu’en 1895, elle s’est autorisée, pour une « Traviata » au Covent Garden, un onéreux caprice de diva sous forme d’un costume orné de 3700 diamants, estimé alors à 200'000 livres. (Source: 5 of the Most Notoriously Difficult Divas in the History of Opera, Genevieve Heely, Yahoo Contributor Network) 

    Une autre fois, à Cincinatti, elle a demandé à son agent de lui procurer une poupée, qu’elle collectionnait. Ce dernier n’a pas du tout fait attention à cette demande et l’a tout bonnement oubliée. Peu avant le début du concert, Adelina a alors froidement déclaré ne pas chanter avant d’avoir obtenu sa poupée. Le hall d’entrée était bondé, mais rien ne pouvait altérer sa décision – sauf la poupée. L’agent était donc forcé de quitter l’opéra pour aller acheter une poupée dans le magasin de jouet le plus proche. Quand il lui a présenté l’emballage avec le précieux contenu, Miss Patti a séché ses larmes, couru sur scène - et créée l’habituel enthousiasme ! (Source : Le règne de la Patti, Herman Klein, 1920, The Century Co.)

    C comme Caprice (de D comme Diva)

    Adelina Patti

    Une « cavatine » de l’opéra « Le Prophète », écrite par Giacomo Meyerbeer à la demande de la soprano Mme Castellan (Jeanne-Anaïs Castellan, 1819-1858, créatrice du rôle de Berthe), se révèle d’être d’une écriture italianisante avec force vocalises et dénote quelque peu de l’oeuvre, ce dont le compositeur était fort conscient. Voici ce que nous apprend Johannès Weber dans son « Meyerbeer, notes et souvenirs d’un de ses secrétaires »: « Meyerbeer, malgré lui, écrivit deux airs. Mme Castellan choisit le plus brillant; or le maître préférait l’autre, il le trouvait mieux dans le style de l’opéra ». Deux possibilités donc : ou l’on joue ce dernier morceau, ou l’on supprime simplement et sans dommages ces « caprices de diva » !

    L’adaptation de « Roméo et Juliette » par le librettiste Felice Romani remonte, par-delà Shakespeare, aux sources italiennes du mythe et dans le titre même qu’a retenu le compositeur Vincenzo Bellini, « I Capuleti e i Montecchi », les noms de Capulet et de Montaigu éclipsent ceux de Roméo et de Juliette, tout comme le conflit entre les deux familles empoisonne leur amour. L’opéra, composé et orchestré en moins de deux mois,  a été crée en 1830 à la Fenice, avec un succès spectaculaire, mais la suite s’est avérée moins brillante. Car à l’époque, un opéra ne restait pas intouchable et on remaniait de-ci de-là en fonction des caprices des chanteurs et des conditions de production. A défaut de soprano, Bellini lui-même a dû modifier sensiblement la partie vocale de Juliette, mais comme la voix de Roméo était déjà celle d’une mezzo, l’effet obtenu était, à l’aveu du compositeur lui-même, tout simplement déplorable

    Ensuite, dans une représentation à Bologne en 1832, la grande mezzo-soprano Maria Malibran (1808-1836), qui devait chanter le rôle de Roméo, a remplaçé de sa propre initiative la scène du tombeau (finale) par celle du compositeur Nicolo Vaccai, tout simplement parce qu’elle ne lui plaisait pas ! Ce caprice de diva a eu une grande importance sur la destinée de l’œuvre qui a ensuite été imprimée par Ricordi avec, en guise de final, le choix entre les deux versions avec la mention « En remplacement, comme il est d’usage, de la scène finale de l’opéra de Bellini ». Cette version a encore eu cours bien longtemps au XXème siècle, mais est abandonnée aujourd’hui. (Source : Roméo et Juliette, jmomusique.skynetblogs.be/tag/bellini)

    Il est rare que la gloire n'enivre pas ceux qu'elle comble. Marie Taglioni (1804-1884), considérée comme la première grande ballerine romantique, n’a pas fait exception à cette règle. Pour un oui, pour un non, elle a refusé de danser, prétextant engelures ou durillons. Un mystérieux mal au genou l’a retenu plus de neuf mois sur un canapé. Lorsque Louis Véron, le directeur de l'Opéra de Paris, a obtenu de son irascible pensionnaire la promesse de danser, il a entendu, dans une pièce voisine, les vagissements d'un bébé. De guerre lasse, pour couper court à ses caprices, Véron a décidé de lui opposer une rivale, et il a engagé à Londres une Viennoise de 24 ans, au teint et au sourire éblouissants, au profil de médaille, aux bandeaux noirs, aux pieds menus, aux reins cambrés d'Andalouse, jolie mais manquant de race, hésitant entre l'Allemagne et l'Espagne: Fanny Eisler. (Source : Odette Valéri & Janine Brillet: L'Opéra. Les Editions de Minuit)

    C comme Caprice (de D comme Diva) 

    Marie Taglioni dans le ballet Flore et Zephre,

    gravure de Richard James Lane

    La soprano colorature australienne Nellie Melba (1861-1931), qui a inspiré au chef cuisinier Escoffier la création d’un dessert appelé « pêche Melba », et dont l’étendue de sa tessiture, la souplesse et la pureté de sa voix, alliés à une véritable présence sur scène ont fait d’elle une des grandes divas de l’époque, ne supportait pas d’avoir des rivales. Elle pensait sincèrement que tout le monde de l’opéra ne tournait qu’autour d’elle. Sur scène, elle était connue pour interrompre les autres sopranos en plein milieu de leurs airs en attirant l’attention sur elle-même. On cite un cas où la chanteuse traitée de cette manière a quitté la scène en larmes, interrompant ainsi la représentation. En remplacement, Melba a immédiatement donné un récital en soliste.

    Le ténor John McCormack a eu le malheur de faire ses débuts à Londres dans une production où la Melba figurait dans la distribution. A la fin de l’opéra, au moment des rappels, il s’est avancé à côté d’elle pour saluer lorsqu’elle l’a violemment repoussé : « Dans cette salle, personne ne vient saluer en même temps que Melba ! ». (Source: 5 of the Most Notoriously Difficult Divas in the History of Opera. Genevieve Heely, Yahoo Contributor Network)

    Ce n’est pas inhabituel pour des pop-stars d’exiger une longue liste d’extras quand ils sont en tournée, mais la diva Jessie Norman (*1945) peut battre bon nombre d’eux. Ainsi, il lui est arrivé de spécifier l’équipement de la Rolls-Royce qui devait venir la chercher à l’aéroport, alors qu’une autre fois, elle a fait déménager son lit dans le salon d’une suite présidentielle, tout ça parce qu’elle voulait absolument dormir dans une chambre de 80 m2 ! Et quand, lors d’un récital, la climatisation lui semblait nuire à sa voix, elle a offert aux spectateurs – délicate attention - une séance de sauna en plus du concert ! (Source : lyonpeople.com/news/p3hilton + musicasola.blogspot.ch/2008_08_29)

    C comme Caprice (de D comme Diva)

    Jessie Norman 

    Alors qu’elle s’apprêtait à donner trois concerts à Sydney et Melbourne avec le rocker John Farnham, Kiri Te Kanawa (*1945) a décidé d’annuler. Motif de ce revirement soudain : la soprano néo-zélandaise a découvert que lors d’une performance du chanteur, une culotte avait été lancée sur la scène, geste « absolument épouvantable » immortalisé pour le DVD par une caméra frivole. A voir les photos de son site, notre homme ne doit pourtant pas drainer le même public que les Red Hot Chili Pepers, Robin Williams ou Justin Timberlake… Much ado about nothing ? L’organisateur de la manifestation, Leading Edge Events, prend les choses très au sérieux et réclame à la diva 1.55 million de dollars de dommages et intérêts pour rupture de contrat. C’est cher payé pour un caprice de star, mais la sauvegarde du bon goût n’a pas de prix me rétorqueront les dames patronnesses. Entre nous, Montserrat Caballé aurait-elle lâché Freddie Mercury pour un boxer jeté par un fan enamouré ? Nous l’imaginons plutôt partir d’un grand éclat de rire. (Source : forumopera.com/v1/breves)

    La première du « War Requiem » de Benjamin Britten a réuni un plateau de quelques uns des plus grands chanteurs des dernières 100 années. Mais elle n’est pas restée sans quelques moments de « diva ». La soprano russe Galina Vishnevskaya (1926-2012) a eu un accès de colère pendant l’enregistrement, car elle jugeait que sa place était parmi les solistes masculins et non pas dans le chœur. (Source : classicfm.com/pictures/more-pictures/diva-moments-classical-music)

    La soprano américaine Kathleen Battle (*1948) est dotée d’une si belle voix qu’elle est devenue mondialement connue malgré le fait qu’elle ne chante habituellement que des seconds rôles. Toutefois, sa belle voix n’arrive pas a masquer sa personnalité incroyablement difficile. Des bruits de couloir complaisamment relayés sur les sites Internet de musique classique font d’elle une des divas les plus capricieuses de son époque : la connaître, c’est la détester, et virtuellement chacun dont la vie professionnelle a  interféré avec la sienne, que ce soit l’humble portier ou la plus noble des stars d’opéra, a une histoire d’horreur à raconter :

    Ainsi, on raconte qu’elle a téléphoné à la direction du Boston Symphony Orchestra pour se plaindre que dans son hôtel, on avait mis du gravier dans ses pâtes.

    - qu’une autre fois elle aurait appelé, depuis le siège arrière de sa limousine, son manager à New York pour lui demander d’appeler le chauffeur de la limousine pour régler la climatisation !

    - qu’elle s’est approprié la loge d’une autre chanteuse et a jeté tous les vêtements dans le hall

    - qu’elle a exigé de changer de chambre d’hôtel parce qu’elle n’aimait pas la couleur de la moquette¨

    - qu’elle a changé d’hôtel parce qu’elle n’aimait pas la manière dont les gens la regardaient dans l’ascenseur

    - qu’elle rudoyait ses collègues et refusait d’adresser la parole à des êtres « inférieurs » tels que les chauffeurs et les machinistes

    Or, la situation s’est aggravée encore quand, en 1994, elle a insulté des collègues lors des répétitions de  « La Fille du régiment », qu’elle arrivait constamment en retard aux répétitions et qu’elle a insisté pour que personne ne la regarde.

    Joseph Volpe, le directeur général du Met, a finalement répondu à ces péripéties en congédiant la diva, qui depuis ne s’est plus jamais produite sur cette scène ! (Source: 5 of the Most Notoriously Difficult Divas in the History of Opera, Genevieve Heely, Yahoo Contributor Network)

    C comme Caprice (de D comme Diva)

    Kathleen Battle

    Après son licenciement du Metropolitan Opera pour « comportement anti-professionnel » en 1994, sa carrière a connu un long déclin malgré l'affection vivace de son public, et de nombreuses maisons d’opéra et d’orchestres symphoniques ne l’ont plus jamais engagé. Et on raconte qu’après une apparition à l’opéra de San Francisco, le personnel aurait porté des T-shirts avec l’inscription « I survived the Battle » (J’ai survécu à la Battle). (Source : chicagoreader.com/chicago/battle-fatigue)

    Mis à part le fait qu’elle ait été élue 74e plus belle femme du monde par le magazine mensuel masculin FHM (For Him Magazine), la soprano roumaine Angela Gheorghiu (*1965) possède, sans aucun doute, une des plus belles voix du monde – par contre, elle est également dotée de l’un des caractères les plus difficiles que le monde de l’opéra ait jamais connu. Son franc-parler, elle l’attribue au fait d’avoir grandi sous le régime totalitaire de Nicolae Ceausescu, en Roumanie.- et son comportement notoire de diva lui a alors valu le surnom peu enviable de « Draculette ». Entr’autres, on lui reproche de manquer de façon notoire aux répétitions (inutiles, d’après elle, pour des rôles qu’elle déjà joué des dizaines de fois), d’avoir refusé des essayages de nouveaux costumes, de s’être opposée, pour un certain rôle, au port d’une perruque blonde (couleur de cheveux dont elle a horreur), d’argumenter à tout moment des détails de la production (qui, selon elle, veut exprimer une vision personnelle en oubliant les personnages et en allant à l'encontre de l'histoire et de la musique), d’annuler des représentations etc. – à tel point qu’elle a finalement été congédié aussi bien du Metropolitan Opera que du Lyric Opera of Chicago pour comportement « non professionnel ». (Source: 5 of the Most Notoriously Difficult Divas in the History of Opera. Genevieve Heely, Yahoo Contributor Network) 

    Admettons que, quelque soit le degré d’admiration que nous portons à nos chères divas, les caprices, à la longue, ça fatigue. Alors, avant de me tourner vers les divos (eh oui, eux aussi s’y sont mis), je vous laisse souffler un peu.

    A bientôt donc.


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  • Commentaires

    1
    Mercredi 11 Juin 2014 à 21:29

    Merci pour ce billet. Je ne peux m'empêcher, pour ma part, de faire un rejet général de ces "caprices" en bloc, même si ma position est un peu extrême, et je loue l'intelligence et la force mentale de ceux qui, extrêmement talentueux, ont un sens proportionnel de ce que j'appelerai l'humilité, sur le plan humain. Et puis, le public est ce qui les fait vivre : la politesse, dans ce cas, devrait être une règle de conduite

    .

    2
    Dimanche 19 Octobre 2014 à 21:05

    Bonsoir à vous,

    J'ai vu que vous avez visité mon blog et je vous en remercie.Je découvre le vôtre avec intérêt.La musique est ma grand passion avec le chant depuis plusieurs années !

    Cet article est intéressant et bien écrit.Les caprices de certaines divas font partis de cet univers mais il est vrai que certaines cantatrices exagèrent, tout comme les "divos"...

    A bientôt peut-être ? au plaisir de vous lire.Bonne soirée à vous.

    Cordialement.

    Florence

     

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    3
    Dimanche 5 Juin 2016 à 16:01

    Bonjour, je suis déjà passée sur votre blog que je redécouvre avec plaisir.J'ai disparu un temps de Eklablog puis je suis revenue car cela me manquais...Je vous invite à visiter mon blog consacré aux belles belles lyriques en classique, opéra, baroque : http://art-lyrique.eklablog.com 

    Le chant est ma grande passion avec la musique depuis que je suis enfant.Je suis soprano non professionnelle, je prend des cours de chant lyrique avec une professeur depuis 2014.

    Au plaisir d'avoir votre visite, vous êtes le bienvenu.

    Passez un agréable dimanche.

    Musicalement smile

    Florence 

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