• B comme Bruit

    On parle de bruit quand un ensemble de sons est perçu comme désagréable, ce qui en fait une notion très subjective, dépendant du contexte. Supposons que vous empruntez le chemin du graal en compagnie de la divine Callas et de son non moins divin « Casta Diva », mais débité à fond la caisse et en boucle sur votre chaîne hifi. Je dis bien supposons, car il va de soi qu’au grand jamais, vous ne commettrez pareil sacrilège!

    Mais supposons quand-même.

    Eh bien, pour votre voisin, dont l’amour du chant se focalise bien d’avantage sur le jodel que sur le belcanto, la sublime prouesse de votre cantatrice favorite risque fort de ne représenter que des sons gênants! Du bruit, quoi. Du bruit « div(a)in », certes, mais du bruit quand-même!

    Ce qui plus est, au-delà d’un certain nombre de décibels, la sensation auditive perçue n’est pas seulement désagréable, mais peut s’avérer franchement douloureuse et même dommageable pour la santé.

     

    B comme Bruit

    (Illustration: Encyclopédie de la Jeunesse, Editions Hachette, 1967)

     

    Or, ce ne sera tout de même pas la surdité de votre voisin qui vous le rendra plus sympathique !

    Alors, pour commencer et si vous le voulez bien, cessons donc tout acte de malveillance, vous en torturant le voisin que vous n’aimez pas, et moi en supposant que vous seriez capable d’une telle bassesse !

    Car du bruit, que nous le voulons ou pas, ce n’est pas ça qui manque de nos jours; il est même omniprésent à tel point que souvent,  nous ne nous rendons même plus compte de son existence, et ceci aux endroits les plus inattendus !

    Si par exemple vous vous rendez au concert, c’est à priori pour écouter de la belle musique - et non pas pour entendre du bruit. Or c’est justement là, pendant que vous vous installez confortablement dans votre fauteuil, que le supplice commence déjà -

    puisque l’orchestre est alors en train de se préparer et que ce qu’il produit n’est rien d’autre qu’une dissonance phonique, une cacophonie –

    du bruit, pardi !

    Mais quand la lumière baisse enfin, quand le silence s’installe progressivement et le chef d’orchestre s’incline d’abord devant l’audience, puis se tourne vers ses musiciens en levant la baguette, alors c’est parti mon kiki pour une grosse tranche de pur bonheur ! Dans le silence ! Puisque la musique a besoin de silence ! De silence pour être écoutée, de silence pour les artistes.

    Or, avant de continuer, il faut tout d’abord se souvenir que les concerts n’ont pas toujours débutés ainsi, je veux dire avec un chef d’orchestre dont l’apparition suffit à elle toute seule à faire cesser le chahut du poulailler et dont la seule gestuelle silencieuse indique le démarrage de l'ensemble des musiciens.

    Car il fut un temps ou le chef qui pilotait l’orchestre se nommait « Batteur de mesure », terme qui devrait d’entrée vous mettre la puce à l’oreille ! A moins que vous y ayez déjà enfoncé les boules Quies, ce qui est tout de même très improbable au vu de l’endroit ou vous vous trouvez !

    Voyez un peu de quoi il en retournait à l’époque :

    « La mort, presque ridicule de Jean-Baptiste Lully, compte pour beaucoup dans le fait qu’on imagine le chef tapant sur le sol les temps de la mesure à grands coups de bâton. (…) Mais peut-on imaginer que les passages les plus doux d’une œuvre (…) aient été scandés de cette manière ? Apportons une remarque, elle est de taille : Il semblerait que lors de la fameuse exécution du « Te Deum », les choses se soient passés différemment. L’assistance discutait en attendant le début de la cérémonie, lorsque Lully décida de commencer. Il aurait alors demandé fermement le silence à l’aide de sa canne, la frappant vigoureusement sur le sol comme un brigadier qui, avant la pièce de théâtre, frappe les trois coups et aide à éclipser le brouhaha ambiant. C’est à ce moment qu’il se serait fracassé le gros orteil -

    et non pas en dirigeant le « Te Deum », comme certaines sources le prétendent ! » (Source : Regards su la musique au temps de Louis XIV. Textes réunis par Jean Duron. books.google.com)

    Or, même si à l’époque de Lully déjà, il était répandu d’utiliser une feuille de papier roulée et non pas un bâton pour diriger, ce dont de nombreuses représentations graphiques de l’époque témoignent, toujours est-il que Jean-Jacques Rousseau, dans son dictionnaire de Musique (1767), se plaint de l’habitude française du batteur de mesure qui rythmait les danses à grands coups de bâton :

    « Combien les oreilles ne sont-elles pas choquées, à l'Opéra de Paris, du bruit désagréable et continuel que fait avec son bâton celui qui bat la mesure... »

    Réjouissons-nous alors de cette évolution positive dans la manière de la direction d’orchestre, qui de nos jours nous épargne au moins une entrée en matière trop fracassante (et dangereuse de surcroît pour le « batteur de mesure »).

    Le bonheur ne sera de toute façon que de courte durée !

    Mais écoutons plutôt les témoignages de  plusieurs artistes:

    Pour le pianiste autrichien Alfred Brendel, tout récital devrait être un recueillement collectif. Pourtant, aucun interprète ne souffre autant des toussotements du public, même s’il se souvient en pouffant avoir entendu pleurer des bébés (au Japon), aboyer un chien (à New York), miauler un chat (à Istanbul), sans oublier un fou applaudissant aux moments les plus incongrus! Voilà pourquoi il se sent si à l’aise à Londres, où il vit depuis 1970 et où fait merveille la retenue d’un public qui ne profite même pas du moindre silence entre deux mouvements pour se racler la gorge à qui mieux mieux. (Source : Télérama, juin 1999)

    B comme Bruit

     Alfred Brendel

    Toux, téléphones portables, montres qui sonnent, programmes qui tombent, fauteuils qui claquent: le barouf qui règne dans les salles de concert françaises, et tout particulièrement parisiennes, est inouï. Mais de la stridulation d’un portable au cliquetis d’une montre, du brouhaha des toux aux fracas d’un objet qui chute, tous les bruits ne sont pas égaux et ne produisent pas les mêmes effets. Nous avons interrogé certains artistes, qui établissent une certaine hiérarchie entre ces divers charivaris. Un téléphone qui sonne? Si un sentiment de panique mêlé de honte saisit la salle, il est d’aussi courte durée que la sonnerie. Assez rare, celle-ci ne déstabilise pas fondamentalement l’artiste, pour qui elle constitue, certes, une négligence mais non un jugement sur la qualité de sa prestation. La dernière victime connue en est la soprano néo-zélandaise Kiri Te Kanawa, lors d’un récital à Paris, interrompue par une sonnerie stridente au moment où elle prenait sa respiration pour chanter. « Vous pouvez répondre, dit-elle, imperturbable, je ne vous interromprais pas... » (Source : Le Monde de la Musique, décembre 1998)

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     Kiri Te Kanawa

    Une Anne-Sophie Mutter exaspérée a brièvement quitté la scène au début de l’ultime des cinq concerts avec Kurt Masur et le LSO au Frankfurter Alte Oper, quand un membre de l’audience s’est bruyamment mouché peu après qu’elle a commencé à interpréter le « Gesungene Zeit » de Wolfgang Rihm. Elle est revenue quelques minutes plus tard pour recommencer l’oeuvre. Pour Kurt Masur, cela devait ressembler à du déjà vu, car l’année précédente, a cause d’une audience toussotant, il a quitté la scène pendant le « Largo » de la cinquième symphonie de Chostakovitch. Il y retournait après un silence saisissant de deux minutes pour recommencer le mouvement. (Source : BBC Music, juillet 2000)

    B comme Bruit

     Anne-Sophie Mutter

    Le dernier récital du pianiste Murray Perahia à Paris, au Châtelet, a battu des records de bruits étrangers aux « Variations Goldberg » de Johann Sébastian Bach qu’il donnait ce soir-là. Cette oeuvre exigeante jouée d’un seul tenant requiert de la part de l’interprète une incroyable concentration. Murray Perahia ne s’est pas arrêté alors que deux téléphones portables ont sonné, malgré les mises en garde du Châtelet; il a enchaîné sans faillir les variations alors qu’elles étaient ponctuées par des toux et des raclements de gorge interminables; il a fini par s’interrompre quand un ronflement venant des premiers rangs de l’orchestre a créé un début de panique. Il a attendu, patient. Il a poursuivi, imperturbable. Et malgré tout, il a réussi à donner un splendide concert. L’anecdote ne vaudrait rien si elle n’était récurrente. Est-il si difficile de laisser son portable au vestiaire ou de penser à l’éteindre, d’avoir sur soi des pastilles contre la toux et des mouchoirs pour en étouffer les décibels? Quand on vient entendre un tel artiste dans une page aussi sublime, ce serait la moindre des choses. (Source : Le Monde de la Musique; décembre 2000)

    B comme Bruit

     Murray Perahia

    Seulement voilà, quand il ne s’agit pas de spectateurs indisciplinés qui gênent l’audience (ainsi que les musiciens) pendant le concert, alors il y a bien des chances que des facteurs externes font subrepticement glisser des sons fortement dérangeants dans la salle :

    En 1982, le chef d’orchestre Herbert von Karajan a joué avec l’orchestre philharmonique de Berlin dans la prestigieuse salle de Carnegie Hall de New York. En répétition, les musiciens l’ont vu s’arrêter de diriger et dresser l’oreille. Il a perçu un bruit que personne n’a entendu, celui d’une pompe du sous-sol envoyant dans un réservoir du toit l’eau alimentant 140 appartements des étages supérieurs. Pour le maître, on l’a coupé pendant les répétitions et les concerts. Mais, bientôt, un autre son a inquiété le chef d’orchestre. Cette fois-ci, on n’a rien pu faire ! Car même pour Herbert von Karajan, on ne peut pas arrêter le métro new-yorkais ! (Source : Les plus belles salles de concert d’Europe ; Hors Série Piano)

    B comme Bruit

     Herbert von Karajan

    Le projet de construction d’un nouvel aéroport dans le Suffolk a soulevé les protestations de la part de Joan Sutherland et de Murray Perahia. Tous les deux ont fait partie des signataires d’une lettre de protestation contre la menace des bruits de réacteurs à la salle de concert Snape Maltings. (Source: BBC Music, avril 1999)

    Grandiose pièce montée croulant sous les bronzes dorés et les lustres de cristal, le Palais Garnier a inspiré à Gaston Leroux un fameux personnage… Mais après ce qui s’est passé le 16 septembre 2002, lors de l’ouverture officielle de la saison devant le Tout-Paris et une belle brochette de ministres, on pourrait croire que le Fantôme existe vraiment. Marc Minkovski et le « Giulio Cesare » de Händel ont été victimes d’un attentat sonore, un bruit parasite perturbant tout le début de la représentation. Excédé, le ministre de la Culture a quitté la salle, et la direction a enfin osé interrompre le spectacle. Caché derrière une des lyres du plafond, un magnétophone diffusait le « Giulio Cesare » enregistré par René Jacobs. Comme ce chef a un alibi, le mystère reste entier: s’agit-il d’une querelle de baroqueux ? En veut-on à Minkovski ou à la direction de l’Opéra ? (Source : Femina, 29.12.2002)

    B comme Bruit

     Marc Minkovski

    Et ce n’est de loin pas terminé, car pendant l’interprétation de certaines œuvres, l’orchestre aussi produit bon nombre de détonations, d’éclats et de fracas, à tel point que même la composition la plus respectable peut être comparée à du bruit (sans qu’on lui manque pour autant de respect).

    Pour simple cause de décibels!

    Allons donc, me direz-vous, comment osez-vous assimiler les œuvres de la musique classique à du bruit !

    Toujours est-il, pour un certain nombre d’amateurs de musique, que le simple fait d’interpréter une œuvre contemporaine équivaut déjà à produire du bruit. Ainsi, n’a-t-on pas fait le reproche à notre compatriote Ernest Ansermet d’être un agent provocateur, sans conscience de la tradition, qui préférait faire du bruit avec son orchestre plutôt que d’interpréter les chefs-d’œuvre du patrimoine musical occidental ?

     B comme Bruit

    Mais je ne voudrais pas trop jouer non plus sur les mots !

    Par contre, je vous laisse examiner quelques faits révélateurs:

    Ainsi les violons, chez Wagner, peuvent arriver à des pointes de 109 décibels, les trompettes et les tubas atteignent des sommets de 110 décibels et les flûtes dans la puissance de crête même 118 décibels.

    Dans « L’anneau des Nibelungen » du même Richard Wagner, la limite de 85 décibels est constamment et souvent largement dépassée.

    D’autres œuvres telles que le « Belshazzar’s Feast » de William Walton et le « Requiem » de Giuseppe Verdi peuvent régulièrement atteindre 110 décibels.

    Et le « Crépuscule des Dieux », toujours de Richard Wagner ou la « Symphonie Alpestre » de Richard Strauss atteignent même une puissance sonore de 120 décibels, ce qui équivaut à un marteau piqueur ou au démarrage d’un avion à réaction.

    En voici un tout petit bout (la preuve que je tiens à préserver vos oreilles !) de ladite « Symphonie alpestre » de Richard Strauss, interprétée par l'orchestre vénézuélien des jeunes « Simón Bolivar » sous la direction du jeune et combien fougueux Gustavo Dudamel, à la Salle Pleyel. Paris - 24 octobre 2009 :

    Puis continuons avec quelques autres exemples de délires sonores :

    Honneur au pionnier, à leur maître à tous: Bob Fine, le génie qui a créé Mercury, pour sa prise de son (1958!) de l’ « Ouverture 1812 » de Tchaikowski, avec de véritables canons français de 1775. La mise sur compact de cette légende (plus de 2 millions de LP vendus!) permet de donner libre cours à la dynamique et le travail de titan entrepris par Wilma Cozart-Fine pour synchroniser, dans la « Victoire de Wellington » donnée en complément, 194 tirs de canon et 25 salves de mousquets, à partir de cinq sources de trois pistes chacune, vaut le détour. L’autre pur délire nous vient de Finlande avec « Earquake ». Le disque classique le plus ffffortissimo jamais édité est livré avec des boules Quies pour vos voisins et se termine par une oeuvre de l’Islandais Jon Leifs, « Hekla », qui dépeint une éruption volcanique. Les musiciens l’ont enregistrée ... avec un casque antibruit sur les oreilles! Et il ne faut pas oublier celui, incroyable mais vrai, du mixage d’un véritable orage dans la splendide « Grand Canon Suite » de Grofé par Erich Kunzel. C’est une absolue prouesse. (Source : Répertoire, hors série N° 11, 1999)

    Et si vous craignez pour vos oreilles, libre à vous de couper le son  et de ne profiter que des images spectaculaires du Mont Hekla (ainsi que d’autres volcans) en éruption :

    A ce sujet, n’est-ce pas Victor Hugo qui avait dit un jour :

    La musique, c’est du bruit qui pense !

    Alors, compte tenu de la multitude de compositions assourdissantes, détonantes et retentissantes, quoi de plus compréhensible que -

    la directive de l’Union Européenne qui tend à réduire le niveau de bruit au travail, et selon laquelle des œuvres orchestrales « bruyantes » pourront tout simplement être bannies des salles de concert, puisque la législation proposée préconise une limite de 87 décibels aux lieux de travail, même en cas d’utilisation de protections auditives. Selon Clive Gillinson, directeur du LSO, « il est vital de tenir compte des conséquences du bruit et d’en préserver nos musiciens, mais il est insensé d’avoir des règles qui élimineront une foule d’œuvres de nos salles de concert ». Toutefois, selon un porte-parole de la Santé et de la Sécurité, «  du bruit, c’est du bruit, peu importe qu’il s’agisse de Tchaikowski ou d’un marteau-piqueur ». (Source : BBC Music Magazine, avril 2002)

    Que la musique endommage réellement l’ouïe, comme l’UE le préconise, est pourtant scientifiquement contesté. Les uns confirment bien cette hypothèse, d’autres par contre prétendent que l’oreille réagit différemment à la musique qu’au bruit industriellement produit.

    Je veux bien, mais toujours est-il que certains faits s’avèrent irréfutables. Voici un témoignage éloquent :

    Si le public a été frappé de plein fouet par la violence de certains passages des « Tableaux d’une exposition » de Modeste Moussorgski, le premier violoniste des Bamberger Symphoniker, Berthold Opower a déclaré que quelques minutes après le concert il avait encore l’impression que la partie gauche de sa tête était assourdie. Et quelques années en arrière, son collègue Wolfgang Braun, corniste du même orchestre, a été victime d’une perte subite de l'audition, due à un coup de la grande caisse dans une symphonie de Chostakovitch. « Les musiciens de notre orchestre qui sont atteint de telles lésions ne peuvent plus être comptés sur deux mains ! » dit-il. (Source : zeit.de/online/2008/07/laermschutz-im-orchester)

    Force est alors de reconnaître la « dangerosité » de la musique classique,  et si elle n’a encore jamais causée mort d’homme, des pertes dans le monde animalier semblent pourtant être à déplorer :

    Ainsi, on prétend que des chanteurs d’opéra danois soient à l’origine de la mort d’un okapi. En 1994 au zoo de Copenhague, le jeune animal aurait subi un choc mortel après les premières mesures d’une représentation du « Tannhäuser » de Richard Wagner, donnée dans le parc avoisinant. (Source : diepresse.com)

    Et si pour l’audience d’une salle de concert, la musique de l’orchestre sonne de manière équilibrée, elle peut, pour les musiciens derrière le pupitre, être source de gêne, de douleurs et même de lésions.

    Alors quelles sont les mesures à prendre ?

    D’abord, il y a quelques solutions radicales qui, je le crains pourtant, ne seront pas du goût de tout le monde :

    Le 31 mai 1817, l’audience de la Scala à Milan a salué la première de « La Pie voleuse » de Gioacchino Rossini avec des applaudissements sans précédent. Dans sa Vie de Rossini, le biographe Stendhal décrit la scène: « l’opéra a créé une telle fureur ... que l’entière audience se levait à tout moment comme un seul homme pour couvrir Rossini d’applaudissements ». Mais pas tout le monde n’a salué l’oeuvre avec autant d’enthousiasme. Un étudiant en musique était tellement exaspéré par le bruit des tambours de l’ouverture, qu’il a rendu public son intention d’assassiner le compositeur dans l’intérêt de la musique. (Source: Classic FM, mars 1999)

    Une autre solution consisterait à envoyer les mélomanes du monde entier in corpore en Angleterre, pays ou le bruit semble être bien mieux accueilli qu’ailleurs, puisque selon les dires du chef d’orchestre Sir Thomas Beecham « Les Anglais peuvent ne pas aimer la musique, mais ils aiment absolument le bruit qu'elle fait » (Source : Classic CD, décembre 1994)

    Mais sans tomber dans l’excès, voici quelques autres solutions moins radicales et tout aussi efficaces :

    Le Volksoper de Vienne a décidé de distribuer des bouchons d’oreille aux instrumentistes de fosse après que les médecins ont découvert que 6% des musiciens souffraient de sérieux problèmes d’audition. Le docteur Preiml, qui suit les musiciens de l’Opéra, a effectué des tests montrant que la plupart des représentations atteignent à un moment ou à un autre 100 décibel. Or, à partir de 85 décibels, un son peut causer de graves dommages auditifs. Les bouchons d’oreille standard utilisés par la majorité des musiciens réduisent le volume de 15 décibels, ceux des cuivres et des percussions atténuent jusqu’à 25 décibels. Heureusement, les bouchons en question n’altèrent pas la qualité du son et permettent aux musiciens de jouer tout à fait normalement. (Source : www.altamusica.com)

    En lieu et place d’une scène plate, les Bamberger Symphoniker ont installé un podium semi-circulaire en pente, afin que le son des bois et des cuivres circule pardessus des têtes des joueurs d’instruments à cordes. D’autre part, 50 paires d’embouts auriculaires individuels à 180 € ont été acquis.

    D’autres orchestres utilisent pendant les répétitions des panneaux en plexiglas incurvé qui sont placés directement derrière les musiciens et protègent ceux-ci contre la pression sonore du musicien installé juste derrière. Solution qui, pour des raisons esthétiques, n’est pourtant pas envisageable lors des concerts.

    Un orchestre australien dispose même de deux formations – une pour la première partie de la soirée, une pour la deuxième partie.

    Mais que la liberté d’expression musicale soit régie par des règles imposées par Bruxelles provoque des hochements de tête dans la branche. Libor Pesek, chef d’orchestre de l’orchestre symphonique de Prague est d’avis que ces règles ne fonctionneront pas dans les orchestres symphoniques : « Comment les appliquer à Gustav Mahler, ou à Richard Strauss ? D’autre part, elles arrivent beaucoup trop tard, car de toute manière, nous sommes tous sourd depuis longtemps ! » (Source : diepresse.com)

    A en croire Libor Pesek, cette directive de l’Union Européenne ne serait donc qu’un coup d’épée dans l’eau ? Autrement dit, « Beaucoup de bruit pour rien » ?

    Alors justement, comme je crains d’avoir fait pas mal de bruit cette fois-ci,  je vais donc vous quitter -

    sur la pointe des pieds.

    Avec un dernier extrait pourtant, mais qui est d’une délicatesse extrême, parfait à mon avis pour charmer vos oreilles mises à rude épreuve jusque là.

    Il s’agit du duo nocturne « Nuit paisible », de « Béatrice et Bénédicte » d’Hector Berlioz, chanté par la soprano Nathalie Manfrino et l’alto Elodie Mechain, accompagnées par l’Orchestre national de France sous la direction de Colin Davis, grand spécialiste de Berlioz.

    Pourquoi justement cette œuvre, allez-vous me demander ?

    Eh bien tout simplement parce qu’elle est inspirée de « Beaucoup de bruit pour rien » de Shakespeare!

    Mais un conseil tout de même : Ecoutez cet extrait avec un volume sonore raisonnablement ajusté! Et un grand merci pour le voisin !

    A bientôt.


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  • Commentaires

    1
    Dimanche 13 Janvier 2013 à 22:00

    bonjour ....

    c'est fou ce que les gens sont parfois impoli , irresponsable ,  s'ils viennent pour assister à un concert et faire plus de bruit que n'en font les instruments de musique et que les plus grands de la musique entendent le moindre bruit au point de les déranger alors , que c'est gens s'abstiennent d'aller dans des salles de concert ....je sais que ça peut être dérangeant , une nièce est violonçoliste et joue dans l'orchestre de Lille , lorsque je vais la voir , c'est fou le bruit que l'on entend autour de nous ,un raclement de gorge , une toux , éternuement , quelqu'un qui se mouche , assise de fauteuil qui se relève alors que pendant le concert personne ne doit sortir , sauf urgence ,d'ailleurs les portes des loges sont fermées et une personne reste derrière pour les réouvrir , les téléphones peuvent rester éteint et tant d'autres choses ....

    je ne suis pas très mélomane , j'aime le silence mais j'aime aller voir ma nièce , j'aime avoir la chaire de poule comme on entend les battements de son coeur, lorsque j'écoute de la grande musique ....

    je ne savais pas qu'il y avait autant de personnes qui ne savaient (ou qui ne savent ) pas lire et pas seulement dans le petit monde , c'est ça le pire , c'est la ou on s'y attend le moins ...

    il me faudra repasser par chez toi pour voir ce que je n'ai pu lire et pour la suite ...

    tu aurais dû vivre au temps de ces grands musiciens qui sont longtemps resté dans l'ombre faute d'argent , trop pauvre pour être crédible , trop sale parfois pour être pris au sérieux ,mais riches  aujourd'hui qu'ils ne sont plus de ce monde .....

    merci pour tout ceci , merci d'être venu sur mon blog ...

    passe une bonne journée 

    amicalement 

    ghislaine

    2
    Lundi 14 Janvier 2013 à 16:44

    Mince j'ai donc été entendue dans mon sommei???????? Tiens je ne savais pas que je ronflais! Trève de plaisanterie..C'est inconcevable de laisser un portable allumé dans un théatre concert et autres ou des artistes donne le meilleurs (ceratins essaye) d'eux même. Cela devarit être carrément interdit et crois moi, je ne suis pas fan de classique donc même si c'est très beau ( atrès petite dose) c'est pas mon truc mais du respect..B.....l. voilà mon opinion. Article toutefois instructif merci

    3
    Mardi 22 Janvier 2013 à 22:30

    Merci Euphorbe-Ghislaine, merci RenéeG

    pour votre visite sur mon blog et vos commentaires, alors que vous n'êtes même pas vraiment fan de musique classique! J'apprécie d'autant plus votre démarche. Et qui sait, en mêlant l'humour au sérieux, ce que je m'efforce de faire, et en allégeant le texte avec des vidéos attrayantes, je réussirais peut-être à titiller suffisamment votre curiosité pour vous faire revenir de temps en temps!?!

    Bien à vous.

    Kilian

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