• Avenant au billet "A comme Accident"

    Au fil de mes recherches, j’ai déniché plusieurs nouveaux sujets à rajouter au billet déjà publié « A comme Accident ».

    Les voici :

    Comme ouverture, mais en tant que mouvement à part entière, voici d’abord quelques cas d’accidents restés heureusement sans conséquences trop dramatiques – ou tout au moins sans issue fatale : 

    En juillet 2009, la mezzo-soprano américaine Joyce Di Donato s'est cassé une jambe en glissant, en pleine représentation du Barbier de Séville à Covent Garden. Courageusement, elle est parvenue à assurer la fin de la représentation, mais est revenue les soirs suivant en fauteuil roulant.

    Joyce di Donato, une exception à la règle ? En tout cas, un bel exemple (rare) de conscience professionnelle.

    Avenant au billet "A comme Accident"

     Joyce di Donato en chaise roulante sur scène

    Côté chefs, on se souvient qu'en 2006, le chef d’orchestre américain James Levine est tombé de scène au moment des saluts, après une Neuvième de Beethoven avec l'Orchestre symphonique de Boston. Bilan des courses: une opération à l'épaule et quatre mois d'arrêt complet.

    En août 2009, au festival d’opéra de Glyndebourne, suite à un faux pas sur scène, la chanteuse lyrique portoricaine Ana Maria Martinez est tombée la tête la première sur un violoncelliste dans la fosse d’orchestre. La cantatrice s’est tirée de l’accident avec quelques hématomes et de simples lésions.

    Nulle mention par contre au sujet du violoncelliste impliqué involontairement dans cet accident, ce qui me permet de  déduire que lui aussi s’en est sorti indemne, ou tout au plus avec une grosse frayeur !

    En avril 2012, le chef d’orchestre allemand Kurt Masur, 84 ans, a chuté d’un podium en pleine exécution de la Sixième Symphonie de Tchaïkovski au Théâtre des Champs-Élysées à Paris. Une chute en arrière spectaculaire qui l’a propulsé devant le premier rang des spectateurs.

    Massée à l'extérieur, une partie du public a longuement attendu pour essayer d'en savoir plus. Mais rien n'a filtré, si ce n'est que le maestro, emmené à l'hôpital Pompidou, n'a pas perdu connaissance malgré une blessure à la tête, se contentant de répéter : « Alles Gut ! Kein Problem  » (« Tout va bien ! Pas de problème »), et en donnant ainsi, malgré l’âge et la maladie de Parkinson, l’image de quelqu’un d’indestructible. – car après tout, il en a vu d’autres : n’a-t-il pas miraculeusement survécu à une grave commotion cérébrale lors du terrible accident de voiture qui a coûté la vie à sa deuxième femme en 1972 (et dont il s’estime fautif)?

    Le lendemain, les examens approfondis auxquels a dû se soumettre le maestro n'ont rien révélé d'alarmant, ni décelé de fracture (alors que Norman Lebrecht, dans son blog, ainsi qu’une autre source ont mentionné une omoplate fracturée).

    Toujours est-il qu’en juillet 2012, à Tanglewood, il est revenu sur scène afin de partager un concert avec son fils, et en octobre de la même année, il a déclaré  vouloir continuer de diriger aussi longtemps que la vie et les soins médicaux le lui permettaient. (Source : lemonde.fr/culture/article/2012/04/27)

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     Kurt Masur

    Photo AFP Archives

    Le compositeur américain David Ott a fait une chute vertigineuse de 4,5 mètres de hauteur en allant récupérer sa partition sur scène après la première de son opéra « The Widow's Lantern », à l'Opéra de Pensacola en Floride, en septembre 2009. Avec neuf vertèbres touchées et une épaule démise, il s'est décrit quelques jours plus tard comme un miraculé.

    En décembre 2009, la mezzo-soprano Wendy White, interprétant le rôle de Marthe dans « Faust » au Metropolitan Opera, a chuté d’une plate-forme située à 2,5 mètres de hauteur en plein troisième acte. Elle s’en est sortie sans blessures graves. (Source : rfi.fr/culture/20130717-violoniste-bolchoi-tue-tombant-fosse-orchestre)

    Beaucoup plus sérieux par contre est le cas de l’artiste suivante qui, avec un courage exemplaire, a surmonté toutes les difficultés afin de poursuivre sa carrière :

    En 1995, la violoniste américaine Rachel Barton Pine a sérieusement été blessée lors d’un accident dans le faubourg de Winnetka (proche banlieue de Chicago), ou elle a donné des leçons de violon. En quittant le train avec son violon sur les épaules, la porte s’est refermée, en bloquant l’instrument à l’intérieur. Les portes, commandées à distance et sans détecteurs de sécurité, sont restées fermées et Rachel a été trainée sur une centaine de mètres avant de tomber sous le train, qui lui a sectionné une jambe et mutilé l’autre. Elle a été sauvée par la prompte intervention de quelques passagers qui ont actionné le frein d’urgence et qui lui ont immédiatement appliqué des garrots.

    L’estime que toute la communauté de la musique classique lui porte s’est avérée quand le chef du Chicago Symphony Orchestra a organisé un concert de bienfaisance, qui a rapporté 75'000 $. Après un hiatus de deux ans, pendant lesquels elle s’est remise de ses blessures, aidée par de nombreuses opérations et thérapies, Rachel a réapparu comme soliste sous la direction de chefs d’orchestre renommés tels que Charles Dutoit, Zubin Mehta, Neeme Järvi, Marin Alsop et Semyon Bychkov . (Source : Wikipedia)

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    Rachel Barton Pine lors d’un récital à l’Université Roosevelt de Chicago

    C’est un fait historique que deux chefs d’orchestre au moins (le critique Norman Lebrecht parle même de 3) sont décédés pendant une représentation de « Tristan et Iseut » de Richard Wagner : l’autrichien Felix Mottl en 1911, à Munich et l’allemand Joseph Keilberth en 1968, de surcroit exactement à la même place que Mottl.

    D’autre part, une quantité ad libitum de spectateurs sans vie ont été évacués de Bayreuth. C’est le risque que vous courez en vous livrant à Wagner.

    Mais le danger s’étend apparemment à tout spectacle en relation avec le vieux monstre.

    Au Covent Garden’s Linbury Theatre, l’acteur britannique de théâtre et de cinéma Simon Callow présente actuellement une pièce appelée « Dans la tête de Wagner ».  Lors de la première, avec un gros marteau, il a frappé une enclume à coups puissants, en faisant jaillir les étincelles – et en faisant gicler un éclat de l’enclume.

    Cet éclat a heureusement volé par-dessus les tètes des spectateurs, qui ne se sont rendu compte de rien - mais il s’est planté dans la jambe d’un innocent ouvreur.

    Selon une source fiable, le chirurgien a mis 3 heures pour enlever cet accessoire wagnérien ! (Source : artsjournal.com/slippeddisc/2013/09/another-life-threatening-incident-in-wagner)

    Dans d’autres cas encore, les séquelles laissées par un accident ont tout simplement signifiés la fin d’une carrière, prometteuse ou confirmée :

    La violoniste française Michèle Auclair (ou Auclaire) (1924-2005) a emporté le Grand Prix « Jacques Thibaud » (dont elle a été l'élève) en 1943 ainsi qu'un prix au Concours International de Genève en 1945. Elle a effectué de nombreuses tournées en Europe et en Amérique, travaillant avec Alfred Cortot, Edwin Fischer, Georges Enesco, Charles Munch, Geneviève Joy et Henri Dutilleux... En 1969, un accident d'automobile a mis fin à sa carrière de soliste, mais pas d'enseignante – elle a poursuivi son activité jusqu’en 1990 en tant que Professeur au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, ainsi qu’a Tokyo et à Boston. Nous lui devons, outre sa contribution dans l’enseignement avec 45 prix internationaux remportés par ses étudiants, d’excellents enregistrements de l’intégrale des pièces pour violon et piano de Schubert et des concertos de Tchaïkovski et Brahms. En 1995, elle a obtenu la légion d’honneur pour sa contribution à la musique. (Source : palomavaleva.com/michele-auclaire)

    Le violoniste français, professeur, compositeur et chef d'orchestre Rodolphe Kreutzer (1766-1831) est considéré comme l’un des fondateurs de l’Ecole française du violon. Musicien du roi, chef de l'Opéra Parisien et membre de l'Académie de musique, auteur de 19 concerti pour violon et d’une quarantaine d’opéras, il était une célébrité en son temps, mais c’est surtout en tant que dédicataire d’une sonate de Beethoven que son nom est passé à la postérité – la « sonate pour violon N° 9 », devenue la « Sonate à Kreutzer ». Ironie de l’histoire, cette oeuvre, Beethoven l’a d’abord dédiée en 1803 à son ami, le violoniste afro-polonais George Bridgetower,  mais suite à une querelle, il s’est ravisé et l’a dédiée à Kreutzer - qui lui a refusé de la jouer, la jugeant injouable. C'est donc Bridgetower malgré tout qui en a assuré la création, accompagné de Beethoven au piano !

    Or en 1810, lors d’un voyage dans le midi de la France, la carrière de soliste de Rodolphe Kreutzer a tragiquement été interrompue lors un accident de carrosse, qui a définitivement entravé l’usage de l’un de ses bras (Source : Wikipedia)

    Avenant au billet "A comme Accident"

     

    Mettons entre parenthèses tous les cas de disparition dues à un accident d’avion, déjà évoqués dans le billet « A comme Avion », pour ne citer ici que les victimes d’autres accidents, hélas encore très nombreux et tous avec une issue funeste :

    Quel étrange et triste destin que celui de Leo Borchard (1899-1945), né à Moscou de parents allemands, que la Révolution Russe a contraint de retourner définitivement en Allemagne, ou il a parfait sa formation de chef d’orchestre  avec Hermann Scherchen, Bruno Walter et Otto Klemperer. Les années 30 ont vu Borchard dans les studios d’enregistrement où il a gravé environ 35 faces de 78 tours/min pour Telefunken, essentiellement avec l’Orchestre Philharmonique de Berlin. Mais le régime nazi l’a bien vite interdit de direction sous prétexte d’» absence de fiabilité politique », ce qui l’a amené dès 1938 à faire partie du groupe de résistants antinazi « Onkel Emil » (Oncle Emile) sous le nom de résistance d’Andrik Krassnow. Après la chute du nazisme, Borchard a dirigé les premiers concerts de la Philharmonie de Berlin pendant que Furtwängler était inquiété dans les procès de dénazification.

    C’est au retour de l’un de ces concerts, le 23 août 1945, que Borchard , qui avait toujours été un farouche adversaire du nazisme, en actes comme en propos,  a absurdement été tué par une sentinelle américaine, son chauffeur britannique ayant mal interprété le signe de main de la sentinelle pour stopper la voiture. Le chauffeur britannique et la compagne de Borchard, Ruth Andreas-Friedrich, s’en sont sortis indemne. Suite à cet accident, les check-points américains ont été signalées plus clairement afin de rendre inutiles les signes de main. (Source : Wikipedia)

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    Leo Borchard

    Le pianiste suisse Harry Datyner (1923-1992), élève de Marguerite Long et Edwin Fischer, a remporté à 21 ans le 1er prix au Concours International d’Exécution Musicale de Genève en 1944, puis s’est produit avec des chefs d’orchestre tel que  Ernest Ansermet, Georges Prêtre, Charles Dutoit, Wolfgang Sawallisch, et avec des orchestres tel que l’Orchestre de la Suisse Romande, le London Philharmonic Orchestra, le Montreal Symphony Orchestra, le Monte-Carlo Philharmonic Orchestra et l’Orchestre National de Belgique. Il a enregistré quelques disques, notamment le concerto N° 10 KV 365 pour deux pianos et orchestre de W. A. Mozart avec Edwin Fischer.au premier piano et à la direction d’orchestre. Comme professeur de virtuosité, il a enseigné pendant de nombreuses années au Conservatoire de Genève.

    Le 23 mars 1992, Datyner a trouvé la mort dans un accident de circulation survenu entre Bellegarde et Charmey, dans le canton de Fribourg (Suisse). (Source : ordiecole.com/music/datyner)

    Le violoniste, chef d'orchestre et pédagogue français Devy Erlih (1928-2021) est décédé mardi 7 février à Paris à l'âge de 83 ans à la suite d'un accident sur la voie publique. C'est son épouse qui a annoncé la nouvelle ce mercredi à l'AFP. Le musicien, qui a interprété nombre d'oeuvres du XXe siècle, a été « renversé par un poids-lourd alors qu'il se rendait à l'Ecole normale de musique pour y assurer ses cours », a déclaré Christine Jolivet-Erlih, épouse du musicien et fille du compositeur André Jolivet.

    Violoniste formé au Conservatoire de Paris, Devy Erlih était né à Paris en 1928. Il était devenu professeur au conservatoire de Marseille dès 1968, puis au conservatoire de Paris en 1982.

    Le violoniste était également chef d'orchestre: il avait créé les Solistes de Marseille en 1973, et dirigé, à partir de 1977, le Centre provençal de musique de chambre.
    En tant que compositeur, Devy Erlih a écrit « Violostries » (1965) et le ballet « La Rose de plumes » (1965), ainsi que différentes cadences de concertos. Interprète de son temps, il a créé plusieurs oeuvres signées Antunes, Milhaud (Concerto n°2, 1959), Tomasi (Concerto, 1964), Sauguet (Concerto, 1965), Jolivet (Suite rhapsodique, Incantation, 1967). (Source : LeParisien.fr )

    Le pianiste et compositeur américain Noël Lee, qui avait obtenu la nationalité française en 2002, est mort le 15 juillet à l'hôpital Bichat, dans le 18e arrondissement de Paris, à l'âge de 88 ans. Quelques mois plus tôt, il avait fait une mauvaise chute qui avait entraîné une double fracture du col du fémur et de l'épaule, dont il ne s'était pas remis. Comme beaucoup de ses compatriotes, avant et après lui, Noël Lee était venu à Paris pour étudier avec Nadia Boulanger.

    Noël Lee était à la tête d'une imposante discographie – plus de 200 enregistrements, essentiellement chez Arion et Auvidis-Valois, dont beaucoup couronnés de prix – qui témoigne de son éclectisme et d'un répertoire pianistique très large (intégrales de Debussy, Ravel, Copland, Stravinski), d'une pratique quasi exhaustive de la littérature de musique de chambre avec piano, et d'une quarantaine de concertos. C'est lui qui enregistre la première vraie intégrale des sonates de Schubert (comprenant les œuvres inachevées). (Source : lemonde.fr/disparitions/article)

    La carrière du néerlandais Willem van Otterloo (1907–1978), chef d’orchestre et compositeur, a brillamment débuté aux Pays-Bas et s’est poursuivi non moins brillamment auprès d’orchestres prestigieux tels que les Philharmoniques de Berlin et de Vienne, le Concertgebouw et l’Orchestre Lamoureux de la grande époque.

    Pendant très longtemps, van Otterloo était le produit phare de la maison Philips, il a enregistré un nombre incalculable de disques, réédités de nombreuses fois et qui se sont vendus dans le monde entier. D’autre part, son nom figure sur la pochette du tout premier 33tours classique hollandais.

    Parmi ses propres compositions, il faut mentionner une symphonie, trois suites ainsi qu’un trio et un quatuor pour cordes. Parmi d’autres honneurs, il s’est vu décerner l’ordre d’Orange-Nassau, l’ordre du Lion néerlandais, l’ordre royal de Dannebrog (Danemark) et la Légion d’Honneur.

    Dans la vie privée, van Otterloo aimait écouter du jazz, d’autres passions étaient les belles femmes, la gastronomie et les voitures rapides.

    Or, l’ironie du sort a voulu que deux jour après l’enregistrement du « Sacre du printemps », avec le Sidney Symphony Orchestra en juillet 1978, il s’est tué, non pas comme conducteur, mais comme passager, dans un accident de voiture à East St Kilda, Melbourne (Source : Wikipedia + resmusica.com/2010/08/05/alexandre-uninsky-et-willem-van-otterloo)

     

    Avenant au billet "A comme Accident"

    Willem van Otterloo

    Selon la porte-parole du Bolchoï, le célèbre théâtre moscovite, le violoniste Viktor Sedov, qui a travaillé près de quarante ans dans cette maison, est tombé le mardi 16 juillet 2013 dans la fosse d’orchestre, et est décédé mercredi à l’hôpital des suites de ses blessures » Une enquête doit établir les circonstances de l’accident survenu après une répétition.

    Deuxième violon, Viktor Sedov était âgé de 65 ans. Il était très apprécié au théâtre « pour son humour et son érudition extraordinaire », a encore dit Mme Novikova.

    Le Bolchoï sort à peine d’une période de scandales dont l’agression à l’acide en janvier de son directeur artistique Sergueï Filine, l’arrestation et l’inculpation d’un danseur accusé d’avoir commandité l’agression, et le renvoi début juillet du danseur étoile Nikolaï Tsiskaridzé qui critiquait la direction.

    Le nouveau directeur, Vladimir Ourine, a pris la tête du Bolchoï la semaine dernière pour remettre en ordre de marche la scène la plus prestigieuse de Russie. (Source : lematin.ch/faits-divers)

    Il va de soi que ces paragraphes vont également être intégrés au billet « A comme Accident », publié le 05/05/2013, dont voici le lien :

    http://classiqueanalectes.eklablog.com/a-comme-accident-a86699485


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